Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Une carrière se termine, une autre se prépare pour Édouard Monfort

Autres informations / 04.12.2017

Une carrière se termine, une autre se prépare pour Édouard Monfort

Une carrière se termine, une autre se prépare pour Édouard Monfort

Dimanche, au Mans, Édouard Monfort s’est classé cinquième du Prix Jean de Nicolaÿ. Pas une victoire, mais une course qui restera dans sa mémoire : c’était sa dernière épreuve en tant que gentleman rider. Édouard Monfort raccroche les bottes dans un but bien précis : « Je suis en train de passer ma licence d’entraîneur. Les examens ont lieu le 22 décembre prochain. Je suis déclaré comme travaillant dans les chevaux depuis deux ans, donc je ne pouvais pas rester amateur, sachant que je ne suis pas vraiment assistant entraîneur. J’ai exposé mon projet à France Galop à l’époque et ils ont bien voulu me laisser ma licence d’amateur pendant deux ans. J’ai voulu respecter les règles et j’arrête de monter. J’ai eu le temps de me préparer, mais cela fait évidemment un pincement au cœur. »

Pour l’instant, il faut étudier ! Édouard Monfort doit encore valider sa licence d’entraîneur et ne prévoit pas de s’installer comme entraîneur dans les prochaines semaines : « Nous aurons les résultats des examens à la mi-janvier environ. Je travaille actuellement chez Jean-Claude Rouget et je compte rester encore quelques mois chez lui pour continuer à apprendre, à me faire connaître et à nouer des contacts. L’an dernier, j’ai travaillé chez André Fabre. L’idée est de démarrer sur de bonnes bases. Je suis allé chez des entraîneurs de plat donc je pense m’axer plutôt vers cette discipline, mais je ne refuserais pas d’avoir quelques chevaux d’obstacle si l’occasion se présentait. Il faudra travailler et faire ses preuves : les résultats amènent les résultats. J’aimerais m’installer fin 2018 ou début 2019. L’endroit est encore à déterminer, mais ce sera dans l’Ouest. »

Une grande carrière. Édouard Monfort aura remporté 130 courses dans sa carrière, dont deux à l’étranger. Il aura aussi été sacré champion du monde Fegentri. « J’ai aussi partagé une Cravache d’or avec Florent Guy. Parmi les victoires marquantes, il y a celles à Auteuil, notamment lors de la journée du Grand Steeple-Chase de Paris. Il y a celles pour mes parents, pour mes amis comme Gabriel Leenders… Je suis originaire de l’Ouest donc mon coup de deux à Craon a aussi été un grand moment. Il y a l’époque Fegentri et ma victoire dans le Grand National de Suède, en marge d’une épreuve de la Fegentri. Ce sont de très bons souvenirs. »

Lorsqu’on lui demande quelle discipline il a préféré, entre le plat et l’obstacle, Édouard Monfort répond : « Mon père faisait du plat donc j’étais plutôt orienté plat. Mais en voyant les autres monter en obstacle, j’ai eu envie d’essayer et je m’en suis donné les moyens, allant sauter les chevaux le matin. J’ai monté une première fois à Auteuil, puis j’ai gagné et j’ai eu envie de recommencer. Je trouve que gagner en obstacle est encore un peu plus gratifiant qu’en plat. »

Du travail et de la chance. Chanceux est l’adjectif qui revient à Édouard Monfort pour parler de sa carrière : « J’ai eu de la chance. J’avais la confiance de mes parents. J’ai eu des résultats et j’ai eu la chance de pouvoir monter pour de grandes casaques. J’ai ma licence d’amateur depuis que j’ai seize ans. J’avais décidé de prolonger mes études et j’ai fait une école d’ingénieur, puis j’ai travaillé pendant trois ans chez Séché Environnement. Mais j’ai toujours eu cette idée, au fond de ma tête, d’être impliqué dans les courses. Je baigne dans ce milieu depuis que je suis tout petit. Tout tournait autour des courses pour moi, j’attendais le week-end avec impatience… »

L’amateurisme, un vivier de passionnés. Édouard Monfort aura en tout cas beaucoup appris de sa vie comme gentleman rider : « L’amateurisme, c’est une belle école de la vie. C’est un esprit de compétition et de camaraderie. Depuis que j’ai commencé à monter, j’ai toujours eu de bons amateurs face à moi, avec Florent Guy et Jean-Philippe Boisgontier par exemple, mais d’autres sont arrivés les années suivantes. Il fallait toujours travailler pour être au niveau. Les gentlemen riders peuvent ensuite devenir jockeys, mais de nombreux autres deviennent propriétaires, entraîneurs, commissaires. L’amateurisme permet de créer un vrai vivier de passionnés. »