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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

C’est l’heure de la reprise !

Institution / Ventes / 12.02.2018

C’est l’heure de la reprise !

Par Anne-Louise Échevin

Mardi 13 février, Arqana lance la saison des ventes françaises avec sa vacation mixte de février. Cette année, la vente se déroulera sur deux jours. Éric Hoyeau et Guillaume Cousin font le point sur ce rendez-vous.

Les grands indicateurs de la vente mixte de février

PrésentésVendus (%)Prix moyen (évol.)Prix médian (évol.)C.A. (avec amiables)
2017263201 (76,43 %)10.328 € (+ 44,71 %)5.000 € (+ 11,11 %)2.075.901 €
2016293237 (80,89 %)7.137 €4.500 €1.709.400 €

Horaires de la vente

Mardi 13 février        11 h

Mercredi 14 février   11 h

Une vente sur deux jours. En 2018, la vente de février se tiendra sur deux journées, alors que son format traditionnel est d’une journée. La durée de cette vente reste cependant liée au marché et à l’offre, comme l’explique Éric Hoyeau : « La durée de la vente se fait en fonction de l’offre. Il est vrai que nous essayons de la faire tenir sur une journée lorsque cela est possible. Ce n’est pas la première fois que la vente se déroule sur deux jours puisque ce fut déjà le cas en 2015. Le format n’est pas figé. Le marché, très vivant, et le nombre de lots nous obligeaient à passer sur deux journées. C’est une vente à la fois de service, d’opportunités, et un complément de la vente d’élevage. »

Après décembre, une mid-winter sale. Le positionnement de la vente de février est particulier. Elle ouvre la saison des ventes françaises mais, dans le même temps, elle s’inscrit dans la continuité de la vente d’élevage. Éric Hoyeau souligne : « La vente de février est ce que l’on appelle une mid-winter sale. Ce type de ventes avait traditionnellement lieu aux États-Unis et en Irlande avant de se développer dans plusieurs endroits du monde. La vente de février s’inscrit dans la continuité de la vente d’élevage de décembre. Côté vendeurs, il s’agit d’une opportunité pour des chevaux pour lesquels les inscriptions de la vente de décembre sont arrivées trop tôt. On y privilégie les juments dont le service a eu lieu assez tard ou les juments qui ne sont pas pleines et qui peuvent donc être vite saillies. Il faut souligner que la vente de décembre a été une bonne vacation, active : 80 % des lots présentés y ont été vendus avec des pointes de 82 % sur certaines journées. Il faut aussi rappeler que nous avons deux marchés lors de cette vente, avec des sujets axés plat et des sujets axés obstacle. »

Sur les mid-winter sales, ventes de service et d’opportunité, l’un des indicateurs importants est le taux de vendus. Celui d’Arqana se tient bien, évoluant entre 71,65 % (en 2013) et 86,96 % (en 2014). Avec une offre plus large, on peut craindre un taux de vendus en baisse, mais il y a un indicateur rassurant de ce côté-là : « En 2015, lorsque la vente s’est déroulée sur deux journées, nous étions sur un pourcentage de vendus de 75 %. Depuis 2012, le pourcentage de vendus n’est jamais passé en dessous de 71 %. Il faut maintenir ce cap et, bien que la vente soit sur deux jours, nous devrions de nouveau l’atteindre. »

Une vente portée par le dynamisme de l’élevage français. Le parc étalon français a progressé ces récentes années. Les acheteurs sont à la recherche de chevaux made in France, ce qui s’est reflété dans la plupart des ventes en 2017. Guillaume Cousin explique : « Il faut souligner que le parc étalon français est très dynamique. Nous retrouvons au catalogue de la vente de février des juments qui sont très bien saillies. Cent quatre-vingt-six poulinières sont inscrites, pleines de Le Havre, Kendargent, Wootton Bassett, Dabirsim, Charm Spirit, Intello, Shalaa, Pedro the Great… » Éric Hoyeau précise : « Il y a par exemple Lorgnette (Galileo), présentée pleine de Le Havre par l’écurie des Monceaux. Nous avons aussi pas mal de pouliches bien nées, comme Lbretha (Exceed and Excel), descendante d’une grande famille Wildenstein et gagnante de Listed. Le catalogue propose d’autres pouliches black types : Belle Rive (Aussie Rules), Dothraki Sea (Spirit of Desert), Sporty Doll (Pounced)… Le catalogue comporte par ailleurs une centaine de jeunes yearlings et de jeunes 2ans. On trouve des poulains par des étalons recherchés : Siyouni, Dabirsim, Intello, Camelot…Concernant les yearlings, les pinhookers sont présents lors de cette vente. On retrouve aussi des yearlings axés obstacle. »

Une vaste clientèle. La clientèle de la vente de février est variée : la vente est par définition mixte et tout le monde y trouve ce qu’il recherche. Les éleveurs vont trouver des pouliches et juments, les pinhookers des yearlings, les acheteurs étrangers des chevaux à l’entraînement…. Éric Hoyeau et Guillaume Cousin analysent : « La vente mixte de février se caractérise par une clientèle assez diffuse. Les Français sont archi-présents. Les Européens vont chercher des profils plutôt commerciaux mais d’autres pays sont à la recherche de chevaux à l’entraînement pour l’exportation. Le bassin méditerranéen devrait de nouveau répondre présent. Les acheteurs tunisiens devraient revenir car le pays se redresse grâce à la suppression d’une taxe sur le jeu. Les acheteurs du Maroc sont aussi attendus : la Sorec va accueillir une étape du Défi du Galop et le Maroc souhaite poursuivre la progression de son élevage. Les acheteurs des pays de l’Est, qui recherchent des chevaux à l’entraînement, seront là. Ils aiment beaucoup venir à Deauville pour la vente de février car elle signifie également, pour eux, l’ouverture de la saison après l’hiver. »

Pour les Français aussi, la vente de février Arqana signe la reprise : « C’est la vente qui suit la trêve des confiseurs. Elle sonne le redémarrage de la saison, après la Route des étalons, à la veille de la saison de monte, et alors que les courses en province redémarrent. En plus, elle tombe lors du mardi gras cette année : il y aura donc des crêpes (rires) ! »

La saison se lance ! Depuis 2009, il y a eu du changement en Normandie avec la création de la Route des étalons. Arqana a fait le choix de ne pas adosser la vente de février à cette manifestation, malgré la présence de différents éleveurs internationaux sur les routes normandes. Éric Hoyeau explique : « Nous avions posé la question aux étalonniers mais ils préféraient que la vente de février soit dissociée de la Route des étalons, tout simplement parce qu’ils sont très occupés à ce moment-là et qu’ils ne peuvent pas être partout. Nous ne pouvons pas tenir cette vente trop tôt dans l’année, parce qu’il y a les impératifs du calendrier de ventes européen, mais aussi parce qu’il ne faut pas qu’elle soit trop proche de la vente de décembre. La vente de février est bien située, sans concurrence en face, à la veille de la saison de monte… C’est aussi le message de la vente mixte de février : et voilà, la saison est repartie ! »