TRIBUNE LIBRE - Philip Prévost-Baratte répond à la lettre de Georges Rimaud

Courses / 29.10.2017

TRIBUNE LIBRE - Philip Prévost-Baratte répond à la lettre de Georges Rimaud

« Cette lettre à la prochaine génération m’a donné envie d’apporter un complément d’approche. La réforme des encouragements que je juge nécessaire, voire indispensable, au maintien et à l’évolution des courses de chevaux en France et à sa représentativité à l’étranger a été votée à une large majorité le 19 juin dernier en Conseil d’administration, après un travail de fond sur diverses propositions qui méritaient d’être étudiées dans l’ouverture et le respect des idées de chacun.

Certains professionnels et associations socioprofessionnelles émettent des contestations qui vont à l’encontre de cette réforme. On peut penser qu’ils sont farouchement opposés à toute adaptation qui permettrait aux courses françaises de traverser les difficultés engendrées par un certain conservatisme enseveli dans les méandres de l’économie mondiale avec tout ce que cela implique.

À mes yeux, la question n’est pas le contenu de la réforme, ni le mécontentement exprimé par les professionnels ou les associations qui les représentent. La question de fond est : quel était l’objectif de cette réforme, dans quel contexte, et quelle était l’intention de ceux qui s’y sont attelés ? L’enjeu était de sauver une Institution qui porte des valeurs professionnelles, nourrit des passions et emploie plusieurs milliers de personnes en France.

Le conservatisme a perduré dans le milieu des courses françaises, laissant croire aux acteurs de la filière qu’elles étaient immuables, installant certains dans un pseudo confort basé sur l’illusion de l’acquis à vie. Le rôle d’une institution est de fédérer ses membres, de les rassurer. Une écoute bienveillante et constructive des contestataires permet d’expliquer, d’informer, de former pour apaiser les peurs et les craintes, d’apporter des informations susceptibles de faire évoluer les façons de penser.

Les professionnels ont besoin d’empathie, d’écoute et surtout d’explications leur permettant d’accepter des changements indispensables à la vie, voire la survie de leur profession et de l’Institution dont ils se réfèrent. L’Institution des courses se donnera-t-elle les moyens de communiquer, d’informer, de former, de rassurer ?

Notre rôle est de donner du sens à nos actions, à nos décisions, avec une intention tournée vers l’intérêt collectif. J’aime les chevaux. J’aime mon métier et ceux qui partagent cette passion. Celle-ci me demande de nombreux sacrifices. C’est mon choix de vie. Maintenant, je peux comprendre la plupart des professionnels bousculés par ces changements auxquels ils n’ont pas été préparés. Les plus jeunes de la profession peuvent, quant à eux, manquer de confiance dans une Institution qui ne manifeste pas de considération à leur égard.

L’Institution des courses françaises a un rôle majeur à jouer pour apaiser l’inquiétude et fédérer chacun des acteurs des courses en France, à quelque stade qu’il agisse ou se trouve. »