Il faut reprogrammer les deux Groupes 1 de dimanche

Autres informations / 30.10.2017

Il faut reprogrammer les deux Groupes 1 de dimanche

Par Adeline Gombaud

Deux Grs1 pour 2ans, les Critériums International et de Saint-Cloud, ont fait les frais de l’annulation de la réunion de ce dimanche. Et France Galop dit ne pas vouloir les recourir !

C’est une mauvaise décision à double titre. D’abord parce qu’elle est injuste pour ceux qui devaient participer à ces courses, alors qu’ils ont été les premiers otages du mouvement de blocage. Ensuite parce qu’elle est sans effet, ni concret ni pédagogique, sur les bloqueurs de dimanche. Il faut vraiment que la société-mère revienne sur cette décision.

C’est l’histoire… C’est l’histoire d’un entraîneur ni grand ni petit, mais tout de même classé parmi les 20 premiers de sa profession depuis quelques années… Pas un entraîneur "classique", non. Quelqu’un qui a joué le jeu des réclamers, qui sait ce que c’est que de courir des handicaps, qui sait aussi ce que c’est que de recevoir chaque fin d’année plusieurs yearlings plutôt bien nés, issus d’élevages renommés. Pas un Cantilien, pas un vrai provincial non plus. Cette année, il pense avoir touché le cheval de sa vie. Ce poulain a 2ans. Il lui a été confié par un propriétaire français, qui l’a acheté, via un courtier français, à une vente aux enchères française, alors que le poulain était présenté par un haras français et issu d’un étalon basé en France.

La collaboration entre les deux hommes est plutôt récente. Une année. Le poulain débute sur un hippodrome de province. Notre homme n’a pas envie d’attaquer les grosses maisons d’emblée. Le poulain gagne, facilement. Il confirme ensuite à Deauville. Certes, il n’y avait que quatre partants, mais quand même. Notre entraîneur peut commencer à rêver. Et si c’était son premier cheval classique ? Ne refusant pas le combat, il l’engage dans le Prix Thomas Bryon (Gr3). Sacred Life gagne de six longueurs.

Voilà. Au soir de ce 4 octobre, Stéphane Wattel, puisque c’est lui dont il s’agit, rentre à Deauville en sachant qu’il sellera l’une des premières chances, vingt-cinq jours plus tard, du Critérium International (Gr1). Peut-être même que dans ses rêves, il voit la casaque verte et rose de Jean-Louis Bouchard franchir le poteau en tête, portée par Théo Bachelot, un jockey qu’il a formé.

On allait courir. Dimanche, Stéphane Wattel a dû se rendre à Saint-Cloud plein d’espoir. Pensait-il à l’éventualité d’un blocage des courses ? C’est peu probable. On annonçait des mouvements de protestation "pacifistes". On devait courir. Tout le monde le pensait encore à 13 h 30. Même certains des sociopros ayant participé à la réunion avec le président et le directeur général de France Galop. Oui, on allait courir. Puis la situation a dérapé. Le blocage s’est durci, entraînant l’annulation de la réunion. Nous ne rentrerons pas dans le débat stérile de savoir qui a annulé. Ce n’est pas le sujet.

Et puis France Galop a annoncé : « On ne recourra pas les courses annulées ! » À 16 h 30, l’hippodrome a fermé ses portes. Stéphane Wattel était peut-être déjà rentré chez lui. L’un des entraîneurs – qui est sympathisant du collectif mais pas favorable au blocage – s’est excusé auprès de Théo Bachelot, encore en breeches alors que les rangs se dispersaient.

Revenez sur votre décision ! Stéphane Wattel, ses salariés, Jean-Louis Bouchard, son courtier, Théo Bachelot, mais aussi les éleveurs de Sacred Life, et tous les porteurs de parts de Siyouni peuvent être considérés comme des victimes collatérales du blocage, de l’annulation et de cette étrange décision de ne pas disputer la course à une date ultérieure. Eux, comme les entourages des treize autres chevaux. Eux, peut-être plus que les autres, parce que cette opportunité ne se représentera peut-être jamais. On ne peut pas revenir en arrière sur ce qui s’est passé ce dimanche 29 octobre. En revanche, France Galop peut revenir sur sa décision de ne pas reprogrammer les courses annulées. C’est possible. Cela a été déjà fait par le passé.