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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Clap de fin pour Élie Lelouche

Courses / 09.02.2018

Clap de fin pour Élie Lelouche

Clap de fin pour Élie Lellouche

L’entraîneur nous a confirmé ce vendredi qu’il prenait sa retraite. La rumeur courait depuis de nombreuses semaines et avait pris encore plus d’ampleur au mois de décembre.

 

Jockey puis entraîneur. Élie Lellouche est d’abord entré dans le monde des courses comme jockey. Il a été apprenti chez William Head en 1966. Lorsque ce dernier a pris sa retraite, Élie Lellouche a rejoint l’équipe de Bernard Sécly. D’abord jockey pendant une dizaine d’années, il s’installe comme entraîneur en 1978, avec des chevaux de plat comme d’obstacle. C’est en 1986 qu’il achètera son écurie à Lamorlaye. Il passera dans une autre dimension en 1990, en recevant des chevaux de l’écurie de Daniel Wildenstein.

 

Épervier et Pistolet pour lancer l’aventure avec les Bleus. Au mois de mars 1990, Élie Lellouche fait débuter à Saint-Cloud un poulain nommé Épervier Bleu (Saint Cyprien). Au mois de mai suivant, Épervier Bleu devient le premier gagnant de Gr1 de l’entraîneur, en enlevant le Prix Lupin (Gr1) après avoir remporté le Prix Greffulhe (Gr3). Il ne pourra pas courir le Prix du Jockey Club. À l’automne, Épervier Bleu sera vainqueur du Prix Niel (Gr2). Il sera battu par Saumarez dans le Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). En 1991, il enlèvera le Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1).

L’année d’Épervier Bleu est aussi celle de la découverte d’un autre poulain entraîné par Élie Lellouche pour les couleurs Wildenstein. Celui-ci est alors âgé de 2ans et se nomme Pistolet Bleu (Top Ville). Il remportera le Prix de Condé (Gr3) puis le Critérium de Saint-Cloud (Gr1) à 2ans, les Prix Noailles (Gr2, à l’époque) et Hocquart (Gr2) à 3ans, ainsi que le Grand Prix d’Évry (Gr2) à 4ans. Les années 1990 sont aussi celles de son premier classique, Danseuse du Soir (Tchatching), gagnante de la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1), Lost World (Last Tycoon), gagnant du Grand Critérium (Gr1), de Glaïeul (Lear Fan), gagnant du Critérium de Saint-Cloud. Élie Lellouche remporte aussi des Grs1 durant cette décennie avec des chevaux ne portant pas les couleurs Wildenstein : Vert Amande (Kenmare), gagnant du Ganay, et Marchand de Sable (Theatrical), vainqueur du Critérium de Saint-Cloud.

 

Bigstone, les premiers Grs1 à l’étranger. Bigstone (Last Tycoon), représentant de Daniel Wildenstein, offrira un premier Gr1 à l’étranger à Élie Lellouche. C’était en 1993, dans les Sussex Stakes (Gr1). Il remportera aussi la même année les Queen Elizabeth II Stakes (Gr1). Bigstone compte par ailleurs deux victoires de Groupe 1 en France, le Prix d’Ispahan et le Prix de la Forêt. Les autres victoires de Gr1 d’Élie Lellouche à l’étranger sont Shake the Yoke (Caerleon), dans les Coronation Stakes, Vallée Enchantée (Peintre Célèbre) dans le Hong Kong Vase, Westerner (Danehill) dans la Gold Cup, ou encore Soudan (Antarctique) dans le Gran Premio di Milano.

 

L’Arc d’Helissio. En 1996, Helissio (Fairy King) écœure ses adversaires dans le Prix de l’Arc de Triomphe, après ses victoires dans le Prix Noailles, le Prix Lupin, le Grand Prix de Saint-Cloud et le Prix Niel. Associé à Olivier Peslier, il s’impose de cinq longueurs devant Pilsudski (Polish Precedent), après avoir animé l’épreuve. Après l’Arc, Helissio a couru la Japan Cup, concluant troisième. Helissio a recouru à 4ans, enlevant le Prix Ganay et le Grand Prix de Saint-Cloud, se classant deuxième des King George VI and Queen Elizabeth Stakes et deuxième du Prix du Moulin de Longchamp (Gr1) lors d’un essai osé sur 1.600m. Helissio échouera à défendre son titre dans l’Arc, concluant sixième.

 

Les années 2000 des Bleus. Au mois de mai de l’année 2001, Daniel Wildenstein envoie l’ensemble de ses chevaux chez Élie Lellouche. Parmi ceux-ci, on retrouve une certaine Aquarelliste (Danehill), gagnante du Prix Mélisande (L) pour son nouvel entraîneur, Aquarelliste remportera dans la foulée le Prix de Diane (Gr1). Elle revient à l’automne et remporte le Prix Vermeille (Gr1), avant de conclure deuxième de l’Arc de Sakhee (Bahri). À 4ans, Aquarelliste remporte le Prix Ganay, ce qui sera sa dernière victoire au niveau Gr1 : elle se classera troisième du Grand Prix de Saint-Cloud, deuxième du Hong Kong Vase, ou encore quatrième des King George.

L’année suivante, Daniel Wildenstein et Élie Lellouche conserveront leur titre dans le Diane avec Bright Sky (Wolfhound), gagnante ensuite du Prix de l’Opéra (Gr1). La première partie des années 2000 est riche en succès pour le duo Wildenstein/Lellouche : Policy Maker (Sadler’s Wells), Actrice (Danehill), Vallée Enchantée (Peintre Célèbre), Artiste Royal (Danehill), Volga (Caerleon), Pushkin (Caerleon), Ombre Légère (Double Bed)... Mais les années 2000 sont surtout celles du champion stayer Westerner (Danehill).

 

Le grand Westerner. Westerner a dominé l’Europe des stayers et n’aura été battu que par Hurricane Run dans le Prix de l’Arc de Triomphe. Il débute en compétition à 3ans et décroche sa première victoire black type à 4ans, dans le Prix de la Porte de Madrid (L). Après plusieurs places au niveau Groupe, il remporte son premier Gr1 dans le Prix du Cadran (Gr1), avant de gagner le Prix Royal Oak. Westerner a enlevé à deux reprises ces deux Grs1. Il a remporté également la Gold Cup (Gr1) en 2005, année où la course s’est courue à York. Westerner a reçu à deux reprises le Cartier Award du meilleur stayer.

 

La championne Beauty Parlour avant la séparation. La deuxième partie des années 2000 est marquée par des chevaux comme Planteur (Danehill), gagnant du Prix Ganay (Gr1), Board Meeting (Anabaa) ou encore Peinture Rare (Sadler’s Wells), mais aussi par la championne Beauty Parlour (Deep Impact). Invaincue en deux sorties à 2ans, Beauty Parlour remporte le Prix de la Grotte (Gr3) pour sa rentrée, en 2012, avant de gagner la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1). Dans le Prix de Diane Longines (Gr1), elle sera battue par Valyra (Azamour). Beauty Parlour restera dans l’histoire des courses comme la dernière gagnante de Gr1 de l’association Wildenstein/Lellouche. À l’automne 2012, les Bleus quittent les boxes de l’entraîneur. Beauty Parlour est entraînée par Sir Henry Cecil. Victime de problèmes de jambe, elle ne reviendra pas à son meilleur niveau.

 

Ectot, le dernier gagnant de Gr1. Ectot (Hurricane Run) restera quant à lui le dernier gagnant de Gr1 d’Élie Lellouche. C’était dans le Critérium international, en 2013. Auparavant, il avait remporté le Prix des Chênes (Gr3). À 3ans, Ectot remporte le Prix de Fontainebleau (Gr3) et s’impose comme le favori pour les Classiques. Des problèmes de santé l’empêchent de les disputer. Il remporte le Qatar Prix Niel (Gr2) à l’automne, mais échoue dans l’Arc. Ectot sera exporté plus tard aux États-Unis.

 

Et l’obstacle… Élie Lellouche a toujours aimé l’obstacle. Sa plus belle victoire dans cette discipline a certainement été le Prix Cambacérès (Gr1) de Ramban (Rahotep) en 1991. Il a aussi eu sous sa responsabilité de très bons sauteurs, comme Discover d’Auteuil (Mistigri), gagnant du Prix Hypothèse 1999 (Gr3), Byzantium (Village Star), gagnant du Prix Georges de Talhouet-Roy, tout comme Jemica Tango (Fijar Tango), Kidder (Nikos), gagnant du Prix de Pépinvast, Touch des Brières (Balsamo), qui a remporté un Prix Robert de Clermont-Tonnerre, la bonne Maren Kassel (Noir et Or), ou encore Pontiac Brave (Sagace), gagnant de la Grande Course de Haies de Printemps en 1996.