Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Une hausse des vocations lors de la rentrée de l’Afasec

Courses / 04.09.2017

Une hausse des vocations lors de la rentrée de l’Afasec

Lundi, l’Afasec de Gouvieux (Chantilly) organisait sa rentrée des classes. L’école des jockeys veut créer des vocations, au moment où la filière hippique manque de main-d’œuvre. Et elle obtient un certain succès, puisque ses effectifs sont en augmentation pour la deuxième année consécutive.

Chaque année, plus de 650 élèves rejoignent les rangs de l’Afasec. Près d’un tiers (197) est scolarisé à Gouvieux, le plus gros centre français. Stéphane Amiot dirige le célèbre établissement cantilien : « En 2017, nous allons accueillir une quinzaine d’élèves en plus. C’est notre deuxième année consécutive en hausse. Il y a quelques années, nous nous sommes rendu compte que nous n’étions pas assez connus, même localement. C’est pourquoi nous avons décidé de plus communiquer et cela semble fonctionner, car beaucoup de candidats ne sont pas issus du milieu. Notre communication nous permet aussi de faire découvrir les métiers de la filière. »

Le prestige de Chantilly rayonne dans toute la France. Des élèves sont prêts à traverser la France pour s’inscrire à l’école de Chantilly. Une mère, accompagnée par sa fille (les filles représentent 65 % des effectifs !), nous confie : « C’est un peu un le fait du hasard si notre fille est ici. En effet, le nom de l’Afasec est apparu dans une conversation avec le directeur de son ancienne école. Deux jours plus tard, nous sommes allés aux journées portes ouvertes. Nous habitions dans le Var et venons de déménager en région parisienne exprès pour suivre notre fille. C’est un projet familial… et le début de sa carrière. L’alternance lui permet d’être au contact des chevaux et améliore ses chances d’avoir un emploi. »

Plusieurs élèves nous ont confié être attirés par le prestige du centre d’entraînement : « Je me suis renseigné sur internet et j’ai vu que Gouvieux accueillait de nombreuses écuries prestigieuses. C’est la seule école qui prépare exclusivement au galop. C’est l’idéal pour s’intégrer dans ce qu'il se fait du mieux. » Un collégien nous a d’ailleurs expliqué : « C’est l’école qui va répondre le plus à mes attentes car je rêve d’intégrer une écurie de haut niveau. » Les professeurs sont choisis pour leur expertise. C’est le cas par exemple de Norbert Jeanpierre, ancien jockey, qui a intégré l’équipe de l’Afasec en tant que formateur technique. Il rejoint une équipe pédagogique qui compte treize intervenants, dont neuf formateurs et quatre moniteurs techniques.

Orienter les élèves en fonction de leur profil. L’Afasec de Gouvieux a deux antennes : une à Deauville (trois éducateurs pour une quinzaine d’élèves) et une à Maisons-Laffitte (une vingtaine de jeunes). Christophe Carré est en charge de l’antenne de Maisons-Laffitte : « Je suis ici pour rencontrer les parents et les élèves avant d’affiner la répartition chez les entraîneurs. Avec le chef de projet et le chef d’établissement, nous avons déjà commencé à voir quel profil pouvait correspondre à chaque entraîneur. Nous voulons que ces associations fonctionnent sur le long terme. À Maisons-Laffitte, certains entraîneurs sont orientés obstacle. Une partie de nos jeunes a envie d’évoluer dans l’univers des sauteurs. Je suis donc ici pour repérer ces profils. C’est l’entraîneur qui décidera ensuite s’il donne à un jeune la possibilité de partir rapidement en obstacle. »

Des passionnés avec un niveau scolaire hétérogène. Elizabeth O’Sullivan enseigne l’anglais depuis plusieurs années à l’Afasec. Elle connaît sur le bout des ongles les particularités de l’enseignement dans un cadre non classique : « J’ai choisi d’être professeur dans cette filière car j’aime travailler avec des gens passionnés. Ils sont très courageux. Le niveau des élèves est hétérogène. Mais ils partagent un objectif commun : réussir leur vie professionnelle. Même si c’est parfois difficile scolairement, la passion et le courage les poussent à s’investir. Je suis professeur d’anglais, une langue qui leur permet de communiquer sur les champs de course avec les professionnels du monde entier. Et malgré un niveau initial souvent très faible, ils apprennent rapidement et ont tous conscience du besoin d’apprendre une langue étrangère. »