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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Stéphane Wattel : « Sacred Life, peut-être mon premier vrai bon cheval ! »

Courses / 11.10.2017

Stéphane Wattel : « Sacred Life, peut-être mon premier vrai bon cheval ! »

Le 2ans Sacred Life (Siyouni), impressionnant lauréat du Prix Thomas Bryon (Gr3), fait partie des rares français engagés dans le Critérium International (Gr1), le 29 octobre à Saint-Cloud. Son entraîneur, Stéphane Wattel, le dit sans détour : « C’est peut-être le premier vrai bon cheval que je touche ! » Après avoir assisté au facile succès de City Light XX (Siyouni), autre représentant de Jean-Louis Bouchard, ce mercredi à Chantilly, il s’est confié.

Jour de Galop. – Sacred Life a débuté au début du mois d’août à Saint-Malo. Pourquoi ne pas l’avoir débuté à Deauville ?

Stéphane Wattel. – Sacred Life n’était pas encore arrivé à maturité, et je voulais lui éviter une tâche trop dure, connaissant le degré de préparation et la qualité des poulains qui débutent au mois d’août à Deauville. Par rapport aux autres fils de Siyouni que j’ai entraînés, comme City Light par exemple, il n’était pas non plus spécialement démonstratif le matin. Mais à Saint-Malo, il avait montré un changement de vitesse peu habituel.

À partir de quand avez-vous compris que vous aviez un 2ans qui sortait vraiment de l’ordinaire ?

Lors de sa deuxième course, à Deauville. Certes, il n’y avait que quatre partants mais le poulain l’avait fait avec la manière. Et Louis d’Or, qu’il avait devancé de cinq longueurs, s’est révélé un vrai cheval de course… Sacred Life avait aussi embelli au fur et à mesure de son travail… Il a confirmé dans le Prix Thomas Bryon. L’émotion que j’ai ressentie ce jour-là était moins liée au plaisir de la victoire qu’aux espoirs qu’elle a suscités. La finalité de notre métier, c’est d’entraîneur ce genre de chevaux, capables de gagner un Gr1.

Logiquement, vous l’avez engagé dans le Critérium International…

Il y a vingt-cinq jours entre les deux courses. Ce n’est pas énorme, et le compte à rebours est enclenché. Si le poulain reste bien, il courra. La seule chose qui le gênerait serait un terrain trop rapide, mais je doute que ce soit le cas fin octobre à Saint-Cloud. Je pense qu’à l’avenir, il sera plus efficace sur plus long.

Comment votre collaboration avec Jean-Louis Bouchard a-t-elle débuté ?

Elle a commencé avec City Light, que vous venez de voir gagner. Jean-Louis Bouchard, par l’intermédiaire de son courtier Gérard Larrieu, en avait acheté la moitié à son éleveur, John Corbani, avec qui je travaille depuis des années. City Light avait fait impression en gagnant pour ses débuts à Saint-Cloud. Cela les a certainement mis en confiance, et j’ai eu le plaisir, en fin d’année passée, de recevoir trois yearlings. Le premier, c’est Sacred Life, le deuxième, Infernal Majesty, un autre fils de Siyouni qui s’est placé pour ses deux premières sorties et que j’aime beaucoup, et le dernier est un frère de Mille et Mille, par Intello, qui n’a pas encore débuté.

Comment qualifieriez-vous votre clientèle ?

J’ai une clientèle diversifiée, avec beaucoup de propriétaires qui ont un, deux ou trois chevaux. J’ai la chance de travailler avec des éleveurs, comme le haras de la Pérelle, Chryss O’Reilly, John Corbani, qui m’envoient chaque année des yearlings. Les yearlings, c’est l’espoir… Je suis moins actif sur le marché des réclamers que par le passé, mais c’était une bonne école.

Vous êtes installé à Deauville depuis vingt-cinq ans. Vous êtes donc un témoin privilégié de l’évolution du centre d’entraînement…

Je ne fais pas partie des pionniers, mais c’est vrai que je suis là depuis un moment ! J’ai été stagiaire chez Nicolas Madamet, que l’on peut considérer comme le vrai précurseur de ce centre. À l’époque, il avait un apprenti qui s’appelait Yann Barberot… On a fait un petit bout de chemin ensemble ! C’est aussi l’un de mes plaisirs que permet le caractère familial des écuries deauvillaises : former des apprentis et les garder à la maison. Concernant le centre d’entraînement, je dirais qu’il est à une période charnière. Les jeunes ont remplacé les fondateurs, les fils et filles ont remplacé les parents… L’arrivée de Jean-Claude Rouget, qui entraîne ses meilleurs éléments sur place depuis quelques années maintenant, nous a sans doute permis de prendre confiance dans notre outil de travail. On sait qu’on peut entraîner des chevaux de top-niveau sur nos pistes.