MON DEAUVILLE - Nos meilleurs moments du meeting 2017

Courses / 31.08.2017

MON DEAUVILLE - Nos meilleurs moments du meeting 2017

 

Et vous, quel était votre moment préféré, cet été à Deauville ? En attendant vos messages, chaque membre de la rédaction de JDG a détaillé ce qui fut le temps fort de son été sur la côte normande… [Deuxième épisode]

 

Première

Par Franco Raimondi

« C’est mon premier Deauville… Oui, c’est mon premier en mode sexagénaire et presque sans une goutte d’alcool ! J’ai été déclaré non-partant au Brok et chez Régine. Ce ne fut pas sans risque car je n’avais pas de certificat de mon vétérinaire. Il n’y pas de quoi être fier. Mais c’est peut-être à cause de cette privation d’inspiration nocturne que j’ai trouvé qu’Unfortunately était une pouliche un peu masculine ! Par la même occasion, j'ai aussi vécu mon premier Deauville en mode Jour de Galop, c’est-à-dire en travaillant et en réfléchissant comme un Français. Pas facile après une vingtaine de Deauville en mode italien, c’est-à-dire en touriste, avec un clin d’œil aux courses et aux ventes, en travaillant doucement… Je me suis amusé et je n’ai pas eu besoin de ma pilule quotidienne avant de me coucher !

Deauville c’est toujours Deauville, et même à soixante ans, il y a beaucoup de choses à apprendre. Il y a les 2ans à découvrir, des champions à apprécier, les yearlings qui nous ouvrent les portes de l’avenir. Notre métier de journaliste s’apprend sur le terrain, pas à l’école, exactement comme les courses, en regardant, en discutant avec les professionnels et les amis.

Cette année, j’ai pu apprécier, outre plusieurs bons chevaux, un vrai maître de sa profession. Il s’agit de Pierrick Moreau, qui est devenu – vente après vente – le meilleur crieur d’Europe. Dans mon assez long parcours professionnel dans les courses, j’ai fait presque tous les métiers, sauf jockey (je ne faisais plus le poids à 14 ans) et cheval. Je suis encore crieur aux ventes en Italie et je peux vous assurer que j’ai piqué quelques trucs intéressants à mon jeune ami. À Deauville, même à soixante ans, on peut apprendre. »

Suivre ses idées

Par Adrien Cugnasse

« Le meeting de Deauville accueillait plusieurs Grs1 mais mon souvenir marquant restera le superbe parcours de Tiberian (Tiberius Caesar). Le fait que son père soit un souffleur a fait le buzz sur la planète hippique. Il est dommage que cet aspect éclipse les autres facettes de son profil et de son histoire. Je ne suis pas vraiment attiré par les histoires de Cendrillon à la sauce hippique et mon intérêt pour ce cheval est d’un autre ordre. L’élevage est une activité difficile et même en croisant le "meilleur avec le meilleur", l’issue n’est jamais certaine. Faire saillir Toamasina (Marju) par Tiberius Caesar (Zieten) était un non-sens sur le plan commercial. Ses éleveurs ont conçu, en ayant conscience de cet aspect, un cheval invendable. Finalement, cette tentative n’était pas un non-sens sur le plan hippique, comme le prouvent les deux victoires de Groupe de leur élève pendant le mois d’août. Il faut donc saluer la détermination de ses éleveurs et copropriétaires, Julian Ince, Stefan Falk et Helmut Volz. Ce n’est pas la première fois qu’ils sortent des sentiers battus. Il y a quelques années, Helmut Volz était associé sur Danedream (Lomitas), une petite jument dont la dureté et le courage m’ont toujours fait vibrer. Peu de gens avaient prévu sa victoire dans l’Arc, mais elle a ensuite largement confirmé. De la même manière, il était difficile d’imaginer que Tiberian, qui a débuté par une huitième place à Durtal, pourrait prendre part à la Melbourne Cup avec une première chance. En suivant ses idées jusqu’au bout, on accomplit (parfois) des miracles… »

Olmedo , la classe à l’état pur

Par Christopher Galmiche

« Chez les poulains de 2ans, Olmedo (Declaration of War) a été LA meilleure impression du meeting deauvillais. Il a remporté le Prix de Crèvecœur (Inédits) en champion. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel frisson en plat avec un 2ans. Car c’est aussi pour cela que nous aimons les courses : pour vibrer. Et avec le poulain d’Antonio Caro et de Gérard Augustin-Normand, on devrait en avoir pour notre argent. Dans la ligne droite, lorsqu’il a déployé ses foulées puissantes et sa grande action, il n’a laissé aucune chance à ses adversaires. Il aurait très clairement pu l’emporter d’une demi-ligne droite. Mais son jockey, Cristian Demuro, n’a pas insisté lorsqu’il a vu que son partenaire était au-dessus de la mêlée. Olmedo est le nom d’une ville d’Espagne de la province de Valladolid. Tout comme Almanzor (Wootton Bassett) était celui d’un homme ayant régné sur l’Andalousie musulmane, Al Andalus. Les deux chevaux ont défendu les mêmes intérêts, et leurs noms sont des clins d’œil à leur copropriétaire ibérique. Auront-ils les mêmes destins ? Possible. Mais en attendant, on a hâte de revoir Olmedo, peut-être dans le Prix des Chênes (Gr3) et dans le Qatar Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1). »

Jacques Le Marois

Par Charlotte Rimaud

« Il n’est pas évident de faire ressortir un moment clé de ce meeting de Deauville 2017. Mais je dirais que le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1) m’a particulièrement marquée. Il nous aura tous tenu en haleine jusqu’au bout. Le résultat a été très serré puisque les écarts à l’arrivée sont une courte tête et une encolure. Le suspense était à son comble entre Thunder Storm (Helmet), Inns of Court (Invincible Spirit) et Al Wukair (Dream Ahead). Ce dernier était à cette occasion monté par Frankie Dettori, Grégory Benoist étant sur la touche suite à sa chute dans le Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1). Le jockey italien revenait tout juste de Chicago. Avait-il oublié de régler sa montre à l’heure locale ? On a pu se poser la question car son partenaire a mis du temps à enclencher la dernière vitesse. La victoire a été acquise dans les derniers mètres… Il était temps que le cheval trouve son action car ce qui est finalement son premier Gr1 a failli lui filer sous le nez, c’est le cas de le dire ! Mais il fallait leur faire confiance. Après sa belle et prometteuse troisième place dans les 2.000 Guinées (Gr1), Al Wukair avait dû faire l’impasse sur le Qipco Prix du Jockey Club (Gr1) en raison d’un souci de santé. Les jockeys n’ont pas peur de traverser les océans pour monter les meilleures courses. Mais Frankie Dettori avait un truc en plus : le décalage horaire. Le samedi, il était à Chicago pour piloter Mekhtaal dans l’Arlington Million (Gr1) et Afandem dans les Secretariat Stakes (Gr2). Il a à peine eu le temps de prendre l’avion et nous l’avons retrouvé en selle à Deauville le dimanche. Une journée forte en émotions. Vivement 2018 ! »