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French Purebred Arabian

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Alban de Mieulle : « Le sponsoring a beaucoup fait évoluer les courses de pur-sang arabes »

25.09.2017

Alban de Mieulle : « Le sponsoring a beaucoup fait évoluer les courses de pur-sang arabes »

Dimanche, dans la 10e édition de la Qatar Arabian World Cup (Gr1 PA), Alban de Mieulle présentera Tayf (Amer), lauréat des Qatar International Stakes (Gr1 PA) au mois d’août à Goodwood, et Yazeed (Munjiz), deuxième de la Doha Cup (Gr1 PA) dernièrement à Chantilly. Les deux chevaux ont travaillé ce lundi matin à Coye-la-Forêt, où les meilleurs éléments de l’écurie du Son Altesse le cheikh Abdullah bin Khalifa Al Thani sont basés pour leur campagne européenne.

Jour de Galop. – Tayf ou Yazeed peuvent-ils vous apporter un troisième succès dans la Qatar Arabian World Cup ?

Alban de Mieulle. – Les deux chevaux sont très différents, comme vous avez pu le voir lors de leur galop commun ce matin. Tayf est beaucoup plus endurci, mais il n’est pas démonstratif le matin, faisant juste le minimum. Yazeed, qui n’a que 4ans, est plus tendre et a encore besoin d’apprendre. Mais il a aussi certainement plus de qualité… Pour sa rentrée, après huit mois d’absence, il a conclu à six longueurs d’Ebraz, en battant Gazwan, qui est un très bon cheval. Il est logiquement monté en condition sur cette sortie.

Pierre-Charles Boudot est venu travailler Yazeed. Est-ce donc lui qui lui sera associé dimanche ?

Pierre-Charles va en effet monter Yazeed, alors qu’Olivier Peslier sera sur Tayf, qu’il connaît parfaitement. Tayf est plus compliqué à monter, et il est important que son jockey le connaisse parfaitement : avec lui, il faut venir au bon moment, car il peut s’arrêter quand il prend l’avantage.

On courra dimanche la 10e édition de cette épreuve, dotée d’un million d’euros d’allocation. Quel changement sa création a-t-elle opéré dans le paysage du pur-sang arabe ?

Avant sa création, les objectifs de notre saison européenne se situaient à Newbury l’été, puis en Turquie au mois de septembre. À présent, les rendez-vous majeurs sont la course de Goodwood, au mois d’août, puis la Qatar Arabian World Cup. C’est en fait le sponsoring qui a beaucoup fait évoluer les courses d’arabes, qui se sont retrouvées à l’affiche dans les meetings les plus prestigieux. La qualité des chevaux n’a pas changé : même avant la création de la Qatar Arabian World Cup, nous avions d’excellents pur-sang arabes. Mais les courses d’arabes étaient beaucoup moins médiatisées.

Avez-vous l’impression qu’elles sont désormais mieux considérées ?

Le grand public a appris à connaître ces chevaux, dont le look séduit manifestement les spectateurs. La perception des professionnels a aussi évolué. De nombreux propriétaires qataris ont commencé à investir dans les courses avec des pur-sang arabes, avant de passer aux pur-sang anglais. Les professionnels ont compris qu’il ne fallait pas négliger cette clientèle !

Cette course a-t-elle aussi fait évoluer le commerce de chevaux arabes ?

Elle l’a fait évoluer dans le sens où de plus en plus de propriétaires qataris laissent des chevaux à l’entraînement en France dans le but de courir en Europe. Le problème est que le programme des courses françaises n’a pas suivi cette évolution. Auparavant, les chevaux étaient vendus après avoir gagné leur maiden à 3ans. Désormais, il y a un manque de courses destinées aux chevaux d’âge intermédiaire. Faut-il créer des handicaps ? Cela peut être une solution. Je pense en tout cas qu’il y a un réservoir suffisant de chevaux arabes en France pour remplir ces courses. Le programme international aurait lui aussi besoin d’une refonte.