CARTE BLANCHE PMU - Trois questions à… Benoît Cornu, directeur de la communication du PMU - « Un mécène est une transition entre le public et l’art »

Autres informations / 26.09.2017

CARTE BLANCHE PMU - Trois questions à… Benoît Cornu, directeur de la communication du PMU - « Un mécène est une transition entre le public et l’art »

Chaque année, depuis 2010, le PMU soutient le travail d’un photographe, débutant ou expérimenté, dans le cadre de la Carte Blanche PMU. Le but n’est pas de récompenser un travail mais d’encourager l’artiste à en créer un, autour du thème du jeu.  Un jury composé d’anciens lauréats et de personnalités du monde de l’art se réunit chaque année pour auditionner six artistes et choisir le vainqueur. En plus de la dotation de 20.000 €, le PMU prend en charge la production des œuvres ainsi que la publication d’un ouvrage. Benoît Cornu, directeur de la communication du PMU, a répondu à nos questions sur la Carte Blanche PMU.

Jour de Galop. – Comment est née cette idée de la Carte Blanche PMU ?

Benoît Cornu. – Il y a quelques années, nous financions la restauration des statues équestres du Louvre et de l’académie équestre à Versailles. C’était du mécénat patrimonial, tourné vers le passé. Nous voulions faire changer l’image du PMU. Et nous nous posions la question de comment y arriver. La conclusion a été d’aller vers l’art contemporain. La photographie s’est imposée d’elle-même. La première exposition a eu lieu au Bal, à côté de la place de Clichy. Pendant très longtemps, le Bal a été le plus grand PMU de France. Il a ensuite fermé et rouvert comme un endroit dédié à la photographie. Notre prix a pris de l’ampleur et depuis trois ans nous sommes partenaires avec le centre Pompidou, le premier centre d’art contemporain en France. Cela permet au PMU d’avoir un rayonnement plus important sur la scène artistique.

Pourquoi avoir fait le choix de la photographie ?

Nous nous sommes focalisés sur la photographie, avec un peu de vidéo. La vidéo n’est qu’une photo animée. Nous sommes contingentés par nos moyens aussi. Il est intéressant de laisser l’artiste s’inspirer du concept du jeu et voir ce qu’il en fait. Le PMU fait la même chose au quotidien. Nos clients jouent avec nous alors qu’ils pourraient jouer avec autre chose. Artpress, revue mensuelle sur l’art contemporain en France a parlé du Prix PMU Carte Blanche comme du Prix Photo que la France attendait.

À terme, n’y a-t-il pas une envie d’amener ces photographies autre part, comme un hippodrome ?

À Deauville, nous avons été parrains d’une exposition autour de la photo à l’hôtel Normandy. Nous souhaitons sortir de nos murs. Petit à petit, la photographie est utilisée pour raconter une histoire un peu différente. Nous avons utilisé notre sponsoring de la Coupe de France pour afficher, autour du Stade de France et de l’hôtel de Ville. Ce sont des démarches que l’on peut élargir. Pourquoi pas dans les hippodromes, où nous commençons à avoir des demandes. L’art contemporain peut paraître distant mais amène à se poser des questions. N’importe qui peut le faire. Et quand on amène nos clients à Pompidou, c’est une petite victoire. Car un mécène, c’est une transition entre le public et l’art.

 

Elina Brotherus, vainqueur de l’édition 2017

La lauréate de l’édition 2017 s’appelle Elina Brotherus. Cette artiste d’origine finlandaise partage son travail entre Helsinki et Avallon, dans l’Yonne. Elle a commencé à exposer en 1998. Par ses œuvres, elle fait référence à Fluxus. Ce mouvement, né aux débuts des années 1960, se caractérise par une volonté de dénoncer le statut marchand de l’œuvre d’art. Pour la Carte Blanche PMU, elle collabore avec son amie d’enfance, Vera Nevannlinna, danseuse et chorégraphe indépendante. Le point de départ est un event score, une phrase, ou un mot et la volonté de le mettre en scène. Ensuite, il ne reste plus qu’à trouver un lieu et penser les tenues. C’est un processus rapide : en quatre mois, Elina Brotherus a réalisé près de soixante scènes. Son travail lors de cette Carte Blanche a été décrit comme une nouvelle proposition pour étendre la compréhension du mot "jeu". Le mot évoque un passe-temps, la joie et le risque. On peut aussi retrouver le côté absurde, mais ludique, du quotidien.