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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

EN RÉGIONS-  Hugues Crosnier : « Je considère qu’avoir un public comme celui de Craon est une chance »

Courses / 06.09.2017

EN RÉGIONS- Hugues Crosnier : « Je considère qu’avoir un public comme celui de Craon est une chance »

 

Président de la Société des courses de Craon, Hugues Crosnier est revenu avec nous sur l’édition 2017 des Trois Glorieuses.

Jour de Galop. – Quel bilan tirez-vous de ces Trois Glorieuses 2017 ?

Hugues Crosnier. – Le bilan des Trois Glorieuses est globalement positif, surtout compte tenu des conditions climatiques de dimanche. Nous avons réalisé un très beau samedi avec des chiffres en hausse, aussi bien en termes d’enjeux que d’affluence. Nous étions sur une très bonne dynamique. Et puis malheureusement, madame météo est venue perturber toutes nos festivités ! Vu les conditions météorologiques de dimanche, j’ai remercié le public d’être venu pour assister au Grand Cross et à la Finale du Trophée Vert. J’étais loin d’imaginer que l’on pouvait avoir une telle assistance avec une pluie si importante ! En termes d’enjeux sur le dimanche, nous sommes un peu en dessous par rapport à l’an dernier. En 2016, nous avions fait 17.000.000 € et cette année, nous sommes aux alentours de 15.500.000 €. À cause des conditions atmosphériques, nous perdons 40.000 € au P.M.H. et nous perdons 1.300 spectateurs sur la journée de dimanche par rapport à 2016. Nous avions un très beau village du Trophée Vert et j’ose espérer que les gens ne sont pas trop déçus. Le lundi, il y avait du monde. Au niveau des enjeux, sur le P.M.H. nous sommes en baisse et sur le PMU, nous avons passé les 10.000.000 €.

Toutes les courses n’ont pas fait le plein de partants…

Nous avions peu de partants ce lundi et j’en ai appelé à la responsabilité de nos entraîneurs. Aujourd’hui, Craon est un outil assez sympathique et nous avons besoin d’acteurs pour que tout le monde s’y retrouve. Si nous n’avons pas d’acteurs sur la piste, on ne pourra pas mettre le sport et le jeu en avant. C’est le discours que j’ai tenu lundi midi au déjeuner, en présence d’Édouard de Rothschild. Il faut absolument que nous nous mettions autour de la table pour revoir les programmes. Je pense qu’il y a une offre de courses qui est supérieure à la population de chevaux pouvant y participer. Il faut que nous revoyions tout cela, surtout en premium, pour que l’on propose un spectacle qui soit au rendez-vous. Sinon, nous n’arriverons pas à attirer les gens. Nous faisons partie des bons hippodromes de province, où l’on dit qu’il faut des épreuves correspondantes à la qualité du site. Sauf que si vous mettez la qualité, vous n’avez pas la quantité. Il faut trouver le bon panel. Nous avons eu un très bon cross lundi avec des partants et c’est ce qui fait la force de Craon. On sent que le public est à l’écoute de ce type d’exploits. Le Grand Cross était aussi une superbe épreuve.

Quels ont été les retours des professionnels ?

Nous n’avons eu aucune remarque négative de nos professionnels sur la qualité des pistes. En 2016, nous n’avions pas eu que des compliments, notamment par rapport à la piste de trot. Là, tout le monde était satisfait, aussi bien au trot qu’au galop et en obstacle. Tous les acteurs étaient très contents de l’outil que nous avons mis à leur disposition.

Qu’est-ce qui fait le succès de Craon d’année en année ?

Nous sommes une terre de cheval. Il fait partie de la vie quotidienne des gens. C’était le moyen de travailler la terre. Aujourd’hui, cette dynamique se poursuit avec l’élevage de trotteurs, de pur-sang ou d’AQPS. Je considère qu’avoir un public comme celui-là est une chance. Mais à nous de l’entretenir et de le faire perdurer dans le temps. C’est la plus grande mission qui m’incombe. L’idée était, au travers du village du Trophée Vert, d’amener autre chose pour que les gens puissent flâner et profiter des courses. Ma volonté est d’attirer d’abord du monde sur l’hippodrome qui,  ensuite, viendra au jeu. Aujourd’hui, le produit courses et jeu n’attire plus directement, il ne faut pas se voiler la face. Il faut les éduquer au jeu mais d’abord, il faut avoir du monde sur l’hippodrome. Je compare quelque chose qui n’est pas trop comparable : les fêtes de Bayonne ont la tauromachie. Sauf qu’il y a énormément de spectateurs qui vont à ces fêtes mais qui n’en ont rien à faire de la tauromachie. Ils y vont parce qu’ils se retrouvent entre amis. Alors je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas réussir à créer des événements. Nous avons fait une entrée à 3 € pour les jeunes de 18 à 25 ans. Il faut que nous travaillions sur cette clientèle-là car c’est l’avenir des courses.

Avez-vous déjà des idées à mettre en œuvre pour 2018 ?

Nous n’avons pas encore fait le bilan en vue de l’année prochaine. Mais nous donnerons certainement une dimension plus importante au village du Trophée Vert. Nous le renouvellerons. Nous allons surtout travailler à sensibiliser les entraîneurs, afin d'améliorer le nombre de partants. Aujourd’hui, les entraîneurs ciblent beaucoup plus les courses, quitte à ne pas courir. Je ne pense pas que ce soit la bonne solution. Ce que je déplore, c’est qu'à 25 km de Craon, nous avons un centre d’entraînement [Senonnes, ndlr] où il y a plus de 650 chevaux. Il n’y avait pas beaucoup de chevaux du centre d’entraînement à Craon, ce qui est dommage. Les pistes sont bonnes, on est à proximité, peut-être les conditions de courses ne conviennent-elles pas ? Peut-être ne faudrait-il pas qu'une victoire en province soit systématiquement synonyme d'obligation de courir à Paris. Il faut absolument travailler sur ce sujet du manque de partants pour que l’on puisse apporter des partants à nos événements.