Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

JAPAN CUP 2017 - Dans un autre monde

Courses - International / 25.11.2017

JAPAN CUP 2017 - Dans un autre monde

JAPAN CUP 2017

Dans un autre monde

La Japan Cup en direct sur Equidia. À partir de 7 h 15 (heure française) ce dimanche, Equidia Live diffuse en direct la Japan Cup 2017.

Samedi, l’hippodrome de Tokyo lançait son week-end de la Japan Cup, en association avec Longines. Un échauffement en quelque sorte, avant le grand jour. L’occasion pour nous de découvrir l’hippodrome, tous les rituels des courses japonaises et la ferveur d’un public passionné de courses, c’est-à-dire du pari, des chevaux et des jockeys.

Anne-Louise Échevin, journaliste à Jour de Galop, s’est immergée dans la préparation de l’édition 2017 de la Japan Cup. Sur place, au cœur de cet événement hippique majeur, elle nous livre chaque jour les dernières nouvelles de cet incontournable du calendrier international.

À bicyclette ! L’hippodrome de Tokyo est à l’image de la ville : immense. Pour aller d’un bout à l’autre ou en explorer tous les étages, mieux vaut avoir de bonnes chaussures… ou un vélo ! Tokyo a une disposition particulière. Les écuries se trouvent à l’opposé du rond de présentation. Elles ne se trouvent même pas dans l’hippodrome, mais en face, de l’autre côté de la route ! Pas question de traverser avec les chevaux. Tokyo cache donc un grand réseau souterrain qui permet d’aller du rond à la piste, des balances au rond du gagnant. Et des balances aux écuries, mais cela représente une petite trotte ! Les entraîneurs qui doivent aller seller leurs chevaux disposent donc d’une autre option : le vélo. Juste en face de la salle des balances, à l’entrée du rond, ils trouvent un local avec des bicyclettes. Ils mettent la selle dans le panier et hop, c’est parti !

Aimer, c’est admirer. Nous connaissons tous le rituel du rond de présentation et il varie plus ou moins dans les différents pays du monde. Au Japon, le rond ne reste vide pas plus d’une dizaine de minutes entre chaque course. À peine les concurrents d’une épreuve sont partis en piste que ceux de la course suivante arrivent. Et ils tournent, pendant près de trente minutes.

C’est un rituel. Lorsqu’un employé de l’hippodrome en donne l’ordre, les chevaux cessent de tourner et sont arrêtés au centre du rond de présentation. Les jockeys ont été appelés. Avant de rejoindre leurs chevaux, ils se mettent sur une même ligne et s’inclinent pour saluer. Ensuite, c’est à chacun son style : certains rejoignent leurs chevaux en courant, d’autres y vont d’un pas tranquille. Deux "poneys" quittent le rond en premier et les chevaux suivent jusqu’à la piste, faisant un petit défilé avant de partir au canter… Même les inédits ! Et ces derniers sont fort sages : dans une course d’inédits de quatorze partants, il aura fallu à peine une minute pour rentrer tout ce petit monde dans les stalles. Pour une course de chevaux plus expérimentés… Bien moins de 30 secondes !

Le rond des vainqueurs, un autre cérémonial. Il y a des rituels et des passages obligés sur chacun des hippodromes du monde, mais il y a quelque chose de très particulier sur celui de Tokyo et, certainement, sur la plupart des hippodromes japonais. Le rond des vainqueurs en est un bon exemple. Chaque cheval s’y rend, même si la cérémonie a lieu sur la piste pour les grandes courses. Le trajet n’est pas linéaire : après une course, les cinq premiers se retrouvent en face des balances, situées à l’entrée du souterrain du rond de présentation. Les chevaux y sont dessellés et le gagnant repart en direction de la piste pour rejoindre le rond des gagnants. Son jockey le rejoint après la pesée. Il y a d’abord une photo du cheval et du jockey, lequel tient le tapis de selle, puis le reste de l’entourage du cheval vient les rejoindre pour de nouvelles photos. Le jockey, s’il a le temps, peut ensuite répondre aux sollicitations du public et signer des autographes. Quant à l’entourage, il repart en compagnie d’une hôtesse… Et en rang deux par deux s’il vous plaît !

Bien plus qu’un échauffement. Il y avait des épreuves de bon niveau au programme de ce samedi, mais pas de courses de Groupe. Pourtant, ils étaient déjà près de 35.000 à avoir effectué le déplacement sur l’hippodrome et, déjà, la ferveur se ressentait : il y avait du bruit à chacune des lignes droites. Le long du rond de présentation, les fans avaient disposé des bannières pour soutenir leur jockey préféré. Elles ont été enlevées après les courses. Dimanche, les fans reviendront, avec de nombreuses nouvelles banderoles. Un employé de l’hippodrome leur indiquera où ils pourront les déposer : premiers arrivés, premiers servis ! Et certains d’entre eux passeront la nuit devant l’hippodrome, pour avoir les meilleures places le lendemain pour la Japan Cup. Précision : il fera moins de cinq degrés cette nuit à Tokyo.

La journée Moore. Ryan Moore avait droit à deux banderoles le long du rond et il n’a pas déçu ses nombreux fans. Ce samedi fut le "Ryan Moore show" : douze courses au programme, six victoires du jockey irlandais ! Applaudi par la foule, Ryan Moore s’est prêté à une séance d’autographes et a adressé des saluts timides aux spectateurs. Même au Japon, Ryan Moore reste Ryan Moore !

Un hippodrome où tout le monde peut trouver ce qu’il cherche. Avec 35.000 personnes, on pouvait circuler facilement ce samedi à l’hippodrome, ce qui ne sera pas le cas ce dimanche, avec plus de 100.000 personnes attendues. L’occasion était idéale pour partir à sa découverte et force est de constater que chacun peut y trouver ce qu’il désire. Parier ? Les halls immenses proposent une multitude de machines. Pouvoir suivre l’ensemble du spectacle des courses sans trop s’éloigner de son siège ? Il y a une multitude de balcons qui permettent de voir toute l’action autour du rond de présentation. Se restaurer ? Le choix est large et pour tous les goûts. Acheter un souvenir ? Il y a le Turfy Shop et ses multitudes d’articles. Occuper les enfants ? Tout un espace de jeux leur est dédié, avec château gonflable ou encore petit train. Voir ce qu’il se passe dans la salle des balances, pourtant "sous-terraine" ? Des baies vitrées permettent au public de suivre l’action et de voir passer les chevaux se rendant en piste ou revenant aux balances.

Ceux qui ne veulent pas bouger de leur siège peuvent y rester toute la journée, grâce aux écrans géants de l’hippodrome — et par géants, nous voulons vraiment dire géants ! — sur lesquels passent les courses en simulcasting (Kyoto ce samedi). Mais ils diffusent aussi des courses références, les cotes, les chevaux au rond, et, en vue de la Japan Cup, les travaux de tous les chevaux qui vont courir le Gr1, ainsi que les interviews de leur entourage. Attention, pas de son, mais les sous-titres. Les cours de japonais s’imposent vraiment…

Vivement dimanche ! Cette première journée de courses a été bien plus qu’une mise en bouche. Il est déjà possible de ressentir la passion du public pour tout ce qui fait les courses. Cette fascination des Japonais pour le sport hippique est certainement unique au monde. Dimanche, pour la Japan Cup, ils seront nombreux à encourager Kitasan Black (Black Tide) le cheval le plus populaire actuellement au Japon. Imaginez des centaines, voire des milliers de personnes en train de camper devant les portes de l’hippodrome et qui seront dans les starting-blocks avant l’ouverture des portes… Imaginez plus de 100.000 personnes tapant leur programme dans les mains avant le Gr1, ou tapant du pied. Les tribunes de Tokyo vont trembler, les cœurs vont vibrer. Oui, vivement dimanche !