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Jour de Galop

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51e CONFÉRENCE DE L’IFHA - La mondialisation, une chance pour les paris hippiques ?

Institution / Ventes / 07.10.2017

51e CONFÉRENCE DE L’IFHA - La mondialisation, une chance pour les paris hippiques ?

51e CONFÉRENCE DE L’IFHA

La mondialisation, une chance pour les paris hippiques ?

Ce lundi, le siège de France Galop accueillait la conférence de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques (IFHA), avec le soutien de Longines. Des intervenants venus du monde entier se sont relayés pour proposer leur synthèse des sujets qui comptent pour l’avenir des courses. [Partie 2 sur 2]

Une opportunité, mais des difficultés techniques. Winfried Engelbrecht-Bresges, le vice-président de l’IFHA, a expliqué : « Les paris hippiques sont stables depuis 2004. Ils s’élèvent à 101 milliards d’euros en 2015 dans le monde, mais cela cache des situations contrastées en fonction des pays. En 2016, ils ont progressé en Australasie (Australie +8,4 %, Hongkong +10,7 %, Japon + 5 %), ils sont stables aux États-Unis (+0,7 %) et ils ont régressé en Europe (France -1,5 %, Grande-Bretagne -1,1 %). Entre 2012 et 2015, les paris hippiques ont perdu 1 % de part de marché à l’international par rapport aux autres jeux d’argent. La mondialisation des courses est une opportunité pour renouer avec la croissance. Les parieurs veulent des courses avec beaucoup de partants, et dans ce cadre, la possibilité de jouer sur des épreuves internationales est une solution intéressante. En particulier s’il est possible d’établir des masses communes entre différents pays. Nous sommes en train de passer d’un marché local à un marché mondial des paris hippiques. » Richard Cheung, le responsable du marketing du Hong Kong Jockey Club, a précisé : « Plusieurs difficultés existent. Il y a bien sûr la question du décalage horaire, mais aussi de la connaissance des acteurs et chevaux locaux. C’est moins le cas dans des courses internationales avec des concurrents venus du monde entier. Mais on ne lit pas de la même manière un programme de course en Asie et aux États-Unis. En outre, les types de paris et de combinaisons qu’affectionnent les parieurs sont très différents d’un continent et d’un pays à l’autre. Nous avons fait le choix d’avoir, à travers le monde, des médias partenaires qui relayent notre information à destination des joueurs. Il y a aussi des journaux hippiques internationaux pour la diaspora chinoise qui sont écrits en cantonais. Nous produisons aussi une émission en anglais sur les courses de Hongkong à destination des parieurs internationaux. »

ÉVOLUTION DES JEUX D’ARGENT DANS LE MONDE

Type de paris 2012 2015 Évolution 2012/2015 Prévision 2022 Prévision évolution 2015/2022

Paris hippiques 26,432 22,826 -13,6 % 24,931 +6,8 %

Paris sportifs 18,340 19,485 +6,2 % 29,623 +52 %

Total (*) 399,456 368,940 -7,6 % 451,780 +22,4 %

Au niveau mondial, en milliard de dollars (*) avec les casinos, machines à sous et loteries

La reconversion des galopeurs est cruciale pour l’avenir des courses. Ray Paulick est l’éditeur d’un des principaux médias hippiques outre-Atlantique, Paulick Report, qui consacre régulièrement des articles à la reconversion des galopeurs. Il a déclaré à ce sujet : « Lorsque j’étais jeune journaliste, la presse hippique refusait de parler de ce qui se passait pour les chevaux de course une fois leur carrière sportive terminée. Les gens n’étaient informés que par la rumeur et les médias généralistes ne s’intéressaient pas à ce sujet. Mais les choses ont changé. En particulier suite à la disparition tragique de plusieurs très bons chevaux, comme Exceller (lauréat de 11 Grs 1 dont le Grand Prix de Saint-Cloud et le Grand Prix de Paris), le seul à avoir battu deux lauréats de Triple Couronne Américaine. Il avait terminé à l’abattoir après l’échec de sa carrière d’étalon. C’est également ce qui est arrivé à Ferdinand (Kentucky Derby 1986). En 2008, la pouliche Eight Belles (Unbridleds Song) s’est fracturé les deux antérieurs en se classant deuxième du Kentucky Derby, devant des millions de téléspectateurs. Ce drame a été suivi d’une enquête du Congrès américain sur la santé des chevaux et le dopage dans les courses hippiques. Plus récemment, le manque chronique de moyens des associations de reconversion des galopeurs, dans une filière qui brasse des milliards, a fait l’objet d’articles dans la presse nationale. Les associations animalistes, comme la PETA, ont trouvé une cible facile avec les courses hippiques. Leur capacité de mobilisation de l’opinion publique est impressionnante. En 2008, ils ont réussi à provoquer le lancement d’un référendum qui a abouti à l’interdiction des courses de lévriers dans le Massachusetts. Ces associations sont contre tout ce qu’ils considèrent comme de l’exploitation animale. Ils ont par exemple réussi à faire fermer certains delphinariums ou à forcer plusieurs cirques à ne plus utiliser d’éléphants. Les courses hippiques doivent donc prendre à bras le corps les questions de bien-être animal et de reconversion. »

La conférence en vidéo. Les vidéos de l’ensemble de la conférence, mais aussi les documents liés aux exposés sont en accès libre. Cliquer ici

http://www.ifhaonline.org/default.asp?section=Resources&area=10&conf=51&cYr=2017