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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Lettre ouverte à Monsieur le Procureur de la République de Moulins

Courses / 16.09.2017

Lettre ouverte à Monsieur le Procureur de la République de Moulins

Lettre ouverte à Monsieur le Procureur de la République de Moulins

Par Roger Winkel, président de la société des courses de Moulins

 

« Monsieur le Procureur,

Lundi 11 septembre, la société des courses de Moulins, que je préside bénévolement, organisait une réunion de courses sur son hippodrome. Vers 13 h 30, un inspecteur de police me présentait un ordre de réquisition de nombre de services de l’État afin de procéder à des contrôles sur l’hippodrome. Cet ordre de réquisition était signé par vous-même. Environ 25 fonctionnaires ou assimilés accompagnaient cet inspecteur de police. Je pense avoir bien accueilli toutes ces personnes et leur ai demandé de me signaler si une quelconque entrave à leur mission leur était faite. Dans l’après-midi, j’ai constaté que vos services avaient convoqué des journalistes et des photographes. Je me suis immédiatement posé la question si cette opération de très grosse envergure était réellement une opération de contrôles inopinés ou une opération de communication pour jeter la suspicion sur une société de courses honnête et sur tous les professionnels des courses.

L’article paru dans le journal La Montagne indique que la société des courses et les professionnels des courses sont sous étroite surveillance et laisse supposer que des malversations graves peuvent avoir été commises.

La commissaire divisionnaire, Mme Chapelot, de la Direction centrale des courses et des jeux, a rappelé aux journalistes que son service a pour mission de lutter contre le travail clandestin, le dopage, la tricherie, le blanchiment de l’argent… Les fonctionnaires ont procédé au contrôle de l’identité d’une trentaine de salariés occasionnels de la société des courses et ils ont pu constater que tous étaient régulièrement déclarés auprès des services de la MSA.

Ils ont procédé également à la vérification de l’identité du personnel des entraîneurs. À ma connaissance, aucune irrégularité n’a été constatée. La seule remarque qui m’a été rapportée concerne l’absence du panonceau relatif à la licence de notre buvette. C’est un oubli que vous pouvez justement sanctionner par un procès-verbal (…)

En ce qui concerne le "dopage", ce sont les sociétés de courses et elles seules qui ont mis en place les contrôles antidopage, et cela depuis plus de cinquante ans. Savez-vous, Monsieur le Procureur, que tout cheval gagnant d’une course est soumis juste après l’arrivée à un prélèvement à des fins d’analyse ? De plus, les commissaires indiquent au vétérinaire, avant le début de la réunion de courses, les prélèvements supplémentaires au hasard : le quatrième de la première course, le troisième de la deuxième course…

En cas de résultat positif de l’analyse, les sanctions prévues au Code des courses sont lourdes. Distancement du cheval, enquête des services vétérinaires des sociétés mères et amende à l’entraîneur. Les sanctions peuvent aller jusqu’au retrait de l’autorisation d’entraîner.

En 2015 et pour le galop uniquement, 11.710 galopeurs ont été contrôlés en France. Trente et un cas ont été positifs, soit 0,26 %. Encore faut-il discerner les chevaux qui avaient été en traitement médical à la suite d’une blessure ou d’une maladie et dont le délai de rémanence des médicaments n’a pas été respecté.

Au sujet de la tricherie pendant les courses. Les commissaires de courses veillent au grain et s’appuient sur un Code des courses de plus de 200 pages et sur un barème de sanctions de près de 60 pages. Par exemple, savez-vous :

– qu’un jockey ne peut donner plus de 6 coups de cravache à un cheval pendant une course ? S’il donne 7 coups de cravache, il est puni d’une amende de 75 €. Cette amende est doublée en cas de récidive et la troisième infraction est sanctionnée par une interdiction de monter en course.

– que si les vaccinations ne sont pas conformes au code, l’amende est de 75 € (150 € en cas de récidive) ;

– qu’un jockey qui ne voudrait pas obtenir un meilleur classement subirait une mise à pied de 10 à 90 jours, à l’appréciation des commissaires…

Les commissaires sont les garants de la régularité d’une course vis-à-vis des parieurs et des professionnels. Ils sont reconnus et respectés de tous, car ils font très bien leur travail.

Pour ce qui concerne le blanchiment d’argent. Cette mission concerne effectivement la police des jeux. Mais ce n’est pas à Moulins qu’il faut chercher. Le public de l’hippodrome est composé de gens tranquilles qui viennent pour assister aux courses, soit parce qu’ils aiment le spectacle, soit pour passer un bon moment entre amis, à l’air pur, dans un cadre sympathique et pour jouer quelques euros. Lundi, les 500 personnes présentes sur l’hippodrome ont joué au cours de toute la réunion, 13.115,30 € ! Plus de 70 % de cette somme a été rendue aux parieurs gagnants.

Voilà, Monsieur le Procureur, les informations que je tenais à faire remonter jusqu’à vous, en vous assurant que la société des courses de Moulins collaborera toujours avec les autorités de tutelle dont elle dépend. Mais pour informer pleinement les lecteurs de La Montagne, je vous demande de bien vouloir publier les infractions qui ont été relevées lundi dernier.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur, l’expression de mes sentiments très respectueux. »