Antoine Gilibert : « Le transfert des courses d’Enghien ne fut pas un long fleuve tranquille »

Courses / 27.10.2017

Antoine Gilibert : « Le transfert des courses d’Enghien ne fut pas un long fleuve tranquille »

Antoine Gilibert : « Le transfert des courses d’Enghien ne fut pas un long fleuve tranquille »

 

L’arrivée à Compiègne des courses d’obstacle d’Enghien a fait naître de nombreux débats. À l’usage, les discussions, si elles existent toujours, se sont néanmoins dépassionnées. Antoine Gilibert, qui préside la société des courses oisienne, a répondu à nos questions à la veille de la réunion du Grand Steeple-Chase de Compiègne.

 

Jour de Galop. – Quel premier bilan tirez-vous du transfert d’Enghien vers Compiègne ?

Antoine Gilibert. – Il y a un peu plus d’un an, le président de France Galop, Édouard de Rothschild, nous a confié un "challenge" difficile. Pour notre société, le transfert des courses d’obstacle en provenance d’Enghien ne fut pas un long fleuve tranquille. Une des difficultés résidait dans le fait qu’il fallait continuer à courir tout en réalisant des travaux d’aménagement sur le site. Pendant l’hiver, deux kilomètres de nouvelles pistes, avec leurs obstacles, ont ainsi été créés. Il y avait une certaine incrédulité au sujet de la possibilité de poursuivre ces deux objectifs en même temps. La mission a pourtant été menée à bien, bien que les programmes de plat et d'obstacle n’aient pas été ventilés : à plusieurs reprises, nous avons eu des réunions trop rapprochées. Avec seulement quatre employés, c’est un rythme très difficile à tenir. Il faut en tenir compte. La proximité de nos journées de courses de plat et d’obstacle pose des problèmes sur le plan logistique. Mais la proximité de nos réunions d’obstacle, avec celles d’Auteuil ou d’autres sociétés qui accueillent des sauteurs, est problématique en ce qui concerne le nombre de partants.

 

À quelle échéance les travaux seront-ils terminés ?

Les travaux, qui ne sont pas terminés, sont répartis en trois phases. La première étape, en mars dernier, a porté sur les obstacles existants. La deuxième tranche, en septembre, a abouti sur l’ouverture des diagonales. Au mois de mars 2018, la totalité des pistes et les parcours définitifs seront en fonctionnement. Pour l’ensemble des personnes qui œuvrent au bon fonctionnement de la société des courses de Compiègne, ce fut une période chargée, en termes de travail, de difficultés à résoudre et de stress. Nos moyens, en particulier humains, sont limités. Organiser un programme aussi chargé est donc un véritable défi, surtout si l’on tient compte des aléas qui viennent compliquer notre activité, comme les fuites d’eau par exemple.

 

Quelle a été la réaction de vos équipes ?

Je remercie tous les employés de l’hippodrome. Ils ont fait preuve de beaucoup de courage. Depuis un an, ils travaillent tous les samedis, sans jamais rechigner à la tâche. Leur implication est exemplaire. J’espère que les autorités ont conscience de l’effort significatif que cela représente. Nous ne cherchons pas de la reconnaissance, mais nous voulons que notre passion, à nous bénévoles, serve au mieux les courses et l’institution. Le transfert est pratiquement arrivé à son terme. Il reste néanmoins des travaux à mener à bien. Nous voulons créer une piste pour que les chevaux puissent aller sauter la haie d’essai sans utiliser la piste de course. Nous allons par ailleurs réaliser un forage pour pouvoir améliorer l’arrosage.

 

Comment se présente la réunion de samedi ?

C’est vraiment une très belle réunion, avec cinq épreuves sur les haies et trois sur le steeple-chase. La première course, le Prix Bernard Secly – Al Capone II, rend hommage à celui qui fut un ami fidèle de la société des courses de Compiègne. La troisième épreuve, le Prix Armand de Coulange – Prix d’Amiens, sera support du Quinté. Armand de Coulange est mon prédécesseur à la présidence de la société des courses. Cet officier des haras, industriel, fut par ailleurs président de la sportive [qui rassemblait Enghien, Maisons-Laffitte et Saint-Cloud, ndlr]. C’est lui qui m’a transmis la passion de cette belle société qu’est Compiègne. La quatrième course, le Prix de Besançon (L), accueillera la vedette de l’obstacle, Milord Thomas (Kapgarde). Ce représentant de Magalen Bryant fait déjà partie de l’histoire des courses. Il a gagné plus de deux millions d’euros de gains, notamment grâce à ses succès dans le Grand Steeple-Chase de Paris, dans le Prix La Haye Jousselin à trois reprises, et dans le Prix Maurice Gillois (Grs1). Dominique Bressou, son entraîneur, accueillera de petits groupes de personnes pour présenter son champion et raconter l’histoire de ce quintuple lauréat de Gr1. La cinquième épreuve, le Grand Steeple-Chase de Compiègne (Gr2, 240.000 €), sera un grand moment, avec de très bons chevaux. Un jeu-concours sera rattaché à cette très belle épreuve, avec la participation de Laurent Bruneteau. Les plus jeunes pourront bénéficier de nombreuses animations, comme des baptêmes à poney ou des jeux gonflables. Afin d’inciter un maximum de personnes à se déplacer, l’entrée sera gratuite. Le livre du regretté Michel Bouchet, « Chantilly, les Anglais, les courses », sera proposé à la vente au profit d’une association caritative.