La belle saison de Christophe Lemaire

Courses - International / 29.09.2017

La belle saison de Christophe Lemaire

Rencontré mercredi matin à Chantilly, Christophe Lemaire a fait le point avec nous sur sa saison 2017 au Japon. À quelques jours du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, le jockey français compte cent vingt victoires cette année, parmi lesquelles douze succès de Groupe, dont trois Grs1. Parmi ces trois Grs1, deux classiques : les Oaks avec Soul Stirring (Frankel) et le Derby avec Rey de Oro (King Kamehameha), lesquels seront respectivement au départ du Tenno Sho - Automne (Gr1,  2.000m) et de la Japan Cup en association avec Longines (Gr1, 2.400m). Il est en deuxième position de la Cravache d’or japonaise, Keita Tosaki comptant cent trente-quatre succès.

Jour de Galop. – Quel regard portez-vous sur cette saison 2017 ?

Christophe Lemaire. – Je suis très content de cette année 2017. L’an dernier, nous avions eu un petit aperçu de ce que nous pouvions vivre cette année puisque Rey de Oro et Soul Stirring avaient déjà atteint le top-niveau à 2ans. Ils ont confirmé cette année. Le doublé Oaks & Derby n’avait pas été fait depuis les années 70, il me semble. Ce sont des années marquantes dans une carrière de jockey. En termes de victoires, j’étais un petit peu en retard avant l’été par rapport à mes performances de l’an passé. Mais j’ai bien comblé l’écart. Après l’Arc, nous allons bien batailler pour obtenir le titre : j’étais battu d’une victoire l’an passé par Keita Tosaki. Ce serait la première fois qu’un jockey étranger remporte la Cravache d’or au Japon.

L’an dernier, vous étiez assez nettement devant Mirco Demuro à cette époque de l’année, mais vous aviez aussi souligné qu’il y avait des victoires que vous auriez bien aimé remporter. C’est chose faite en 2017 avec un doublé classique…

J’ai toujours privilégié la qualité à la quantité. Si on me demande de choisir entre une Cravache d’or et un Gr1 comme un Derby, un Arc ou une Japan Cup, je préfère gagner les grandes courses. Mais si je peux avoir les deux, je ne vais pas me priver ! C’est encourageant et motivant. L’an dernier, durant les dernières semaines, nous nous sommes beaucoup donné avec mon rival, Keita Tosaki. Cela restait très cordial et il y avait pas mal d’émulation autour de cette lutte, notamment dans les média. C’était sympa.

Avec Rey de Oro et Soul Stirring, vous avez deux excellents 3ans pour les Grs1 de l’automne. Comment cela se présente-t-il pour eux ?

Rey de Oro a gagné dimanche pour sa course de rentrée, dans le Kobe Shimbun Hai (Gr2). Il s’est imposé dans un bon style, alors que son galop le mardi précédant la course n’était pas terrible ! Mais quand j’ai appuyé, il a bien avancé. Il va courir la Japan Cup, ce qui n’est jamais facile pour un 3ans. Soul Stirring va quant à elle rencontrer les mâles et les "vieux" dans le Tenno Sho. Cela va être un sacré challenge, mais quand on est bon et bien…

Soul Stirring a été à la Une de beaucoup de médias hippiques car elle a offert un premier Gr1 et un premier classique à Frankel. Elle a l’air de beaucoup ressembler à sa mère Stacelita, plus qu’à son père ?

Soul Stirring ressemble beaucoup à Stacelita. C’est presque la même : la même robe, les mêmes longues jambes, les mêmes grandes oreilles, un peu la même dégaine quand elle galope, jetant un peu les jambes... Elle a peut-être plus de "sang Frankel". Stacelita était une Monsun : elle était réveillée, mais Soul Stirring doit vraiment être canalisée. Elle est chez le bon entraîneur pour cela : il est doux avec les chevaux. Soul Stirring est évidemment une belle histoire. Gagner le Diane japonais avec une fille de lauréate de Prix de Diane que j’ai montée… La probabilité d’une telle chose était infime !