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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DES P.P. - Hubert Tassin : « Si nous sommes à l’équilibre, pourquoi l’État devrait-il changer la fiscalité ? »

Courses / 13.11.2017

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE DES P.P. - Hubert Tassin : « Si nous sommes à l’équilibre, pourquoi l’État devrait-il changer la fiscalité ? »

 

Ce dimanche, en préambule à la réunion hippique, Auteuil accueillait l’Assemblée générale annuelle de l’association P.P. - Province Paris pour le Galop français. L’Assemblée a honoré la mémoire d’Emmanuel Tassin par une minute d’applaudissements. Un débat sur la fiscalité du propriétaire et un tirage au sort de saillies ont clôturé la matinée.

Président de l’association P.P. et administrateur de France Galop, Hubert Tassin a déclaré : « Notre rôle chez France Galop ne consiste pas à écouter une fois par mois la liste des décisions prise par les autres. Lors de la présidence Boussac, aucune décision n’avait été prise sans l’unanimité. Parfois, six mois ont été nécessaires, mais il voulait l’unanimité. Lors des mandatures de Jean-Luc Lagardère, seules deux décisions ont été prises sans faire l’unanimité (…) Toutes les voix du Conseil d'administration doivent être écoutées et entendues (…) On nous demande d’être solidaires de l’action de France Galop, mais cela ne doit pas nous empêcher d’exprimer notre avis. Par exemple, nous ne voulions pas ce nouveau Longchamp-là et pas à ce moment-là. Nous devons à présent gérer les conséquences de ce choix en administrateurs responsables. »

Des économies insuffisantes. « Contrairement à celui du trot, le Conseil d'administration de France Galop a fait le choix de baisser de 25 millions d’euros les encouragements. Le président de France Galop et son directeur général ont estimé qu’il fallait essayer de décrocher des bons points et de se remettre à zéro dans l’objectif de négocier avec l’État. Si nous sommes à l’équilibre, pourquoi l’État devrait-il changer la fiscalité ? Les trotteurs ont d’ailleurs choisi l’option d’être déficitaires au moment de la négociation. Les économies structurelles sont largement insuffisantes. Si elles l’avaient été, il y aurait eu grève et ce n’est pas le cas. On peut néanmoins espérer une augmentation d'entre 7 et 10 % des retours du PMU dans les deux ans, ce qui est beaucoup pour une société qui s’adresse au grand public. »

Une situation très tendue. « Nous avons tenté d’argumenter au sein des instances et vis-à-vis des pouvoirs publics. Dans ce cadre, nous avons subi des attaques d’une rare violence. De notre côté, nous sommes fermes mais nous n’avons jamais versé dans les mises en causes personnelles. Je ne vous cache pas qu’à la suite du Conseil d'administration de septembre, j’ai songé à démissionner. Je considérais que la rupture des équilibres du galop était mortifère. Le plan fut approuvé par dix voix contre deux [celles d’Hubert Tassin et de Jean d’Indy, ndlr]. Finalement le Comité de l’association P.P. et plusieurs soutiens m’ont convaincu de continuer. Mon retrait aurait fait disparaître notre voix dans le débat. Finalement, l’amendement du plan d’économies prouve qu’elle a été entendue. »

Des efforts inégalement répartis. « On a voulu profiter de la situation actuelle, qui est difficile, pour régler le cas du système du Galop français et se débarrasser des petits propriétaires, au profit du commerce à tout prix. C’était un plan d’une violence totale. Devant la difficulté, les structures administratives ont choisi de préserver leur modèle et de changer celui de ceux font vivre la filière. Les administrations cherchent par nature à survivre. Je pense au contraire que c’est au modèle des administratifs de changer. Dans un contexte difficile, il faut serrer les rangs et préserver les plus faibles. En 1996, par souci d’égalité, on avait choisi de faire une baisse des allocations répartie de manière homogène sur toutes les catégories. Cette égalité avait permis de créer les bases saines du retour à la croissance. Or, le plan initialement proposé en 2017 faisait subir un effort de 21 millions (sur un total de 25) aux propriétaires de chevaux entraînés en France. »

Ne pas accentuer le déséquilibre en défaveur de l'obstacle. Jean d’Indy, président du Conseil de l’obstacle et membre du comité des P.P., a ensuite pris la parole : « Le monde de l’obstacle est uni. Nous avons demandé à toutes les catégories de faire des efforts. Il faut faire évoluer le programme, sans le révolutionner, pour ne pas perdre les gens. La question des handicaps génère un certain nombre de débats. Il faut reconnaître leurs bénéfices sur le plan de la recette. En France, leur nombre a un peu augmenté, pour atteindre 10 % du programme, ce qui reste très raisonnable. En Angleterre, ils représentent environ 60 % des courses, ce qui, dès lors, pose un certain nombre de problèmes. (…) Nous soutenons un travail de réflexion sur la rénovation d’Auteuil qui ne doit pas souffrir de la comparaison avec le nouveau Longchamp. (…) Il ne faut pas cacher les inquiétudes qui existent dans la filière obstacle. Une étude menée par un cabinet extérieur prouve qu’elle génère moins d’enjeux. Dès lors, on a tendance à déplacer l’obstacle vers des dates et horaires moins favorables pour privilégier la recette générale, dans le cadre du respect de l’équilibre "deux tiers un tiers". Néanmoins, cette tendance ne doit pas s’accentuer car cela ferait porter un risque sur la pérennité de cet équilibre. »