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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le plan d’économies commenté par plusieurs membres du Comité

Institution / Ventes / 17.10.2017

Le plan d’économies commenté par plusieurs membres du Comité

Lundi, le Comité de France Galop a discuté du plan d’économies proposé par le Conseil d’administration. Pour en savoir plus, nous avons interrogé (ou relayé une contribution) les représentants de plusieurs associations professionnelles et des membres cooptés.

Lors des interviews, nous leur avons posé deux questions :

  • Que pensez-vous du projet de baisse des encouragements en 2018, suite à la dernière séance du Comité ?
  • Comment feriez-vous évoluer le plan initial de France Galop ?

Leurs réponses nourriront sans doute la réflexion des dirigeants de la société-mère, qui veulent prendre le temps d’analyser les contributions des uns et des autres dans les jours qui viennent.

Antoine-Audoin Maggiar : « Il faudrait faire évoluer ce projet »

« Je crois que nous sommes tous obligés de faire des efforts. Mais il y a un certain nombre de points de vue, proposés par des membres du Conseil d’administration, qui n’ont pas été pris en compte. Notamment la cinquième place pour les courses P.M.H., la suspension de l’aide à la T.V.A. (alors que l’on sait très bien qu’il n’y aura pas de nouvelle décision avant un an à un an et demi…), les indemnités de transport, et puis les chevaux d’âge en plat et le fait que l’on supprime la priorité aux nés, élevés et conçus en France. Tout cela n’est pas fait pour encourager l’élevage français et les petits éleveurs.

Un gros travail a été fait et il est très difficile de se contenter de critiquer… Mais nous avons reçu 135 pages que nous avons dû acter lors de la réunion du Comité ce lundi. Les membres du Conseil du Plat et de l’Obstacle avaient déjà eu certains éclairages. Le président a dit que tout n’était pas bouclé et qu’il était prêt à écouter les propositions. Je pense qu’il faudrait organiser des réunions de travail avec les gens qui veulent y participer pour faire évoluer ce projet. Car il est assez difficile pour les petits entraîneurs, petits propriétaires, petits éleveurs, les professionnels de province, lesquels participent énormément à la recette en ayant des partants. S’ils n’étaient pas là, il y aurait beaucoup moins de courses. Nous sommes déjà dans une spirale de descente des petits propriétaires, vu le coût que cela représente avec l’augmentation de la T.V.A. Là, je pense que l’on va carrément perdre beaucoup de propriétaires. Il faut essayer de protéger un peu ces fournisseurs d’emplois, de partants, en province. On nous a présenté des économies sur les allocations? Etc. Mais on ne nous a pas du tout présenté les autres économies sensées être faites au niveau de France Galop, du personnel, des centres d’entraînement. »

Francis Montauban : « Un effort qui dénote une volonté de progresser »

« Je pense que la nécessité de ce plan est impérative car si rien n’est fait d’urgence, nous serons en cessation de paiement d’ici la fin 2018. Je soutiens ce projet. L’effort qui nous est demandé est supportable et il devrait être partagé par tous. Je regrette qu’il ne soit pas soutenu par les socioprofessionnels comme les entraîneurs, jockeys, maréchaux-ferrants, vétérinaires, transporteurs, etc. Du côté des sociétés-mères, l’effort économique engagé semble dénoter d’une volonté de progresser. Elle est certainement à améliorer mais l’exemple nous est montré.

Il est certain que l’effort demandé est important. Je souhaite qu’il soit suffisant. Si le PMU continue dans sa croissance, cela devrait suffire. Si celle-ci s’effondre, il faudra craindre un effort supplémentaire et il sera difficilement supportable. Mais j’approuve tout à fait la décision des deux présidents des sociétés-mères, qui souhaitent résorber le déficit en une seule fois. »

Jean-Jacques Chiozzi : « Ces mesures vont affaiblir les plus faibles »

« Pour parler au nom des propriétaires et permis d’entraîner, je pense que ces mesures vont affaiblir les plus faibles et donc les permis d’entraîner qui représentent environ 1.600 chevaux, soit 10 ou 11 % des partants. En province, c’est même plutôt 40 %, voire 50 % des partants en plat.

Lors de ce Comité, j’ai parlé de l’impact de la baisse des indemnités de transport et de la suppression de la cinquième place dans les courses P.M.H. Cela touchera évidemment les plus faibles. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce sont ces petits propriétaires-entraîneurs qui font la réussite des hippodromes de province. Ils vont sérieusement être impactés. Les permis d’entraîner, c’est différent, ce n’est pas leur gagne-pain si je puis dire.

Notre association est affiliée depuis vingt-cinq ans aux P.P. ; nous verrons comment la situation évolue et les suivrons. Nous n’avons pas à nous placer sur le même plan que les professionnels. Ce serait d’ailleurs mal vu par certains. »

Fédération des éleveurs : « Nous soutenons France Galop, mais… »

Lundi, les membres du Comité de la Fédération des éleveurs du galop ont demandé à leur représentant de lire ce message lors du Comité de France Galop.

« En tant qu’éleveur, élu au comité de la Fédération des éleveurs du galop, je vous transmets ce message demandé par mes pairs pour défendre l’élevage en France.

La présentation du plan d’économie aux Conseils du plat et de l’obstacle a suscité de nombreuses réactions de la part d’éleveurs. La Fédération des éleveurs du galop est consciente de la nécessité de réaliser des économies importantes et soutient France Galop dans cette démarche palliative. Nous acceptons une économie de l’ordre de 25 millions sur les encouragements, néanmoins l’effort ne peut être supportable pour les éleveurs que dans la mesure où l’enveloppe élevage demeure à 10 % de l’enveloppe totale, soit à 26 millions d’euros.

En outre, l’effort doit être global mais il doit avant tout être proportionné au but recherché qui est un retour à l’équilibre des finances de notre Institution. Il est donc inacceptable d’imposer aux éleveurs une réforme qui ne serait pas motivée par une volonté d’économie.

Parlons du retour à un taux unique des primes éleveurs et de la suppression

de la distinction "conçu, non conçu".

Cette mesure, bien que présentée avec le plan d’économie, n’est en aucun cas une mesure d’économie pour France Galop. L’élevage français a réussi récemment à retrouver des axes de croissance et à améliorer considérablement le parc d’étalons stationnés en France. La surprime des chevaux conçus sur le territoire français n’est pas étrangère à l’attrait et au maintien d’étalons de qualité en France, ainsi qu’au développement de l’élevage.

Notre moteur est le pari, qu’il faut alimenter par des partants. Favoriser la naissance de chevaux en France et développer la production sur notre territoire permet d’asseoir les bases de notre avenir.

Les réactions des éleveurs à l’annonce de cette mesure ont été très violentes, d’autant plus que cela marquait l’incompréhension de l’urgence d’un tel débat.

Monsieur le président Rothschild, chers membres du Comité, si vous disposez de motivations pour remettre en cause cette mesure, de grâce, ne l’associons pas au débat de ce jour qui doit se cantonner à son unique but qui est de réaliser 25 millions d’euros d’économie. Ne nous lançons pas dans une lutte fratricide, inutile et ne revêtant aucune urgence.

Nous vous prions en conséquence de sortir purement et simplement la mesure du retour au taux unique du projet de plan d’économie.

De plus, d’autres mesures nécessitent des ajustements :

- la suppression de la prime éleveur des chevaux de plat de 6ans et plus : cette mesure aurait un impact considérable pour nos éleveurs, et en particulier les plus petits déjà très vulnérables, car le nombre de chevaux visé est important. Ainsi, la Fédération des éleveurs du galop vous demande de reconsidérer ce projet et d’envisager de modifier cette mesure, peut-être en l’appliquant aux chevaux de 7ans et plus ;

- le plafonnement de l’enveloppe des primes éleveur à 300.000 € pour des chevaux ayant gagné en plat à l’étranger : la présentation de cette mesure a généré des interrogations de la part des éleveurs ayant siégé au Conseil du plat. Nous vous demandons ainsi de bien vouloir nous fournir des éclaircissements sur les modalités pratiques envisagées pour une telle mesure, car en l’état, nous ne mesurons pas l’ampleur de ce changement.

N’oublions pas que l’élevage est la racine des courses hippiques et que France Galop porte le titre de société-mère en charge de l’amélioration des races de chevaux de Galop en France. Souhaitez-vous voir demain des courses en France composées uniquement de poulains conçus, nés et élevés à l’étranger ?

Comprenez bien que notre intervention, concertée avec l’ensemble des membres du Comité de la Fédération des éleveurs, n’est pas motivée par une intention de blocage, nous sommes solidaires de l’effort demandé, toutefois, nous ne pouvons accepter que France Galop se coupe de ses racines. »

La suite demain et après-demain, avec : Mathieu Boutin, Jean d’Indy, Hervé d’Armaillé, Marcel Chaouat, Charles-Henri de Moussac, Axelle Nègre de Watrigant