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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE - Profession ? Jockey

Courses / 29.01.2018

TRIBUNE LIBRE - Profession ? Jockey

 

Par Philippe Desbois

« La tribune libre de Maître Lipskind, claire et très explicite, sur le statut des jockeys, parue le jeudi 11 janvier, démontre que ce statut, aussi complexe qu’ambigu, doit s’actualiser, se moderniser, pour la sérénité de tous. La nouvelle loi de finances pourrait justement offrir des opportunités pour aider à sortir de la situation actuelle.

Petit flash back… Nous sommes en septembre 1968 à Chantilly. Le Handicap de l’Île-de-France (Quinté actuel) se dispute sur 2.100m en terrain très, très souple. Parmi les 14 partants, un outsider à 15/1, à l’aise en terrain lourd, Château d’Ys, monté par le recordman des Cravaches d’or au poids imposé par le handicapeur de 54 kilos. Pesée avant course : 55 kilos. Il est autorisé à courir. Le cheval gagne. Poids après la course : 56,8 kilos. Marcel Boussac est troisième avec Iranovo et consulte le code des courses – modifié suite à cette affaire – qui stipule en substance  « …si, dans un handicap, le poids porté par un cheval est supérieur de plus de trois livres au poids qu’il aurait dû porter,  le cheval  doit être distancé. » Le cheval est donc distancé. C’est une première en France. Préjudice pour le propriétaire: 30.000 Francs.

Le propriétaire/éleveur du cheval, considérant qu’il y avait eu "faute professionnelle grave", a demandé par deux fois au cavalier un dédommagement "amiable", essuyé un refus poli et embarrassé. Il a donc assigné le jockey. Procès gagné par le propriétaire, puis, en appel, les parties furent mises "dos à dos". Pour aller en cassation, le propriétaire aurait dû assigner l’entraîneur également, car ce dernier est juridiquement coupable d’avoir participé à la surcharge pour 100 grammes, par un changement de sangle effectué avant la course au rond par son premier garçon. L’affaire s’est arrêtée là car, pour le propriétaire, il n’était pas question d’amener devant un tribunal un homme aussi intègre que Léon Gaumondy…

J’ai vu le procès au civil se dérouler normalement à Senlis, mais ce qu’il faut retenir, c’est que la défense n’a jamais évoqué la situation du propriétaire comme étant employeur du jockey, donc responsable de son employé, pas davantage que le propriétaire, même non intervenant, n'est responsable (pour France Galop) du poids que son cheval doit porter. Cet état de fait aurait sans doute eu matière à débouter le plaignant/propriétaire, mon père. »