LE TOUR DES HARAS - Mathieu Daguzan-Garros : « Quand vous n’avez pas les moyens de procéder à des croisements dans la "pourpre", un cheval dur est la meilleure publicité pour un haras »

Institution / Ventes - Élevage / 15.08.2017

LE TOUR DES HARAS - Mathieu Daguzan-Garros : « Quand vous n’avez pas les moyens de procéder à des croisements dans la "pourpre", un cheval dur est la meilleure publicité pour un haras »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont visité les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire un peu décalé, placé sous le signe du dix, en hommage au dixième anniversaire de Jour de Galop. La parole est à Mathieu Daguzan Garros, du haras des Granges.

HARAS DES GRANGES

32430 Touget

Jour de Galop. – Qui est, selon vous, le plus grand champion des dix dernières années ?

Mathieu Daguzan-Garros. - J’ai adoré Zarkava (Zamindar) pour ses changements de vitesse sur n’importe quelle distance. Mais Trêve (Motivator) nous a beaucoup apporté pour la médiatisation des courses.

 

Quel cheval issu de votre haras ou de votre consignation vous a le plus marqué au cours de ces dix dernières années ?

En tant qu’éleveur, je dirais Shamalgan (Footstepsinthesand). C’était un véritable globetrotter, entraîné en Tchéquie. Il est venu pas moins de quinze fois en France. Il a couru dans énormément de pays comme l’Allemagne, l’Italie, Dubaï et Hongkong. Il était en acier trempé. Il s’est fait connaître en France en terminant troisième de la Poule d’Essai des Poulains (Gr1), en 2010. Il a remporté son Gr1 à Rome, le Premio Roma. Quand vous n’avez pas les moyens de faire des croisements dans la "pourpre", un cheval dur est la meilleure publicité pour un haras. Ensuite, en tant que consignataire, je retiens Jimmy Two Times. Tout d’abord pour la confiance que son entourage m’a donnée et ensuite car c’est un fils de Kendargent (Kendor), que j’ai moi-même élevé.

À quoi rêviez-vous quand vous aviez dix ans ?

J’ai dû naître dans un box, donc je rêvais cheval.

Que faisiez-vous il y a dix ans, en 2007 ?

À peu près la même chose que maintenant, c’est-à-dire absorbé par le haras. Ah ! Quand la passion vous tient…

 

Comment vous voyez-vous évoluer, vous-même et/ou votre structure, dans dix ans ?

Ce n’est pas facile de répondre car il y a plusieurs facteurs qui entrent en compte. Tout d’abord, il faut résister et améliorer la jumenterie. Ensuite, il faut passer le flambeau, si possible…

Nous avons demandé à un de vos proches de vous attribuer une qualité, parmi les dix listées ici : à l’écoute, calme, courageux, droit, enthousiaste, humble, infatigable, intelligent, original, sage… À votre avis, laquelle a-t-il choisie ?

Je pense à humble, car avec les chevaux il faut beaucoup d’humilité et de modestie. Mais mon entourage me voit plus comme quelqu’un d’infatigable.

Nous avons demandé à un de vos proches de vous attribuer un défaut, parmi les dix listés ici : autoritaire, bavard, distrait, entêté, impatient, moqueur, possessif, rancunier, secret, stressé… À votre avis, lequel a-t-il choisi ?

Je dirais entêté mais c’est un métier où il vaut mieux avoir des convictions et s’y tenir. Je rajouterais le côté un brin moqueur et quelquefois secret, car je suis timide. Mon entourage a rajouté le fait que je pouvais être bavard, en petit comité.

Qui est votre modèle dans le monde des courses ?

J’aime avant tout les passionnés. Mais mon ami Jean-Claude Rouget m’inspire de l’admiration de par sa progression toujours régulière. Mais là, il va trop vite pour moi (rires).

Qui est votre modèle dans le monde tout court ?

Jean-Luc Lagardère ! Il était Gersois et Gascon comme moi. Et c’était surtout un grand visionnaire. Même s’il a fait partie du monde des courses, il reste un modèle en général.

Que vous apprend une victoire ? Et une défaite ?

La victoire est un moment magique car assez jouissif. Il ne faut pas avoir peur de l’extérioriser car souvent elle arrive après de longs moments d’efforts. La défaite signifie qu’il faut persévérer, ne pas baisser les bras et ne pas tout changer. J’ai très souvent le bulletin officiel dans la voiture car, en rentrant des courses, j’aime regarder l’engagement suivant pour continuer à rêver.

Le coup de cœur de Mathieu Daguzan-Garros.

L’homme du haras des Granges a choisi le lot 244 de la vente d’août. Cette yearling, fille d’Excelebration (Exceed and Excel), est une nièce d'Oupoukaye (Midyan) et de Kenkaye (Kendor). C’est son côté précoce qui a plu à Mathieu Daguzan-Garros.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot Sexe Père Mère

210 M. Dabirsim Money Time

244 F. Excelebration Riverkaye

315 F. War Command Doctors Nurse

LES YEARLINGS DE LA v.2

Lot Sexe Père Mère

362 F. Olympic Glory Maharania

370 M. Diamond Green Mindset

447 M. Wootton Bassett Aster Nox

473 F. Penny’s Picnic Elusive Queen

479 F. Siyouni Hieroglyph