Le plan d’économies commenté par des membres du Comité (suite)

Autres informations / 20.10.2017

Le plan d’économies commenté par des membres du Comité (suite)

Le plan d’économies commenté par des membres du Comité (suite)

Lundi, le Comité de France Galop a discuté du plan d’économies proposé par le Conseil d’administration. Pour en savoir plus, nous avons interrogé (ou relayé une contribution) les représentants de plusieurs associations professionnelles et des membres cooptés.

Lors des interviews, nous leur avons posé deux questions :

  • Que pensez-vous du projet de baisse des encouragements en 2018, à la suite de la dernière séance du Comité ?
  • Comment feriez-vous évoluer le plan initial de France Galop ?

Leurs réponses nourriront sans doute la réflexion des dirigeants de la société-mère, qui veulent prendre le temps d’analyser les contributions des uns et des autres dans les jours qui viennent.

 

Hervé Morin : « Nous ne pouvons pas vivre éternellement à crédit »

 

« Je suis propriétaire et éleveur. J’ai treize juments et l’équivalent de cinq ou six chevaux à l’entraînement, c’est mon activité essentielle. C’est pourquoi j’ai regardé ce projet de près. Je pense qu’il est responsable et équilibré. Responsable car tous les acteurs du monde du cheval sont des chefs d’entreprise, qu’il s’agisse des entraîneurs ou des éleveurs. Pour les propriétaires, il s’agit d’hommes et de femmes bien souvent issus des milieux économiques, qui se livrent à leur passion. Leur point commun ? Ils savent que nous ne pouvons pas vivre éternellement à crédit. Il y avait donc nécessité à agir.

J’ajouterais, en ce qui concerne la baisse des allocations pour les propriétaires, que le propriétaire de chevaux de courses, comme le propriétaire de bateau, sait que toute passion a un coût. Même si, quand on a la chance d’avoir un très bon entraîneur, c’est une activité qui peut à peu près s’équilibrer.

Ensuite, si l’on est attentif à l’équilibre des résultats pour un propriétaire qui ne peut pas perdre beaucoup d’argent avec cette passion – ce qui est mon cas – je constate dans mes bilans que les courses sont un moyen de valoriser des chevaux et que l’on ne peut pas faire l’analyse des encouragements sans intégrer le fait que, s’il y a de la qualité, il y a souvent de la plus-value.

En tant qu’éleveur, j’avais contesté la différenciation des primes entre les étalons français et étrangers à une époque où il y avait peu de bons étalons en France. Sanctionner les éleveurs qui faisaient l’effort d’aller à des étalons à l’étranger était contraire à l’idée de faire progresser l’élevage français.

En ce qui concerne les encouragements, je trouve très bien le projet de baisse des primes sur les grandes courses, car être dans les cinq premiers permet déjà une valorisation considérable du cheval.

En tant qu’éleveur-vendeur, je suis favorable aux mesures qui encouragent le turnover des effectifs et pense qu’il faut maintenir une prime significative sur les 2 et 3ans. Et je trouve logique de réduire les primes pour les chevaux d’âge de faible qualité. Il faut faire en sorte de construire un programme qui fait une place réelle à tous les chevaux en 40 de valeur, que l’on a du mal à exploiter.

Je suis propriétaire et éleveur mais aussi politique. Et je constate que l’irresponsabilité et la démagogie ne sont pas le monopole de la sphère politique. »