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French Purebred Arabian

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QATAR ARABIAN WORLD CUP - GAZWAN, DANS UN FINISH HALETANT

19.10.2017

QATAR ARABIAN WORLD CUP - GAZWAN, DANS UN FINISH HALETANT

CHANTILLY (FRA), 1er Octobre 2017

Gr. I PA - 4 year olds and over - 2,000 m- € 1,000,000

Deuxième en 2015, quatrième en 2016, Gazwan (Amer) a enfin trouvé la consécration en remportant la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA) dans une lutte à trois étourdissante. Yazeed (Munjiz) a conservé la deuxième place aux dépens du grand favori, Ebraz (Amer), qui n’a pas démérité mais a sans doute été victime de son mauvais numéro (le 16) dans les stalles de départ. Longtemps attardée, Sylvine Al Maury (Munjiz) termine au pied du podium, tandis que Khataab (Amer) vient prendre la cinquième place dans les derniers mètres à Lightning Bolt (Munjiz).

Ba’sil (Amer) a rapidement pris le contrôle des opérations et s’est quelque peu détaché du peloton emmené par Avonmouth (Cambrydge) et Prada T (Djendel). Yazeed et Gazwan ont figuré non loin des premiers. Ebraz, qui s’élançait tout à l’extérieur, a été obligé de voyager en épaisseur. Sylvine Al Maury a patienté à l’arrière-garde. À la sortie du tournant final, les premiers ont cédé tandis que Yazeed a entamé son effort le long de la corde, suivi par Gazwan. Ebraz, qui s’est rapproché à l’entrée du tournant, est venu librement en pleine piste. Une magnifique lutte s’est engagée entre les trois concurrents mais c’est Gazwan qui s’est montré le plus fort tout à la fin.

La fierté du Qatar

Les trois premiers chevaux à l’arrivée sont entraînés par des professionnels installés au Qatar le reste de l’année et appartiennent à deux écuries, celle de Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani et celle de Son Altesse le cheikh Abdullah bin Khalifa Al Thani, parmi les plus puissantes de l’émirat.

Propriétaire et éleveur de Gazwan et d’Ebraz (3e), le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani a déclaré : « C’est une superbe victoire pour Al Shahania et tout le peuple du Qatar. En tant qu’éleveur, c’est une immense joie. Je suis aussi très fier de mon poulain qui a gagné à Saint-Cloud (Rajeh). Il a été élevé en France, un super pays pour élever ».

Julian Smart, l’entraîneur de Gazwan et d'Ebraz, a également commenté : « Je suis très heureux. La pression retombe. C’est la plus belle course au monde pour les pur-sang arabes et c’est la première fois que je gagne avec un mâle. D'ailleurs, avant la course, j’avais peur car je n’avais aucune femelle au départ (rires) ! Gazwan est un très bon cheval et il avait besoin de sa dernière sortie pour s’imposer. Je lui ai remis les œillères. Les deux 4 ans, Ebraz et Yazeed, sont les chevaux de l’édition 2018. Et on peut imaginer que Gazwan reviendra ici l’année prochaine ! Il est très dur mais il a finalement peu couru pendant sa carrière. Comme Ebraz, il peut faire tous les terrains. Gazwan pourrait aller sur la National Day Cup à Doha et Ebraz dans le Derby, où il va recroiser Yazeed. Ce sont deux 4 ans exceptionnels. Assy [l'un des meilleurs pur-sang arabes entraînés par Julian Smart pour la casaque du cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, ndlr] était très bon à cet âge mais Ebraz est un cheval à part ».

Yazeed encore un peu tendre

Alban de Mieulle, l’entraîneur de Yazeed (2e), a déclaré : « C’est un cheval qui a toujours été estimé. Il avait été arrêté pendant un certain temps et il ne s’agit que de sa quatrième course. Il est battu par un très bon cheval, plus âgé, et qui s’est avéré encore meilleur aujourd’hui. D’un point de vue tactique, son jockey, qui a plus l’habitude de monter des pur-sang anglais, a eu la sensation en selle qu’il s’agissait quasiment d’un pur-sang anglais ».

La ligne droite "inimaginable" de Sylvine Al Maury

Élisabeth Bernard, qui entraîne Sylvine Al Maury (4e), a souligné : « Elle est fantastique. C’était la seule femelle de la course et elle a fait une ligne droite inimaginable dans un lot aussi relevé, avec des mâles qui l’avaient précédée à Deauville [troisième de la Doha Cup - Prix Manganate - Gr. I PA]. Elle finit devant eux et je suis ravie. Concernant Deauville, je suis un peu déçue car sans les incidents de course, elle aurait gagné ce jour-là. Il est très difficile d’avoir un cheval performant de 3 ans à 6 ans. Nous allons juger de son état de récupération au cours de la semaine prochaine. Notre objectif actuel est la Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown (Gr. I PA) à Abu Dhabi, sponsorisée par Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan. C’est la course la plus richement dotée au monde pour les pur-sang arabes dans la capitale des Émirats Arabes Unis. »

La souche d’Areej, une lauréate de la World Cup pour la même casaque

Gazwan est un fils d’Arc de Ciel (Djendel), cheval de l’année au Qatar lors de la saison 2000-2001. Elle y avait remporté l’Emir’s Sword (Gr. I PA), ce qu’a d’ailleurs fait Gazwan en 2016. Cette jument a produit d’autres bons chevaux pour Al Shahania, comme Rathowan (Amer), deuxième de The President of the UAE Cup - UK Arabian Derby, de la Qatar Arabian World Cup et de l’Emir’s Sword (Grs I PA), mais aussi Iftekhar Asf (Amer), troisième des Hatta International Stakes (Gr. I PA) à Newbury. La deuxième mère de Gazwan, Akie Croix Noire (Tidjani), a produit trois vainqueurs de Groupes I PA, à savoir Arc de Ciel, Asraa Min Albarq (Amer), lauréat des Dubai International Stakes (Gr. I PA), et Areej (Amer), une jument qui a remporté la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA) en 2011, à Longchamp. Cette souche maternelle est celle de Nevada II (Djanor).

   Shabab
  Wafi 
   Sarhah
 Amer  
   Lahoom
  Bushra 
   Rahifa
GAZWAN (M6)   
   Manganate
  Djendel 
   Mandore
 Arc de Ciel  
   Tidjani
  Akie Croix Noire 
   Okie du Cassou

ALBAN DE MIEULLE : « LE SPONSORING A BEAUCOUP FAIT ÉVOLUER LES COURSES DE PUR-SANG ARABES »

À l'occasion de la dixième édition de la Qatar Arabian World Cup (Gr. I PA), nous avons posé trois questions à Alban de Mieulle, un coup d'œil dans le rétroviseur.

The French Purebred Arabian. – Quel changement la création de la Qatar Arabian World Cup a-t-elle opéré dans le paysage du pur-sang arabe ?

Alban de Mieulle. – Avant sa création, les objectifs de notre saison européenne se situaient à Newbury l’été, puis en Turquie au mois de septembre. À présent, les rendez-vous majeurs sont la course de Goodwood, au mois d’août, puis la Qatar Arabian World Cup. C’est en fait le sponsoring qui a beaucoup fait évoluer les courses d’arabes, qui se sont retrouvées à l’affiche dans les meetings les plus prestigieux. La qualité des chevaux n’a pas changé : même avant la création de la Qatar Arabian World Cup, nous avions d’excellents pur-sang arabes. Mais les courses d’arabes étaient beaucoup moins médiatisées.

Avez-vous l’impression qu’elles sont désormais mieux considérées ?

Le grand public a appris à connaître ces chevaux, dont le look séduit manifestement les spectateurs. La perception des professionnels a aussi évolué. De nombreux propriétaires qataris ont commencé à investir dans les courses avec des pur-sang arabes, avant de passer aux pur-sang anglais. Les professionnels ont compris qu’il ne fallait pas négliger cette clientèle !

Cette course a-t-elle aussi fait évoluer le commerce de chevaux arabes ?

Elle l’a fait évoluer dans le sens où de plus en plus de propriétaires qataris laissent des chevaux à l’entraînement en France dans le but de courir en Europe. Le problème est que le programme des courses françaises n’a pas suivi cette évolution. Auparavant, les chevaux étaient vendus après avoir gagné leur maiden à 3 ans. Désormais, il y a un manque de courses destinées aux chevaux d’âge intermédiaire. Faut-il créer des handicaps ? Cela peut être une solution. Je pense en tout cas qu’il y a un réservoir suffisant de chevaux arabes en France pour remplir ces courses. Il serait également nécessaire de refondre le programme int