La Route des étalons, une étape incontournable dans le calendrier d’Aux courses les jeunes

Courses / 17.01.2018

La Route des étalons, une étape incontournable dans le calendrier d’Aux courses les jeunes

Alors que les fondateurs transmettent l’association à une nouvelle génération, Aux courses les jeunes se réinvente tout en conservant son attachement aux grandes dates du calendrier hippique, comme la Route des étalons. Plus généralement, cette association, à l’image d’autres initiatives, permet de recruter des passionnés des courses au sein d’un public jeune. De "déringardiser" les courses en quelque sorte…

Solange Gourdain fait partie de l’équipe organisatrice d’Aux courses les jeunes. Elle nous a dit : « Pour la Route des étalons, nous devrions être environ 25. Les trois quarts des participants ne sont pas issus du milieu hippique et beaucoup ne sont jamais allés sur un hippodrome ou dans un haras. De même, une bonne partie est composée de nouveaux venus qui ne connaissaient pas Aux courses les jeunes. Il y a aussi des gens issu du championnat des Grandes écoles. Ce samedi, nous allons commencer par le haras de Montaigu avant d’aller au haras de Montfort & Préaux. Nous avons prévu de déjeuner près de Crèvecœur-en-Auge. L’après-midi, nous irons au haras de Bonneval avant d’aller découvrir le haras de Bouquetot. Enfin nous rejoindrons Deauville pour le cocktail du F.R.B.C. et une soirée. Dimanche, un petit groupe poursuivra les visites, alors que certains rentreront directement chez eux. Précédemment, nous avons organisé une journée à Auteuil et une autre à Vincennes, en compagnie du Club des gentlemen-riders et cavalières de France. »

Créer un réseau de passionnés. Louis Blanchet, autre cheville ouvrière de l’association, nous a confié : « J’aime beaucoup l’idée de pouvoir transmettre et faire connaître les coulisses de la préparation du cheval. Du haras où le poulain est conçu jusqu’au champ de course, il y a une succession d’étapes passionnantes mais méconnues du jeune public. La Route des étalons, au cœur du monde de l’élevage, marque la première étape de cette découverte. Valentin Adam, Solande Gourdain, Jean de La Guillonnière et moi-même vivons dans quatre localités différentes. C’est une chance car nous avons tous nos propres réseaux, en particulier dans le milieu étudiant, qui ne se chevauchent pas au moment où nous communiquons. Pour cela, les réseaux sociaux sont très pratiques. De même, le bouche à oreille a son importance et nous avons la chance de voir nos actions relayées par les médias spécialisés. Il faut aussi souligner qu’à l’intérieur du monde des courses, les acteurs ne se connaissent pas tous. Par exemple, les professionnels de Chantilly ne sont pas forcément proches de ceux de l’Ouest. Parmi les membres d’Aux courses les jeunes, certains souhaitent travailler un jour dans la filière hippique et cette association leur permet aussi de créer des liens, dans un cadre convivial, avec des jeunes qu’ils n’auraient pas forcément pu rencontrer par ailleurs. On peut imaginer qu’un réseau de jeunes passionnés, à cheval entre les courses et l’élevage, pourrait voir le jour avec le temps. »

Des soutiens et des projets. L’action de l’association repose beaucoup sur la vitalité de ses membres. Elle compte néanmoins plusieurs soutiens dans la filière. Solange Gourdain et Louis Blanchet ont précisé : « Nous avons la chance d’être soutenus, de différente manière, pas des acteurs du monde des courses. Il y a Arqana bien sûr, mais également le Club des gentlemen-riders et cavalières de France, Au-delà des pistes, le F.R.B.C. et des professionnels à titre individuel. Nous avons plusieurs projets à l’étude. Par exemple, au mois de février, nous envisageons d’aller visiter le centre de Chantilly et l’école des courses avec des groupes de jeunes de banlieue, en lien avec une association caritative. De même, nous souhaiterions organiser des journées de découverte des courses dans l’Ouest et le Sud-Ouest… Dans chaque cas, l’objectif sera d’aller à la rencontre d’entraîneurs et de préentraîneurs avant de se retrouver pour une soirée. Enfin, nous voulons également planifier des journées de découverte du monde du trot, des belles courses au galop et des ventes aux enchères. Par exemple, nous étudions la faisabilité d’un événement dans le cadre de la Dubai World Cup, du Prix de Diane, de la réouverture de Longchamp... Au final, il pourrait y avoir un rendez-vous mensuel ou bimestriel, pour découvrir toute la diversité de la filière. À l’avenir, nous aimerions nous rapprocher de la commission "éleveurs d’aujourd’hui" de la Fédération des éleveurs. D’ailleurs, lors de cette Route des étalons, nous avons prévus de nous rencontrer. Nos actions sont complémentaires.  »

Un changement de génération. Alban Oré fait partie du groupe qui a animé la première partie de l’aventure Aux courses les jeunes. Quelques mois après avoir transmis le flambeau, il revient sur cette expérience : « La majorité des animateurs de l’association sont partis vers d’autres horizons, beaucoup ayant fait le choix de poursuivre leurs études à l’étranger. Marie Rohaut, William Rimaud, Félix Lepeudry, Grégoire d'Ablon et moi-même avons donc passé la main à l’automne 2017. La nouvelle équipe d’Aux courses les jeunes est composée de Valentin Adam, Solange Gourdain, Louis Blanchet et Jean de La Guillonnière. Ils ont pris leur envol et d’ailleurs, la Route des étalons sera le premier événement qu’ils vont organiser sans notre aide. Leur projet s’est nourri de notre expérience. L’an dernier, cet événement fut l’occasion pour beaucoup de découvrir des haras qui ont fait l’histoire des courses françaises. Souvent, la découverte n’est pas qu’hippique, elle est également architecturale. Nous avons été très bien accueillis et les responsables de ces haras ont su faire preuve de pédagogie. Par exemple, Mathieu Alex et Sylvain Vidal nous avaient consacré beaucoup de temps. »

Un bilan positif. Concernant les deux dernières années, Alban Oré précise : « L’association Aux courses les jeunes a été créée en 2015 et j’ai rejoint l’équipe dès le deuxième événement. De mon point de vue, le bilan est assez satisfaisant. Notre base de données compte près de 1.500 contacts et nous avons effectivement pu toucher plusieurs centaines de personnes au fil des rendez-vous hippiques. Il y a une réelle diversité au sein des personnes qui ont joué le jeu. On trouve des néophytes mais également des jeunes qui s’intéressent aux courses hippiques mais dont l’absence de contacts dans le milieu constituait un frein. Au final, il y a beaucoup d’histoires de rencontres et les liens créés cristallisent l’intérêt pour le sport hippique qui peut ensuite s’installer. Quand certaines personnes, après un premier événement, vous sollicitent pour savoir quelle sera la prochaine activité… c’est très stimulant. Il faut également souligner que nous avons toujours été très bien reçus par les professionnels et acteurs de la filière. Nous avons ainsi eu la chance de pouvoir aller à la rencontre d’entraîneurs, de préentraîneurs, d’éleveurs… Je crois pouvoir dire que le bilan est globalement positif, mais le champ des possibles est encore très ouvert. »

Un public hétérogène. Tous les jeunes n’ont pas les mêmes connaissances hippiques et les mêmes motivations. Alban Oré explique : « Dès le départ, la communication a été orientée vers les associations d’étudiants. Ce fut l’occasion de toucher des étudiants qui n’avaient aucun contact avec les courses hippiques, d’autres avaient un lien relativement lointain et enfin certains étaient surtout attirés par les chevaux. Les événements en région parisienne, pour aller aux courses par exemple, rassemblaient donc une grande diversité de profils. Sur une action plus pointue, comme la Route des étalons, où il faut être capable de consacrer un week-end, le taux de réponse à nos propositions est logiquement plus faible. Le format des afterworks aux courses, plus limité dans le temps et à proximité de Paris, séduit plus facilement les jeunes. »

La commission "éleveurs d‘aujourd’hui" veut accompagner les professionnels de demain.

Adrien Rambaud est à la tête de la commission "éleveurs d‘aujourd’hui" au sein de la Fédération des éleveurs du galop. Cette entité, connue par le passé sous le nom de "commission jeunes éleveurs", souhaite accompagner les personnes en voie de professionnalisation. Son action est donc complémentaire de celle d’Aux courses les jeunes qui a une ambition pédagogique et à destination du grand public. La commission "éleveurs d‘aujourd’hui" va s’orienter vers un groupe de réflexion et d’échange de bonnes pratiques. Adrien Rambaud nous a confié : « Nous souhaitons apporter une aide aux personnes en cours d’installation. Nous travaillons également pour proposer une formation sur trois jours à ceux qui envisagent de s’installer dans le futur. Notre projet n’est pas encore finalisé mais l’objectif est clairement de rassembler un groupe de personnes motivées par la perspective de devenir éleveur. »