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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Alain Le Tutour reprend les rênes de Cagnes

Institution / Ventes / 11.08.2017

Alain Le Tutour reprend les rênes de Cagnes

Alain Le Tutour reprend les rênes de Cagnes

À partir du 21 août, Alain Le Tutour sera le nouveau Directeur de l’hippodrome. À quelques jours de sa prise de fonction, celui qui fut à la tête d’Enghien pendant de nombreuses années a répondu à nos questions.

Jour de Galop. - Pourquoi avoir accepté de prendre la direction de l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer ?

Alain Le Tutour. - Peu après la fin du galop à Enghien, plusieurs propositions sont apparues concernant mon avenir professionnel. Je suis allé à la rencontre du Président Forcioli Conti, sur son hippodrome, à Cagnes. Et j’ai eu un véritable coup de foudre pour le site. Sa situation géographique est remarquable, mais le travail ne manque pas. Je vais consacrer de l’énergie au management. Une partie du personnel a besoin qu’on lui remonte le moral. Il faut aussi apprendre très rapidement à gérer le terrain. Mais heureusement, je ne serai pas seul et je sais que peux compter sur une équipe. Comme je l’ai toujours fait, je serai proche d’eux, mais aussi des professionnels. Être à l’écoute des entraîneurs tout en faisant la part des choses est une condition importante pour réussir à diriger un hippodrome. C’est un véritable challenge humain et hippique. Ce site a la particularité d’accueillir des compétitions en plat, sur les obstacles et au trot, avec toute la diversité de piste que cela implique. En ce qui concerne les sauteurs et les trotteurs, je saurai mettre à profit l’expérience acquise à Enghien. La véritable découverte, sur le plan technique, sera la différence induite par le climat et le sol de Cagnes-sur-Mer.

Comment s’est déroulée la prise de contact avec les équipes de la société des courses de la Côte d'Azur ?

J’ai été très bien accueilli. Depuis le mois d’avril, tous les quinze jours, je vais à Cagnes-sur-Mer pour préparer mon arrivée. Les équipes comptent sur moi et je compte sur eux. Je ne suis pas le messie. Je ne vais pas révolutionner Cagnes. Mais nous n’avons pas le droit de décevoir les élus, les professionnels et le public. Mon énergie et mon expérience seront concentrées vers la réussite de ce projet collectif.

Récupérez-vous un site dans un bon état ?

Oui, c’est le cas. Mon prédécesseur a fait un excellent travail sur les pistes de galop, en plat comme sur les obstacles. Ce n’est pourtant pas simple, avec la menace du chiendent qui demande une grande vigilance de la part des équipes.

Quel bilan tirez-vous de vos années à la tête de l’hippodrome d’Enghien ?

Le Trot est une grande et belle entité. Pendant cinq années, je m’y suis beaucoup plu. La qualité du travail des équipes d’Enghien m’a aussi profondément marqué. Tous ensemble, avec l’aide du personnel et des investissements de France Galop, nous avions bâti de remarquables pistes pour les sauteurs. La qualité d’un parcours garantit la régularité des courses et la sécurité des hommes et des chevaux. Puis, du jour au lendemain, nous avons appris que les courses au galop partaient sur un autre hippodrome de France Galop. Ce fut une nouvelle difficile à avaler, pour mon équipe et pour moi-même. Lorsque je suis arrivé à Enghien, il y plusieurs années, je connaissais mal le monde de courses. Ce fut une formation de terrain très complète. Plusieurs années au cœur de cet univers me permettent d’affirmer une chose : les courses hippiques n’ont pas à rougir de ce qu’elles sont, bien au contraire. Par exemple, les soins qu’on apporte aux chevaux y sont exemplaires. C’est le cavalier qui parle. D’ailleurs, un de mes regrets à Enghien était de ne pas pouvoir faire le tour des pistes à cheval le matin. À Cagnes-sur-Mer, entre 5 h 30 et 6 h, je souhaiterais pouvoir procéder ainsi, plutôt qu’avec un véhicule. Enfin, il faut souligner le fait que mon épouse a été très importante dans ma carrière. Elle m’a toujours soutenu et suivi. Et c’est encore une fois le cas. Je quitte Enghien en laissant derrière moi un outil de travail de qualité, en bon état et qui a évolué dans le bon sens depuis mon arrivée. Il y a bien sûr une certaine nostalgie quand on quitte une équipe avec laquelle on fonctionne bien. Mais je regarde vers l’avenir. J’ai toujours eu de bonnes relations avec les institutions et les professionnels, au trot comme au galop, et je souhaite que cela continue.

Ce passage à Enghien, à cheval en trot et galop, était-il obligatoire pour pouvoir reprendre la direction de Cagnes ?

Complètement. J’ai la chance de connaître une partie des professionnels qui seront actifs sur la Côte d’Azur, en particulier au trot et chez les sauteurs. Cinq années à Enghien m’ont donné les clés pour appréhender de bonne manière le défi que constitue Cagnes. Prenons l’exemple de l’obstacle. C’est une discipline technique. Il faut bien connaître les obstacles, la manière dont on les construit, ce qui fait que les chevaux les sautent bien, les techniques pour les embellir… Enghien m’a permis d’apprendre cela.

Quels seront vos premiers projets ?

Il y aura la réfection du parcours de steeple-chase au mois de septembre. Cela va notamment porter sur les barres de sécurité et le fence, en concertation avec la commission obstacle. Aujourd’hui, Cagnes bénéficie d’un outil formidable, la polytrack. Il faut qu’on l’entretienne le mieux possible et c’est un challenge. On ne modifie par une telle piste facilement. Je sais qu’il y a beaucoup de travail et d’apprentissage à ce sujet. Elle sera utilisée dès le 2 septembre.

Que pensez-vous de l’événement que l’hippodrome a accueilli à la fin du mois de juillet et qui a réuni 8.000 personnes ? Quel est votre avis sur les concours hippiques qui s’y déroulent ?

Sur ce point de vue, Cagnes-sur-Mer est un hippodrome qui a de l’avance sur beaucoup de sites français. Il est sans activité seulement cinq ou six week-ends par an. C’est formidable. Mais on ne doit pas pour autant oublier le centre d’entraînement, les pistes et les logements.

Chaque année, il y a deux fois trois semaines de concours hippiques à Cagnes. Ce n’est pas la société des courses qui gère cette activité. Le concours international occupe neuf cents boxes. Il en faut cent de plus, car ce concours draine mille chevaux. Les organisateurs ont conscience de la chance de pouvoir utiliser un tel site dont ils connaissent aussi les règles et les limites.

Que retenez-vous de votre première partie de carrière au sein des Haras Nationaux ?

J’ai consacré trois décennies aux Haras Nationaux où mon père avait fait carrière avant moi. Mon grand-père était le plus grand marchand de chevaux de Bretagne. J’ai commencé au bas de l’échelle dans cette institution. Je suis passé par Blois, Villeneuve-sur-Lot et Hennebont. J’ai grimpé progressivement les échelons pour finalement accéder au poste de Directeur. Dans le même temps, j’étais responsable de tous les spectacles équestres qui se produisaient en France sous la férule des Haras Nationaux. J’ai par exemple œuvré à l’organisation des Chevaux du Stade, au stade de France. Pendant huit ans, j’ai monté au sein des Galas organisés par le Cadre Noir de Saumur. Je représentais les Haras Nationaux, en selle sur un étalon de dressage, dans un tableau consacré à l’élevage. Lorsque j’étais Directeur du Haras National d’Hennebont, un cabinet de recrutement m’a repéré et on m’a proposé de venir à Enghien. Après un temps de réflexion, alors que j’avais d’autres projets dans l’évènementiel local, j’ai choisi de rejoindre le monde des courses.