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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

David Cottin, un départ sur les chapeaux de roue

Courses / 05.02.2018

David Cottin, un départ sur les chapeaux de roue

Par Alice Baudrelle

David Cottin vient de réaliser une prouesse en remportant le Grand Cross de Pau Reverdy (L) avec Uroquois (Passing Sale), six mois seulement après avoir démarré sa carrière d’entraîneur. Au lendemain de cette victoire, le jeune metteur au point a répondu à nos questions.

Jour de Galop. – Comment s’est passée la préparation d’Uroquois ? Était-ce un choix délibéré de ne pas courir la dernière préparatoire, le Prix John Henry Wright ?

David Cottin. – La préparation du cheval s’est parfaitement déroulée. Il a très bien couru dans les deux premières préparatoires, se classant troisième du Prix Hubert de Navailles, puis deuxième du Prix Mortimer de Lassence. J’ai volontairement fait l’impasse sur la dernière car je voulais l’amener avec de la fraîcheur sur le Grand Cross. C’est un petit cheval léger, qui n’a pas besoin de beaucoup de boulot.

Comment avez-vous vécu l’épreuve depuis les tribunes ?

Honnêtement, j’étais serein. Dès le début de la course, Uroquois sautait avec fluidité, et Alain de Chitray, son jockey, était bien en harmonie avec lui. J’étais confiant car le cheval a "gambadé" durant toute la course. Je savais que si cela se passait à merveille, Uroquois avait toutes ses chances pour gagner et c’est ce qu’il s’est passé.

Quels conseils avez-vous donné à votre jockey avant la course ?

Nous avons fait le tour à pied ensemble. Je lui ai dit qu’il fallait qu’il travaille bien ses trajectoires, que chaque détail est important. Alain a besoin de se faire "secouer les puces" de temps en temps, mais c’est un excellent jockey.

Pourquoi aimez-vous autant la discipline du cross ?

C’est une discipline très exigeante qui demande beaucoup de travail, aussi bien pour le jockey que l’entraîneur… Il faut être un excellent cavalier, posséder une certaine finesse. La préparation d’un cheval de cross nécessite un long dressage. Il faut en faire un spécialiste, le "mettre aux boutons", qu’il apprenne à être "zen" également, à bien respirer dans le parcours.

Il faut beaucoup de patience car un cheval de cross connaît souvent des problèmes de jambes, ce qui est le cas d’Uroquois d’ailleurs. Tout cela est dû aux chocs des réceptions à répétition sur de très longues distances.

Uroquois a été élevé en association par Magalen Bryant et votre père. Comment cette association s’est-elle nouée?

Madame Bryant et mon père étaient déjà associés sur la mère d’Uroquois, Iroquoise II (Dom Pasquini). Ils ont poursuivi cette association pour sa carrière de poulinière. Le meilleur produit qu’ils ont élevé ensemble est d’ailleurs un frère d’Uroquois, qui se nomme Dalahast (Ballingarry). Il reste sur trois victoires consécutives, dont deux à Auteuil, mais c’est un cheval fragile, tout comme son frère. Nous avons dû l’envoyer au repos.

Comment décririez-vous votre collaboration avec Magalen Bryant ?

C’est avant tout une relation de confiance. Magalen Bryant et David Powell m’ont toujours fait monter de bons chevaux et m’ont logiquement soutenu dès le début de ma carrière d’entraîneur en me confiant tout de suite plusieurs chevaux. Ce sont des gens qui me restent fidèles. Le côté sympathique, c’est de récupérer des poulains issus de mères que j’ai moi-même montées en course !

Vous avez un grand nombre de propriétaires différents, dont certains qui ne possédaient pas de chevaux d’obstacle auparavant. Comment les recrutez-vous ?

Ma compagne, Amanda, s’occupe de la communication et c’est elle qui me présente aux clients étrangers. Heureusement qu’elle est là ! Elle s’implique autant que possible puisqu’elle a déjà son propre travail aux Aga Khan Studs, mais cela lui arrive de monter aussi à cheval le week-end. Quant aux propriétaires français, beaucoup d’entre eux me connaissaient bien en tant que jockey et ils avaient envie de mettre des chevaux à l’entraînement chez moi. Grâce à tous ces facteurs, l’écurie s’est développée plus rapidement que je ne le pensais. J’ai récupéré beaucoup de chevaux "clé en main" et cela m’a bien aidé à démarrer sur les chapeaux de roue.

Comment arrivez-vous à gérer votre effectif, entre Pau, Chantilly et le Lion-d’Angers ?

Je n’ai pas de chevaux stationnés à Chantilly en ce moment. Cela coûte trop cher là-bas et je ne peux pas me permettre d’y laisser des chevaux pendant trois mois sans courir. Mon père s’occupe de l’antenne au Lion-d’Angers. Il fait du préentraînement et de la remise en route. Il y a là-bas des jeunes chevaux et d’autres plus âgés qui ont fait l’impasse sur le meeting.

Quel rôle votre père joue-t-il à vos côtés ?

Il continue à me donner des conseils. Ces derniers sont très précieux, j’en apprends tous les jours avec lui. C’est mon mentor !

Comment se portent vos "fers de lance"?

Uroquois s’est très bien remis de sa course, il a effectué un petit "décrassage" ce matin et ne touchait pas terre ! Mali Borgia (Malinas) a été un peu malade cet hiver, ce qui explique ses dernières contre-performances. Ce sont des courses à effacer. D’vina XX (Smadoun) est en pleine forme. Quant à Ajas (No Risk at All), il est également en forme et va être dirigé vers le steeple cette année.

Quels sont vos objectifs pour cette année 2018 ?

Je souhaite que mes chevaux fassent leur valeur dans leur catégorie, qu’ils soient les plus performants possible. Mon but est de tirer la quintessence de chacun d’entre eux. J’ai quelques espoirs avec Paul’s Saga (Martaline), une sœur de Siljan’s Saga (Sagamix). Elle a montré une bonne classe de plat chez Jean-Pierre Gauvin et, si elle saute bien, elle devrait faire une bonne jument sur les obstacles. Je compte aussi beaucoup sur Lateranito (Martaline), un neveu de Laterano (Saint des Saints), et sur La Sentosa (Poliglote), une sœur de La Segnora (Turgeon).