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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2017 - Éric Lhermite : « La relève est là, les enfants sont passionnés »

Élevage / 06.08.2017

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2017 - Éric Lhermite : « La relève est là, les enfants sont passionnés »

 

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont visité les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé, placé sous le signe du dix, en hommage au dixième anniversaire de Jour de Galop. Troisième épisode : Éric Lhermite au haras de Grandcamp.

HARAS DE GRANDCAMP

Le Ménil-Girard, 61160 Trun

Jour de Galop. – Qui est, selon vous, le plus grand champion des dix dernières années ?

Éric Lhermite. – Frankel (Galileo) pour les mâles et Goldikova XX (Anabaa) pour les femelles. C’était une battante et une vraie jument de course. Elle a duré dans le temps et elle commence à être une bonne poulinière. Frankel, je l’ai vu courir. Il n’a pas eu que des courses tendres. Je me rappelle avoir pensé, pendant un moment, que ce n’était pas possible, qu’il n’allait pas répéter. Mais il avait une véritable force mentale, était très vite sur jambes et dominait. C’était sa force, il ne courait pas à l’économie et c’est ce qui m’impressionnait chez lui.

 

 

Quel cheval issu de votre haras ou de votre consignation vous a le plus marqué au cours de ces dix dernières années ?

C’est simple, c’est Dabirsim (Hat Trick). Il était impressionnant. Quand on revoit sa course dans le Qatar Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1), on pense qu’il est trop loin, qu’il ne reviendra jamais… et d’un seul coup, il gagne. Le Darley Prix Morny (Gr1), il l’a aussi remporté sur une belle accélération. Mais le Lagardère reste sa victoire la plus spectaculaire. Dabirsim, c’était aussi un physique. Yearling, nous l’aimions beaucoup. Il était très souple, bien que grand et massif. Le matin, il était tonique au paddock. Nous avons aussi eu la chance de vendre Vision d’État (Chichicastenango). Le côté sympathique, c’est qu’ils sont revenus pour faire la monte ici.

 

À quoi rêviez-vous quand vous aviez dix ans ?

Ma vie, je la voyais auprès des chevaux. Je n’étais pas du milieu. Mon père avait une ferme près du haras de Roiville. À 14 ans, je commençais à monter sur le dos des poulinières. Avec la voisine, passionnée, nous partions tous les deux faire ce genre de bêtises. Avec le recul, c’était un peu inconscient. Mais nous étions à la ferme et les animaux ne nous faisaient pas peur. C’était une autre époque. J’ai commencé à monter à cheval en quatrième. Un jour, un professeur a demandé si des élèves voulaient participer. J’étais le premier à être motivé.

Que faisiez-vous il y a dix ans, en 2007 ?

En 2007, c’était une ruine ici. Depuis la tempête de 1999, les anciens propriétaires n’avaient pas fait de travaux. Nous avons énormément rénové et modifié le site. C’est un haras-ferme. J’aime cette simplicité. J’ai démarré très tard, à plus de quarante ans. Nous n’avions rien et il fallait mettre les bouchées doubles car les années passent vite. Le haras a beaucoup changé. Mais on ne peut pas s’endormir. Quand on est du milieu, je pense que c’est plus facile, mais il y a certainement d’autres inconvénients. J’avais, en revanche, de l’expérience, ayant œuvré chez Hubert Honoré, au Mézeray, au haras du Buff et à Étreham. Je ne parle pas bien l’anglais. Je ne suis pas allé à l’étranger, alors que ces derniers représentent 90 % de ma clientèle.

Comment vous voyez-vous évoluer, vous-même et/ou votre structure, dans dix ans ?

La relève est là. Les enfants sont passionnés. Nous avons des salariés, mais cela reste très familial. Ma femme, Isabelle, s’occupe du bureau. Sarah, ma fille, est axée sur l’élevage et les ventes. Gaël, mon fils, gère le débourrage et le préentraînement. Il est également présent sur les ventes pendant sa période creuse. Romain, le mari de Sarah, est avec nous depuis le départ. Je gère l’ensemble, en particulier les étalons et le côté commercial. Aujourd’hui, nous avons 200 hectares pour 200 chevaux. Nous avons acheté une deuxième structure il y a trois ans, à côté du Mézeray. Elle est moderne et destinée aux yearlings l’hiver, puis aux poulinières. Nous avons deux sols complétement différents et c’est utile, avec une terre plus drainante que l’autre.

Nous avons demandé à un de vos proches de vous attribuer une qualité, parmi les dix listées ici : à l’écoute, calme, courageux, droit, enthousiaste, humble, infatigable, intelligent, original, sage…À votre avis, laquelle a-t-il choisi ?

Mon entourage a choisi infatigable, courageux et droit. Si je devais faire un choix, je dirais infatigable. On me le reproche.

Nous avons demandé à un de vos proches de vous attribuer un défaut, parmi les dix listés ici : autoritaire, bavard, distrait, entêté, impatient, moqueur, possessif, rancunier, secret, stressé… À votre avis, lequel a-t-il choisi ?

Autoritaire. Même si je dirais plutôt exigeant, envers les autres et moi-même. J’aime les choses bien faites et ne pas avoir à répéter. Ils ont rajouté entêté, impatient, secret et stressé.

Qui est votre modèle dans le monde des courses ? 

J’aime bien la casaque Wertheimer car ils sont toujours là, réguliers et constants. Depuis plus d’un siècle, ils sont discrets mais n’ont pas connu de véritable passage à vide.

Que vous apprend une victoire ? Et une défaite ?

Avec les chevaux, il y a des choses interdites et d’autres qu’il faut oser... D’ailleurs, même les meilleurs peuvent se tromper. J’aime quand, avec nos "petites origines", nous arrivons à battre de grandes casaques. C’est un moment agréable. Il y a aussi des déceptions. Comme lorsque les chevaux estimés ne confirment pas. Lors d’une mauvaise année, il ne faut pas tout changer. Il faut en revanche chercher à s’améliorer. C’est comme si un entraîneur pense remporter un Gr1… et que son cheval termine dernier décollé. Il doit chercher la cause, mais ne doit pas révolutionner sa méthode. Généralement, un échec fait progresser.

 

Le coup de cœur d’Éric Lhermite.

L’homme de Grandcamp nous a présenté le lot 57 de la vente d’août. Ce yearling est le frère utérin de Dabirsim, par Frankel. Pour accéder à la vidéo : https://www.facebook.com/jourdegalop/videos/732033450301974/

 

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot       Sexe     Père                            Mère

57        M.       Frankel                       Rumored

150      F.         Siyouni                       Elenya

228      M.       Wootton Bassett        Pasba

229      F.         Siyouni                       Pastiches

233      F.         Sepoy                         Pietra Santa

251      M.       Dabirsim                     Salzburg

264      M.       Le Havre                    Striking Creation

287      M.       Le Havre                    Zalia

293      M.       Olympic Glory           Anandara

311      M.       Kendargent                 Dame du Floc

317      M.       No Nay Never               Encore Merci

318      F.         Le Havre                    Exit the Straight

LES YEARLINGS DE LA V.2.

Lot       Sexe     Père                            Mère

344      M.       Kendargent                Katelyns Kiss

359      M.       Evasive                       Lonestar Spirit

365      F.         Penny’s Picnic            Marie d’O

381      F.         American Devil          Okapina

384      M.       Elusive City                Parandeh

394      M.       Dabirsim                     Resaca

407      M.       Siyouni                       Skalya

418      F.         Dabirsim                     Takara Girl

450      F.         Havana Gold              Balle Blanche

465      F.         Evasive                       Danzigs Grandchild

477      M.       Evasive                       Garmerita