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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Le point de vue d’un parieur passionné sur la situation des enjeux PMU

Autres informations / 25.11.2017

Le point de vue d’un parieur passionné sur la situation des enjeux PMU

Le point de vue d’un parieur passionné sur la situation des enjeux PMU

Jérôme Aubry, passionné de galop et parieur depuis plus de vingt ans, nous a contactés il y a quelques jours pour nous livrer son sentiment sur la crise du pari hippique en France. Voici son point de vue : « Dans les différentes tribunes que j’ai pu lire dans Jour de Galop, je pense qu’il a été trop souvent fait abstraction des parieurs. On se persuade que l’on veut moderniser les courses, avec les EpiqE Series, le Nouveau Longchamp, qui est une aberration selon moi, mais on ne donne pas la parole à la base, c’est-à-dire aux parieurs. Il y a plusieurs choses qui peuvent expliquer que le pari hippique soit en crise. Le fait que le PMU essaye de concurrencer la Française des Jeux n’est pas la solution. Il faut supprimer la notion de hasard qui a fait son apparition avec le numéro plus ou encore le coefficient multiplicateur. Les courses sont devenues une loterie et ce n’est pas le but. Je pense que cela peut expliquer en partie la chute des enjeux au Quinté Plus. Mais il y a aussi le fait que les bonus ne payent plus, que les taux de retours soient trop faibles… Pour les jeux de combinaison, il faudrait peut-être proposer d’autres courses que des handicaps divisés troisième épreuve à Vivaux. L’erreur est de se dire qu’en ayant des handicaps avec des partants, on fera toujours du jeu. Cette dépendance au handicap n’est pas bonne. Quand on voit une réunion de Marseille avec sept courses, cinq handicaps, un réclamer et un Maiden de quatre partants, ce n’est pas possible… Proposer aussi des courses à l’autre bout du monde avec quatorze partants et se dire que ça va fonctionner est aussi une erreur. Il y a moins d’enjeux, car il y a trop de courses, les parieurs perdent plus souvent qu’avant. Nous n’avons même pas le temps d’avoir le rapport de la course précédente, de toucher nos gains, que la course d’après est déjà partie. Parfois, il y a seulement cinq ou six minutes pour voir les chevaux, parfois ils sont même en piste. Au début, j’ai joué au Simple Jackpot, car je suis plutôt un joueur de jeux simples. Mais je gagnais moins que ma mise ! Je me retrouvais le plus souvent avec des x1… Il faut aussi penser aux parieurs qui ont été oubliés, ceux qui misent de fortes sommes en jeu simple. J’ai des amis qui étaient capables de mettre 50.000 €, mais ne le font plus, car ils sont lassés. Ce sont ces joueurs-là qui misent le plus. Il faut repenser le jeu simple. Je pense que les plus gros joueurs en France sont des joueurs de jeu simple. Dans mon cas, ce sont les courses de sélection qui m’intéressent, mais quand on voit le peu de partants qu’il y a, on se demande où sont les chevaux. Et ça n’incite pas à jouer. Le nombre de personnes sur les hippodromes est aussi à la peine. Ils sont vides en semaine. Il faudrait que les gens gagnent plus et ne se disent pas qu’en allant sur l’hippodrome, ils vont perdre de l’argent. Car dans ce cas, ils ne viendront pas. On peut aussi s’interroger sur le pari mutuel, alors que dans le sport, on procède via le pari à cote fixe. Proposer ce type de jeu sur des grandes courses serait déjà intéressant. »