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HISTOIRE, HISTOIRES… - Une édition 2017 du Jacques Le Marois placée sous le signe de la jeunesse

Courses / 12.08.2017

HISTOIRE, HISTOIRES… - Une édition 2017 du Jacques Le Marois placée sous le signe de la jeunesse

HISTOIRE, HISTOIRES…

Une édition 2017 du Jacques Le Marois placée sous le signe de la jeunesse

L’hippodrome de La Touques accueille ce dimanche la 65e édition du Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1, 1.600m) depuis son ouverture aux chevaux d’âge. En effet, avant 1953, la course n’acceptait que les poulains ou pouliches de 3ans.

Xavier Bougon a consacré toute sa vie aux courses, cultivant sa passion pour l’histoire de notre sport, en complément de ses activités professionnelles dans le cadre de l’Institution. Depuis le mois de janvier 2016, il vous propose une rubrique régulière consacrée à l’histoire des courses.

Le Prix Jacques Le Marois est, après les Sussex Stakes, le premier Gr1 de l’année en Europe sur le mile où les 3 ans des deux sexes ont le droit d’affronter leurs ainés. À Goodwood, seul Lancaster Bomber (War Front), un pensionnaire d’Aidan O’Brien, avait osé défier les plus âgés. Pour l’anecdote, seulement cinq pouliches de 3ans se sont imposées dans les Sussex Stakes dont l’élève du Prince Aly Khan, Petite Étoile (Pétition), et Marling (Lomond), la dernière en 1992. À Deauville, ils seront en majorité, puisque cinq des six partants sont des jeunes (après le forfait de l’irlandaise Roly Poly).

Des histoires de famille et de femelles. Une seule femelle de 3ans sera en piste : Gold Luck (Redoute’s Choice). Elle va ainsi tenter de succéder à une pouliche du même âge, Immortal Verse (Pivotal). Cette dernière a gagné en 2011, l’année d’un trio gagnant de femelles dont faisait partie Goldikova (Anabaa), la sœur utérine de Gold Luck. Leur frère Anodin (Anabaa) s’est classé deuxième de Kingman (Invincible Spirit) en 2014 sur une piste jugée très souple. Goldikova a participé trois fois au Prix Jacques Le Marois, terminant deux fois deuxième, après l’avoir remporté en 2009 à l’âge de 4ans. Gold Luck a remporté le Prix Vanteaux. Jamais une pouliche n’a fait le doublé avec le Prix Jacques Le Marois la même année. Ce n’est pas étonnant puisque ce Gr3 est plutôt une préparatoire au Prix de Diane Longines.

Peu de candidates et pourtant… Gold Luck sera donc la seule pouliche du lot. Il faut remonter à 1967 pour voir la seule pouliche en piste vaincre ses onze adversaires, tous des mâles. Comme Gold Luck, Carabella (Prince Taj) était âgée de 3ans. À noter que l’année de sa victoire, Goldikova était, elle aussi, la seule pouliche en piste (sur neuf partants) si l’on excepte sa compagne d’écurie, embauchée pour servir de leader. En 2015, la 5ans, Ésotérique (par Danehill Dancer, fils de Danehill comme Redoute’s Choice), était la seule femelle d’un lot de neuf partants qu’elle a vaincus. Depuis 1953, dix-neuf éditions du Prix Jacques Le Marois ont été remportées par des pouliches dont onze étaient âgées de 3ans. Parmi celles-ci figurent Miesque (Nureyev) et sa fille, East of the Moon (Private Account), lauréate en 1994, l’année d’un trio gagnant de femelles. Quant à Miesque, elle est la seule femelle à l’avoir emporté deux fois.

Une édition pauvre en étrangers. Douze éditions ont été remportées par des concurrents entraînés hors de nos frontières, alors que seulement cinq vainqueurs des Sussex Stakes arrivaient de Chantilly. Cette année, un seul candidat représente l’entraînement anglais, celui de l’écurie Godolphin avec Thunder Snow (Helmet). Il n’y avait pas eu si peu de concurrents étrangers depuis 2010, l’année où Makfi (Dubawi) devançait Goldikova et Paco Boy (Desert Style), le pensionnaire de Richard Hannon.

Un record à la portée d’André Fabre. Godolphin va tenter de conserver son titre, après le succès de Ribchester (Iffraaj), l’an dernier sous la férule de Richard Fahey. L’écurie, à qui tout réussit ces derniers temps, sera doublement représentée. Elle a inscrit son nom cinq fois au palmarès avec des lauréats entraînés en Angleterre, notamment Dubai Millennium (Seeking The Gold), et son fils, un certain Dubawi. En 2017, André Fabre présente Inns of Court (Invincible Spirit) pour cette casaque. Le Cantilien est l’entraîneur de la moitié du lot de cette année. En 2016, son pensionnaire Vadamos (Monsun) avait été battu par Ribchester. André Fabre a gagné six fois cette course. En cas de succès, il rejoindrait François Boutin, l’entraîneur de la fille de Miesque, East of the Moon, sa dernière gagnante en 1994.

Jean-Claude Rouget en quête d’un premier succès. La province ne figure pas encore au palmarès, mais Jean-Claude Rouget tentera d’y mettre fin avec Taareef (Kitten’s Joy), le représentant du cheikh Hamdan Al Maktoum, invaincu depuis un an jour pour jour. L’an dernier, le Palois avait dû se contenter de la troisième place avec la représentante du Prince Aga Khan, Ervedya (Siyouni).

Pas la quantité, mais la qualité. Si la quantité n’est pas au rendez-vous, la qualité est bien présente, puisque tous les candidats ont gagné au moins une course de Groupe. Parmi eux figurent le trio gagnant du Prix Jean Prat et les gagnants cette année des Prix Djebel, de la Porte Maillot, du Palais Royal, Messidor, Bertrand du Breil, Paul de Moussac, Vanteaux, le deuxième des Irish 2.000 Guinées, le troisième des 2.000 Guinées anglaises et des St James’s Palace Stakes….

- Al Wukair (Dream Ahead) a enlevé le Prix Djebel au début du printemps comme Makfi (Dubawi) et Whipper (Miesque’s Son) qui s’étaient imposés à Deauville en août sur le mile. Makfi avait, entre temps, remporté les 2.000 Guinées.

- Trais Fluors (Dansili) a gagné le Prix Paul de Moussac (ex Prix de la Jonchère) comme Polish Précedent (Danzig) qui s’était imposé ensuite à Deauville. Il était entrainé par André Fabre.

- Thunder Snow a enlevé le Prix Jean Prat comme Tamayuz (Nayef) qui s’est imposé ensuite à Deauville. Priolo (Sovereign Dancer) a également fait le doublé, mais il avait gagné à Longchamp sur 1.850m.

- Inns of Court a gagné au début du mois juin le Prix du Palais Royal (Gr3 sur 1.400m.) comme l’avait fait Polish Precedent, lequel avait enlevé trois Grs3 avant son succès à Deauville.

- Taareef a enlevé le Prix Messidor en juillet comme l’avaient fait avant lui deux fils de Danzig (le père de War Front, entre autres) défendant les intérêts de la famille régnante de Dubaï, Polish Precédent et Librettist lesquels ont fait le doublé dans le Prix Jacques Le Marois.