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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

L’hiver irlandais d’Alexis Poirier

Courses / 30.01.2018

L’hiver irlandais d’Alexis Poirier

Par Christopher Galmiche

Peu de jockeys d’obstacle s’expatrient durant l’hiver. Et s’ils le font, c’est en Angleterre et en Irlande, là où l’hiver est la saison forte de la discipline. Ainsi, Jacques Ricou s’était rendu chez Willie Mullins entre 2015 et 2016. Premier jockey d’Alain Couétil, Alexis Poirier a emprunté le même chemin de début décembre jusqu’à la fin du mois de janvier, soit à peu près six semaines. Le jeune pilote est revenu avec nous sur son séjour irlandais ponctué de plusieurs montes, dont deux au plus haut niveau.

Jour de Galop. – Comment s’est organisé votre séjour chez Willie Mullins ?

Alexis Poirier. – Je l’avais rencontré lors du week-end du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) 2017 grâce à mon patron, Alain Couétil. Nous avions évoqué la possibilité que je passe quelques semaines chez lui. Je voulais voir autre chose et Willie Mullins était prêt à m’accueillir. J’ai monté quatre fois pour lui, finissant cinquième, troisième d’un Gr2 à Limerick avec les couleurs Ricci, quatrième d’un Gr1 à Leopardstown pendant la période de Noël… J’étais heureux d’avoir pu monter pour Willie Mullins en Irlande, d’autant plus que peu de jockeys français ont pu le faire, hormis Jacques Ricou.

Partir chez Willie Mullins est une chose, mais monter en course en est une autre. Comment vous a-t-il confié plusieurs pensionnaires en course ?

Ruby Walsh étant sur la touche, il y avait aussi plusieurs réunions qui se disputaient en même temps. Il avait besoin de jockeys car il avait beaucoup de partants. Il m’a donc déclaré sur deux chevaux puis tout s’est enchaîiné. Il a eu besoin de pilotes et j’ai eu énormément de chance de monter pour lui. J’y suis resté six semaines, faisant juste deux allers-retours à Pau, notamment lorsque j’ai gagné le Prix Pierre Estrem Rey avec Alti Plano (Nickname).

Quel bilan tirez-vous de ce séjour irlandais ?

C’était une superbe expérience. J’ai pu voir une méthode différente, un travail différent. Il y a aussi beaucoup de très bons chevaux à l’entraînement chez Willie Mullins, notamment d’anciens français, et le niveau est relevé. La mentalité irlandaise est vraiment agréable, tout le monde est accueillant, prêt à rendre service, avec une culture hippique extraordinaire. Tous les matins, nous étions entre quarante-cinq et cinquante à cheval. Les bons chevaux ne changeaient jamais de cavalier. Les deux dernières semaines, j’avais d’ailleurs toujours les mêmes chevaux à monter. En Irlande, en course, c’est aussi toujours le meilleur qui gagne, le cheval le plus dur. Ce qui n’est pas forcément le cas chez nous. Les pistes sont très différentes car cela monte et descend. J’espère pouvoir y retourner dans le futur.

Quels sont vos objectifs pour 2018 ?

En 2017, j’ai fait une très bonne année pour mon patron et j’espère faire au moins aussi bien en 2018 pour Alain Couétil. Mais je ne vais pas faire de plans et plutôt prendre les courses les unes après les autres.