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Jour de Galop

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HISTOIRE, HISTOIRES - Tous les secrets du plus vieux classique du monde

Courses - International / 15.09.2017

HISTOIRE, HISTOIRES - Tous les secrets du plus vieux classique du monde

HISTOIRE, HISTOIRES

Tous les secrets du plus vieux classique du monde

Samedi, Doncaster accueille le St Leger (Gr1). Si l’épreuve est quelque que peu passée de mode, elle reste une course mythique, le plus ancien classique au monde. Xavier Bougon vous dévoile ses secrets…

Tout est parti d’un Irlandais… Résidant à Park Hill, près de Doncaster, le Lieutenant-Colonel Anthony St Leger, Irlandais de naissance, avait créé le 24 septembre 1776 une épreuve pour chevaux de 3ans sur la distance de 2.400m. C’était deux ans avant la création des Oaks et quatre ans avant celle du Derby. La distance de cette course fut portée à deux miles (3.200 mètres) à partir de 1806, puis ramenée à partir de 1832, à un mile, six furlongs et cent trente-deux yards (cent-quinze aujourd’hui), soit environ 2.900 mètres.

Ce n’est qu’en 1778 que cette épreuve reçut le nom de son fondateur. Ce dernier, dans son testament, avait demandé à ce que son nom fût ensuite remplacé par celui du propriétaire qui, le premier, remporterait cette épreuve trois fois de suite. Cette condition a bien été remplie : Lord Archibald Hamilton y parviendra avec Paragon, Spadille et Young Flora (de 1786 à 1788). Mais l'usage a prévalu et le St Leger a finalement conservé le nom de son fondateur.

Pas de Triple Couronne. Le St Leger est la troisième étape de la Triple Couronne anglaise. Mais les lauréats des 2.000 Guinées et du Derby d’Epsom (Grs1) seront absents. Churchill (Galileo) a choisi de rester sur le mile après sa victoire dans les 2.000 Guinées en remportant son équivalent en Irlande, avant de tenter sa chance sur 2.000m, et le français Wings of Eagles (Pour Moi), gagnant du Derby d’Epsom, s’est blessé lors de sa troisième place dans le Derby d’Irlande. Carrière terminée.

Vers un 70e classique. Ces deux protagonistes sont des pensionnaires d’Aidan O’Brien, lequel ne manque pas de remplaçants. L’entraîneur irlandais aura quatre poulains au départ, ce qui constitue un record, battant celui d’un certain Federico Tesio. Parmi les quatre, on trouve notamment le frère de Danedream, Venice Beach (Galileo), récent deuxième de Cracksman (Frankel) dans les Great Voltigeur Stakes (Gr2). Pour l’anecdote, sa sœur yearling par Dubawi, sera présentée en octobre chez Tattersalls.

L’entraîneur de Ballydoyle a déjà enlevé à quatre reprises le St Leger. Il a même tenté de décrocher la Triple Couronne avec Camelot (Montjeu), et avait finalement fini deuxième du St Leger en 2012, derrière Encke (Kingmambo), un représentant de Godolphin. Ce fameux triptyque n’a plus été réalisé depuis 1970, l’année de Nijinsky (Northern Dancer)… Si l’on excepte les victoires de trois pouliches : Oh So Sharp (en 1985), Meld (en 1955), Sun Chariot (en 1944),toutes gagnantes du St Leger après avoir enlevé les 1.000 Guinées et les Oaks (Grs1).

Un premier doublé. Un succès, la même année, dans le St Leger de Doncaster et dans le St Leger irlandais serait une première pour Aidan O’Brien. Order of St George a en effet enlevé l’Irish St Leger le week-end dernier. Ce fils de Galileo qui s’était classé troisième du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe l’an dernier est a priori programmé pour revenir à Chantilly le 1er octobre prochain. Ce doublé dans la même année a déjà été réalisé par certains de ses confrères anglais tels que Dick Hern (en 1965), Paul Cole (en 1990), Saeed Bin Suroor (en 1998 et 1999) et John Gosden (en 2011). Un seul entraineur irlandais a fait de même, Paddy Prendergast en 1963, à l’époque où les chevaux d’âge n’étaient pas encore acceptés en Irlande.

Une seule pouliche au départ. Coronet sera la seule femelle au départ. La fille de Dubawi, pensionnaire de John Gosden reste sur une deuxième place dans les Yorshire Oaks (Gr1), à cinq longueurs de sa compagne d’écurie, une certaine Enable (Nathaniel), la future favorite de l’Arc. Aucun vainqueur du St Leger anglais ne s’est imposé dans le Prix de l’Arc de Triomphe la même année.

Simple Verse (Duke of Marmalade) est la dernière pouliche à s’être illustrée en 2015. Cette édition avait beaucoup fait parler, car Simple Verse avait été rétrogradée à la deuxième place au profit de Bondi Beach (Galileo), alors entrainé par Aidan O’Brien. En appel, l’entourage de la pouliche a eu gain de cause : c’est la seconde fois dans un classique d’outre-Manche que les commissaires en place sont déjugés.

Outre Oh So Sharp, Meld et Sun Chariot, d’autres pouliches de renom se sont également imposées dans le St Leger comme User Friendly (en 1992), lauréate des Oaks au printemps, Sun Princess (en 1983), et Dunfermline (en 1977) qui avait devancé le futur gagnant de l’Arc, Alleged, pour les couleurs de la reine.

Le St Leger anglais et le Derby irlandais. Sixième à Epsom et gagnant du Derby d’Irlande, Capri (Galileo) va tenter de remporter ce St Leger. Le doublé Derby d’Irlande et St Leger anglais n’a plus été réussi depuis Nijinsky en 1970, alors entraîné par un certain Vincent O’Brien.

Galileo, un gagnant et un trio. Galileo n’a donné à ce jour "qu’un" seul vainqueur du St Leger anglais, Sixties Icon en 2006. Cette année-là, l’étalon de Coolmore n’a pas fait les choses à moitié, puisqu’il plaçait sur le podium deux autres de ses fils, The Last Drop et Red Rocks.