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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Pierre Raussin présentera son premier partant dans le Prix Finot à Auteuil

Courses / 13.09.2017

Pierre Raussin présentera son premier partant dans le Prix Finot à Auteuil

Par Christopher Galmiche

Pierre Raussin va vivre un grand moment ce jeudi à Auteuil. Il sellera son premier partant en tant qu’entraîneur public, et pas dans n’importe quelle course. En effet, son pensionnaire Être Français (Anzillero) prendra le départ du Prix Finot-Peloton B (L). À la veille de ce grand rendez-vous, il nous a accordé un peu de son temps pour parler de son parcours et de ses ambitions dans le monde des courses.

Une expérience importante dans le CSO. Pierre Raussin a un solide bagage dans le monde du cheval. Installé depuis le début de son activité dans la Sarthe, à Louplande, il a d’abord évolué pendant plus de vingt ans comme cavalier de concours, travaillant avec de grands noms du milieu et sortant à haut niveau. Puis il s’est lancé dans le débourrage et le préentraînement de chevaux de course et enfin dans l’entraînement. Le concours est derrière lui désormais, mais il en a gardé quelques bonnes leçons qu’il donne à ses pensionnaires. « Nous allons avoir nos premiers partants à Auteuil, puis à Clairefontaine. Nous serons vite fixés sur ce que nous aurons à faire ensuite. C’est un moment très important. Je me sers de l’expérience que j’ai pu emmagasiner dans le CSO. Cela m’a permis d’évoluer dans les courses en apportant une autre vision, notamment dans l’abord du dressage du cheval. J’ai conservé plusieurs points de l’équitation classique dans mon travail actuel, comme la préparation sur l’obstacle. »

Le déclic "courses". Après sa longue période comme cavalier, Pierre Raussin a choisi de s’orienter vers le débourrage et le préentraînement. Il nous a expliqué : « Le déclic est venu après ma période dans le concours et grâce à un ami qui s’appelle David Lumet, qui m’a amené à commencer le préentraînement. Ensuite les choses sont allées très vite ! La famille Papot m’a fait confiance ainsi que différents entraîneurs et propriétaires, dont l’élevage de monsieur et madame Devin, l’écurie Cerdeval et bien d’autres… Des chevaux comme Device (Poliglote), Blue Dragon XX (Califet) et Dalia Granchamp XX (Kapgarde) sont passés par notre structure, tout comme certains autres sont allés ensuite chez Guillaume Macaire, François Nicolle, Dominique Bressou, Patrice Quinton, Yannick Fouin … Cela nous a permis de voir ensuite comment ces chevaux évoluaient, souvent en obtenant des résultats. Aujourd’hui, nous connaissons le préentraînement, que nous conservons, et grâce au soutien de nos propriétaires, tout naturellement, nous nous tournons vers l’entraînement. Mais la dernière phase pour aller aux courses reste une inconnue pour nous. Ce jeudi à Auteuil, il y a deux inédits : Être Français et moi ! J’ai une bonne équipe autour de moi, Cyrille Gombeau, que l’on ne présente plus. Préparateur hors pair, il finit les derniers réglages. C’est un orfèvre en la matière. Jacques Ricou est venu aussi sauter les chevaux. Nous avons mis en place avec lui tout le protocole de travail. Cette équipe d’expérience composée aussi de jeunes cavaliers apporte une base solide à l’écurie. »

Travailler sur la qualité. L’écurie "courses" de Pierre Raussin compte une douzaine de pensionnaires. « L’objectif est de faire évoluer les chevaux, de travailler sur leurs qualités et bien évidemment de gagner des courses. Être Français est prêt à faire un parcours dans de bonnes conditions, il va aux courses. Mais comme je le dis, il y a deux inédits en même temps. Chaque cheval a son programme établi et nous nous laissons toujours une marge d’erreur. Si d’ici un an ou deux, nous avons une trentaine de chevaux, nous aurons déjà bien travaillé. »

Un outil opérationnel. Pierre Raussin a effectué quelques modifications pour adapter ses installations à l’entraînement de chevaux de course. Ces dernières sont désormais très complètes. « Nous avons effectué des travaux pour l’entraînement. Nous disposons de 2.000m de piste, de pistes d’obstacle. Nous avions un outil qui était déjà assez opérationnel, avec cinquante boxes, un marcheur… Nous avons refait une arène pour sauter les chevaux, nous avons aussi une piste de steeple.

Plus d’AQPS à l’entraînement, un concours de circonstances. Huit des protégés de Pierre Raussin sont des AQPS. Est-ce une volonté de sa part, une affinité particulière avec cette race ? Il nous a expliqué : « Nous avons plus d’AQPS, mais c’est un concours de circonstances. Bien qu’aujourd’hui, je pense qu’il y a moins de frontières entre les AQPS et les pur-sang. Nous nous étions occupés d’un 3ans AQPS, Échiquier Royal qui a couru en début d’année et a gagné. En septembre, il avait le physique pour débuter rapidement. À l’inverse, il y a aussi des pur-sang qui font 1,75m au garrot et qui seront plus tardifs. Je pense que c’est surtout le physique du cheval et ses aptitudes qui vous donnent les indications. Nous avons d’autres AQPS qui vont prendre du temps. Par exemple, Être Français est plus typé pur-sang qu’AQPS. Le cheval nous a indiqué qu’il était prêt à courir. J’ai la chance d’avoir Jacques Ricou, qui a de l’expérience. L’idée est qu’il nous montre quelque chose, comme le matin. Nous verrons le résultat ce jeudi. »