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Jour de Galop

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Une erreur administrative aux lourdes conséquences

Autres informations / 16.12.2017

Une erreur administrative aux lourdes conséquences

Une erreur administrative aux lourdes conséquences

James Baudouin est la tête du haras de Pont d’Ouilly (14). En 2014, cette structure familiale a intégré Confuchias (Cape Cross) dans sa cour d’étalons. Suite à une erreur administrative, ce reproducteur n’a pas été agréé par le Fonds Européen de l'Élevage. Les frais liés à cette absence d’agrément ont placé l’entreprise de James Baudouin dans une situation délicate. Il nous a expliqué : « Je ne suis pas propriétaire de l’étalon Confuchias. J’étais par contre son étalonnier. Si j’avais su qu’il n’était pas agréé par le Fonds Européen de l'Élevage, je ne l’aurais pas pris. Le courrier pour son agrément n’a pas été envoyé à son propriétaire, mais à moi-même, au haras de Pont d’Ouilly. Or, cette lettre était adressée au haras d’Ouilly qui est situé à quelques kilomètres du mien. Si bien que le courrier n’est jamais arrivé jusqu’à moi. La production de Confuchias ne peut pas prendre part aux courses liées au Fonds Européen de l'Élevage. En fait, en plat, ils sont donc presque impossibles à engager. Les autres éleveurs qui ont utilisé Confuchias se retrouvent dans la même situation que moi. Pour régulariser la situation, il faudrait débourser une somme de l’ordre de 10.000 € par poulain. C’est au-delà de mes capacités financières. Mon rêve et ma passion sont brisés pour une erreur administrative. Si j’avais reçu ce courrier, j’aurais bien sûr réglé les quelques centaines d’euros nécessaires à l’agrément du cheval. Aucune institution et aucun élu n’ont accepté de m’aider à trouver une solution, malgré mes nombreuses sollicitations. À présent, je suis obligé de mettre en vente mes chevaux, mon matériel et le haras qui appartient à ma famille depuis plusieurs générations. De même, je ne suis pas en mesure de régler les factures envoyées par mes fournisseurs et les saillies que j’ai pu acheter dans d’autres haras. J’envisage de mener des actions plus coercitives pour faire réagir l’institution, car je n’ai plus rien à perdre. » James Baudouin craint que cette situation se reproduise à l’avenir avec d’autres étalons : « Il faut que les éleveurs puissent facilement savoir si un étalon est agréé ou non avant de l’utiliser. De même, à l’heure d’internet, il est difficile de comprendre pourquoi aucune vérification n’est faite lorsque l’entourage d’un étalon ne répond pas aux sollicitations pour faire agréer un cheval. »