Deauville sous le choc

Courses / 15.08.2017

Deauville sous le choc

L’hippodrome de Deauville était bondé en ce 15 août. Outre le soleil (radieux), il y avait au moins deux excellentes raisons de venir aux courses : Almanzor (Wootton Bassett) et Brametot (Rajsaman). À 16 heures et quelques minutes, alors que le Prix Gontaut-Biron Hong Kong Jockey Club (Gr3) venait de rendre son verdict, l’animation joyeuse et insouciante de ce mardi estival a fait place à un silence de plomb. Almanzor, pour sa grande rentrée, venait de conclure à la cinquième et dernière place, dead-heat avec Alignement (Pivotal).

Quelques minutes plus tard, dans la ligne droite du Prix Guillaume d’Ornano - Haras du Logis Saint-Germain (Gr2), les tribunes retrouvèrent un peu d’entrain pour encourager Brametot quand il fut décalé à l’extérieur par Cristian Demuro… Peine perdue. L’accélération qu’on lui avait connue au printemps n’est pas venue. Cinquième, loin.

Pas la même histoire. Le profil des deux chevaux est bien différent. Almanzor, désormais âgé de 4ans, n’avait plus couru depuis son triomphe dans les Champion Stakes (Gr1), en octobre 2016. En début d’année, il faisait partie des chevaux vivant dans le barn infecté par le virus de la rhinopneumonie à forme nerveuse. Il a ensuite connu quelques problèmes physiques qui ont retardé sa rentrée. Almanzor est un cheval important, qui a encore pris de la force cet hiver. Était-il rouillé à ce point ? Tout ce temps éloigné de la compétition a-t-il eu un effet négatif sur son mental ? S’est-il mué en étalon avant d’entrer au haras ? De l'Arc de Triomphe, il n’est d’ores et déjà plus question. Et peut-être était-ce même la dernière fois que l’on voyait le cheval en piste… Mais pour en être tout à fait certains, il faudra attendre quelques jours, le temps que les affres de la déception s’évaporent un peu.

Brametot, lui, avait juste été ralenti avant ses deux couronnements classiques du printemps, dans la Poule et le Jockey Club. On ne peut tirer de conclusions vraiment définitives sur son avenir. Le cheval est une nouvelle fois mal sorti des stalles, et dans une course décousue – sous l’impulsion du futur lauréat, Eminent (Frankel) –, il n’a jamais eu la chance de pouvoir souffler un peu. Cela ne vous rappelle-t-il rien ? Un certain 20 août de l’année passée, quand Brametot avait subi une défaite cinglante dans le Critérium du Fonds Européen de l’Élevage (L). Ce jour-là, la course avait été menée tambour battant par le futur vainqueur, High Alpha (Fuissé)… Ce n’était finalement qu’un accident ponctuel. Bis repetita ?