LE MAGAZINE - 2004, la grande cuvée des juments d’obstacle

Courses / 17.12.2017

LE MAGAZINE - 2004, la grande cuvée des juments d’obstacle

 

Par Christopher Galmiche

Avec Whetstone (Saint des Saints), De Bon Cœur (Vision d’État) et Roxinela (Muhtathir), l’obstacle français dispose actuellement d’une génération de pouliches exceptionnelle. Leur point commun ? Elles sont issues de mères qui appartenaient elles-mêmes à une autre grande génération, celle de 2004…

Les épreuves labellisées Groupe pour les femelles sont relativement récentes. Ce n’est qu’à partir du milieu des années 2000 qu’elles ont commencé à se développer, à l’image des promotions au rang supérieur des Prix Bournosienne, puis Sytaj et Christian de Tredern (Grs3). Auparavant, les femelles étaient constamment obligées de se confronter aux hongres pour décrocher leurs titres de gloire. Et leur présence se faisait plus rare. Le nouveau programme d’obstacle a aidé les pouliches et juments à se faire une place au soleil et nous en récoltons les fruits à présent. Mais en 2008, tout ce programme n’était qu’à l’état embryonnaire et les femelles devaient toujours combattre les mâles et hongres. Cette année-là a été exceptionnelle, en plat, chez les pouliches de 3ans, avec Zarkava XX (Zamindar) ou encore Goldikova (Anabaa), mais elle l’a aussi été en obstacle avec les demoiselles de 4an. Récemment, un fin connaisseur me faisait remarquer combien la génération 2004 des juments d’obstacle était exceptionnelle et il est vrai qu'un peu plus d'une dizaine d'années plus tard, nous constatons la trace laissée par cette promotion de femelles.

Westonne, la vraie matrone. Westonne (Mansonnien) est la poule aux œufs d’or de l’élevage Gabeur. Sous les couleurs de Magalen Bryant et l’entraînement de Guillaume Macaire, elle a remporté ses deux premières sorties à Dieppe et Auteuil avant de conclure deuxième du Prix Sagan (Listed à l’époque). Elle a viré sur le steeple à l’automne de ses 3ans, enlevant ses deux premières sorties dans la discipline. À 4ans, elle a gagné le Prix Fleuret (Gr3), son principal fait d’armes. Au haras, elle a produit trois chevaux d’exception : So French (Poliglote), double lauréat du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), Device (Poliglote), multiple lauréat de Groupe sur les haies, et Whetstone, la meilleure 3ans en 2017. Tous défendent les couleurs Bryant comme Westonne, suite à un gentleman agreement de la propriétaire américaine avec Benoît Gabeur. Petite sœur de So French, Device et Whetstone, Makewish (Kapgarde) a 2ans et elle est à l’entraînement chez Guillaume Macaire. Suit ensuite un yearling nommé Want of a Nail (Kapgarde).

Santa Bamba, ça vous dit quelque chose ? Coélevée par la famille Lair et Franck Champion, Santa Bamba (Saint des Saints) a vu le jour en 2004. Cette belle pouliche noire a gagné d’emblée à Enghien, puis a confirmé son talent à Auteuil, prenant des places dans les Prix Sagan (Listed à l’époque) et d’Iéna (L). Passée sur le steeple à l’automne, elle a terminé deuxième du Prix Congress (Gr2). Et à 4ans, elle a enlevé les Prix Duc d’Anjou (Gr3) et Jean Stern (Gr2). Au haras, elle a donné la reine De Bon Cœur, gagnante de six Groupes, dont les Prix Cambacérès et Renaud du Vivier (Grs1), mais aussi Envoyé Spécial XX (Coastal Path) et Saint Path (Coastal Path), deux vainqueurs. L’aventure continue pour Santa Bamba qui a produit Fondateur (Vision d’État), un 2ans à l’entraînement chez François Nicolle, et Gai Luron (Samum).

La grande dame Eliga. Grande pouliche, avec de l’os, Eliga (Turgeon) a ouvert son palmarès dès sa troisième sortie à Auteuil, à l’automne 2007, finissant même troisième du Prix Bournosienne (Gr3). À 4ans, elle a confirmé en enlevant le Prix André Michel (Gr3) sous l’entraînement Collet. Passée à la reproduction, Eliga est connue pour avoir donné Srelighonn. Le protégé de François Nicolle est, pour le moment, son seul produit à avoir couru, mais il a enlevé le Prix Ferdinand Dufaure (Gr1). Comme sa mère, il est arrivé au top à 4ans, ce qui est logique au vu du physique qu’Eliga transmet. Après Srelighonn, Eliga a produit Srheliga (Martaline), déclarée en sortie provisoire, Le Grand Gae (Great Pretender), une yearling, et Trheliga (Martaline) une foal.

Grivette, petite et énergique. Née elle aussi en 2004, Grivette (Antarctique) a été une formidable jument de course. Précoce, elle a remporté les Prix Sagan (Listed à l’époque) et d’Iéna (L) à 3ans, puis elle a enlevé le Prix Alain du Breil (Gr1) et la Grande Course de Haies d’Enghien (Gr3) face à ses aînés. Et à 5ans, elle a décroché la Grande Course de Haies de Cagnes (L). Irréprochable en compétition, Grivette a donné notamment La Mollière XX (Turgeon), lauréate sur les haies d’Enghien, et Roxinela, gagnante du Prix Bernard Sécly (L). Comme sa mère, Roxinela est capable d’alterner les haies et le steeple avec réussite. Elle appartient à une belle souche développée par Gheorge Codre.

D’autres grandes dames dont le meilleur est à venir… De la génération 2004 ont émergé plusieurs autres grandes pouliches dont on attend encore qu’elles produisent un élément digne de leur talent. Dans cette catégorie, nous pouvons "ranger" l’excellente Queen des Places (Sabrehill), le premier très bon élément de François Nicolle, gagnante du Prix de Chambly (L), deuxième du Prix Ferdinand Dufaure (Gr1) et troisième du Prix Maurice Gillois (Grs1). Elle a donné Émir des Places (Muhtathir) et Chanel des Places (Laverock), qui se sont placés, et Deity des Places (Poliglote), vainqueur d’une course. François Nicolle a aussi dans ses boxes Fidalgo des Places (Muhtathir), le 2ans de Queen des Places. Cette dernière a également un yearling par Doctor Dino nommé Jivago des Places. Nous pouvons ajouter à Queen des Places les noms de Loulia (Cricket Ball), lauréate des Prix La Périchole, Edmond Barrachin (Grs3) et deuxième du Maurice Gillois, qui n’a pas encore donné de gagnant ; La Grande Dame (Daliapour), lauréate du Prix Renaud du Vivier (Gr1), qui est dans le même cas ; la reine de Cagnes, Wutzeline (Waky Nao), qui a un yearling nommé Wutzelino (Dragon Dancer) ; Kruscyna (Ultimately Lucky) – lauréate d’un Prix Bournosienne (Gr3) devant Queen des Places et Eliga –, qui a produit Chacun pour Soi (Policy Maker), exporté en Irlande ; Quecy de Chadzeau (Network), propre sœur du champion Rubi Ball (Network) et lauréate du Grand Steeple-Chase de Craon (L), génitrice de Callia d’Oudairies (Saint des Saints), gagnante du Prix Roger de Minvielle (L) ; Quenta des Bordes (Bateau Rouge), triple lauréate de Listed et multiple placée de Groupe, issue d’une très bonne famille et mère de Quaker (Irish Wells), lauréat d’une course ; et Firmini (Mansonnien), gagnante sur les haies et le steeple d’Auteuil, troisième du Prix d’Iéna et mère du bon Niquos (Poliglote) et de Ferruccio (Sageburg).