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Jour de Galop

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Phantom Breeze, une histoire mouvementée, d’Auteuil à Tokyo, de Leopardstown à Bordeaux

Courses / 25.11.2017

Phantom Breeze, une histoire mouvementée, d’Auteuil à Tokyo, de Leopardstown à Bordeaux

Phantom Breeze, une histoire mouvementée, d’Auteuil à Tokyo, de Leopardstown à Bordeaux

Ce dimanche, Tokyo accueille la Japan Cup, alors que Milord Thomas (Kapgarde) sera l’un des favoris du Prix Georges Courtois (Gr2). Samedi, Tiesto d'Authie (Cachet Noir) a gagné sa deuxième Listed sur les obstacles de Bordeaux… Le lien entre ces trois courses ? Un cheval de petite taille nommé Phantom Breeze (Vision) !

Il s’affirme en tant que père de mère. En l’espace de quinze jours, son petit-fils Tiesto d'Authie (Cachet Noir et une mère par Phantom Breeze) a remporté le Grand Steeple-Chase de Bordeaux — Balneothérapie Équine de Malleret (L), par quinze longueurs. Le pensionnaire de Guy Cherel s’était précédemment imposé dans le Prix Gaston Després (L) à Angers, avec la même marge. Toujours en tant que père de mère, Phantom Breeze s’est récemment distingué grâce à Docteur de Ballon (Doctor Dino) qui a survolé le Prix Général Donnio (L), de dix-huit longueurs, le 12 novembre à Auteuil. Phantom Breeze avait précédemment donné les mères de Milord Thomas (Kapagarde), lauréat du Grand Steeple-Chase de Paris, du Prix La Haye Jousselin (trois fois) et du Prix Maurice Gillois (Grs1), de Pythagore (Kahyasi), gagnant de vingt courses dont le Prix Georges Courtois (Gr2), de Pibrac (Spadoun), lauréat du Prix des Drags (Gr2), de Grand Crus (Dom Alco), gagnant du Feltham Novices' Chase (Gr1) et deuxième du World Hurdle (Gr1) à cinq longueurs de l’intouchable Big Buck's (Cadoudal)…

Un globe-trotteur. Invaincu en deux sorties à 2ans, dont les Futurity Stakes en terrain collant (Gr3 à l’époque), ce petit-fils de Nijinsky (comme Cadoudal) a réalisé son fait d’armes l’année suivante à Leopardstown. Il a en effet remporté les Derrinstown Stud Derby Trial Stakes (Gr2, 2.400m), une épreuve qui a vu passer beaucoup de futurs très bons chevaux (Sadler's Wells, Sinndar, Galileo, High Chaparral, Dylan Thomas, Yeats…). Il a aussi tenté sa chance dans le Derby d’Irlande (4e) et dans le St Leger (6e). À 4 et 5ans, Phantom Breeze a gagné trois Groupes aux États-Unis, de 2.000 à 2.400m et il a même pris part à l’édition 1990 de la Japan Cup. Sous la férule de Dermot Weld, il s’était classé 14e de la grande épreuve japonaise qui était revenue cette année-là à l’australien Better Loosen Up (Loosen Up).

Northern Dancer

Nijinsky

Flaming Page

Vision

Round Table

Foreseer

Regal Gleam

PHANTOM BREEZE (1986)

Tom Rolfe

Run the Gantlet

First Feather

Ask the Wind

Exbury

Arburie

Ardelle

Le sang de Run the Gantlet. La mère de Phantom Breeze était une fille de Run the Gantlet (Champion Turf Horse en 1971 aux États-Unis) qui a produit des chevaux de tenue comme April Run (3e de l’Arc et de la Japan Cup), Swiftfoot (Oaks d’Irlande), Commanche Run (St Leger) et Ardross (Ascot Gold Cup, deux fois, Prix Royal-Oak). Ce dernier a pérennisé la présence du sang de Run the Gantlet dans l’élevage de sauteurs outre-Manche. Il a en effet donné Anzum (Ryanair World Hurdle, Champion Stayers Hurdle & Long Walk Hurdle, Grs1) et Alderbrook (Champion Hurdle, Gr1). Ardross est aussi le père de mère de Thistlecrack (cinq Grs1 sur les obstacles). Son fils Karinga Bay (Ardross) fut tête de liste des pères de steeple-chasers lors du festival de Cheltenham 2015, avec notamment Coneygree (Cheltenham Gold Cup, Gr1).

Pas facile de s’imposer sur le marché de l’Obstacle. La vie d’un père de sauteurs n’est pas un long fleuve tranquille, c’est un long processus dont l’issue est incertaine. Celle de Phantom Breeze en est un bon exemple. Entré au haras en Normandie en 1993, à l’âge de 7ans, il a sailli quarante-trois juments en première saison. Dès sa deuxième production, il a donné Le Coudray (Prix Renaud du Vivier et Alain du Breil, Grs1), qui a relancé sa carrière. Malheureusement, sa popularité a ensuite connu des hauts et des bas (notamment deux saisons avec cinq naissances seulement) et l’étalon a changé plusieurs fois de lieu de monte. Le courtier Guy Petit, qui a assuré la promotion du cheval lors de ses premières saisons de monte, nous a expliqué : « C’est un sujet que j’avais racheté aux États-Unis dans l’objectif d’en faire un étalon d’Obstacle. Son pedigree nous paraissait intéressant et il a plutôt bien produit, en sachant qu’il a eu accès à une jumenterie relativement modeste tout au long de sa carrière. C’était un bon cheval de course, très solide, avec de la tenue et la capacité de durer. C’est ce qu’il a transmis à sa progéniture. C’était un tout petit cheval qui toisait environ 1m60, mais il était capable d’aller dans tous les terrains. Après un bon début au haras, le syndicat s’était un peu séparé, il avait été moins soutenu. »