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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Gaëtan Masure prêt pour de nouvelles aventures

Courses / 25.02.2018

Gaëtan Masure prêt pour de nouvelles aventures

Par Alice Baudrelle

Les passionnés d’obstacle devront attendre dimanche pour retrouver Auteuil, mais Gaëtan Masure est déjà prêt. Le jeune homme a connu une ascension fulgurante depuis qu’il est entré au service de François Nicolle en 2013. Il a notamment eu la joie de remporter à deux reprises consécutives le Grand Prix d’Automne (Gr1), associé à Alex de Larredya (Crillon).

Jour de Galop. – L’année 2016 a été marquée par votre premier Gr1. En 2017, vous avez conservé ce titre acquis avec Alex de Larredya, et vous avez même progressé au classement des jockeys, terminant à la septième place. Quel bilan tirez-vous de l’année écoulée?

Gaëtan Masure. C’est tout simplement ma meilleure année. J’ai gagné deux Grs1, le Prix Ferdinand Dufaure avec Srelighonn (Martaline) et le Grand Prix d’Automne avec Alex de Larredya. Mes plus beaux souvenirs de l’année écoulée sont bien évidemment mon dernier Gr1 avec Alex, et aussi mon coup de cinq à Clairefontaine pour mon patron au mois de juillet. J’ai également eu la chance d’être associé à de très bons chevaux qui sont restés en bonne forme tout au long de l’année.

Comment va Alex de Larredya ? Et quels objectifs vous êtes-vous fixés pour 2018 ?

Alex va très bien ! Il est resté aussi bien qu’avant sa dernière victoire. Il a beau avoir 8ans, j’ai l’impression qu’il ne vieillit pas ! J’ai pour objectif de remporter un troisième Grand Prix d’Automne avec lui. Cela serait vraiment magnifique. J’espère que je gagnerai les bonnes courses, et, pourquoi pas, que je remporterai une cravache en bonus. Je me suis d’ailleurs offert les services d’un agent, Benoît Gicquel, depuis le début de l’année, dans le but de dénicher de bonnes montes pour l’extérieur, avec l’accord de mon patron bien sûr, et peut-être de monter sur le podium de la Cravache d’or en fin d’année. Nous avons de bons espoirs parmi nos 3ans à l’écurie et j’espère qu’ils vont confirmer tout le bien que nous pensons d’eux.

Lorsque vous avez débarqué à Royan, au printemps 2013, quelles ambitions aviez-vous ? J’ai quitté Maisons-Laffitte car j’avais l’impression de stagner et je voulais voir autre chose. François Nicolle commençait à faire partie des entraîneurs en vogue et il avait une bonne équipe, j’ai donc fait le choix logique de venir travailler chez lui. Au début, j’ai mis un peu de temps à m’adapter. J’espérais gagner sa confiance et me faire une place parmi les jockeys de l’écurie. Je ne pensais pas forcément arriver là où j’en suis aujourd’hui, mais je voulais progresser. J’ai travaillé dur pour cela et les résultats sont arrivés. J’ai la chance d’avoir un super patron. Lorsqu'il regarde un cheval travailler le matin, il se demande lequel des jockeys de l’écurie pourrait lui être associé, afin d’en tirer la quintessence. C'est l'une de ses grandes qualités. Je tiens d’ailleurs vraiment à le remercier pour son soutien et sa confiance.

Vous étiez un jockey doué en plat. Pourquoi être passé à l’obstacle ? Continuez-vous à monter en plat ?

Je suis passé à l’obstacle parce que je commençais à avoir de gros problèmes de poids. J’en avais assez de faire des régimes. Avec Alexis Doussot, mon agent de l’époque, nous nous étions dit que je devais essayer l’obstacle. C’est ainsi que je suis arrivé chez Jehan Bertran de Balanda à Maisons-Laffitte, alors que je n’avais jamais sauté. Concernant le plat, j’ai monté une jument AQPS, en plat, à Machecoul, pour mon patron, le 18 février dernier. J’aimerais bien monter une fois dans le nouveau Longchamp, et aussi gagner une course à Chantilly. D’ailleurs, j’attends toujours que Brian Beaunez m’appelle pour réaliser ce rêve ! Après cela, je tournerai la page du plat.

Vous avez appris votre métier chez Cédric Boutin, une école réputée difficile. Quel souvenir en avez-vous gardé ?

Cédric Boutin est quelqu’un de perfectionniste, et à force de l’être, il vous rend comme lui. Il est certain que travailler chez lui n’a pas été une expérience évidente, mais honnêtement, il n’a pas été très dur avec moi et je n’ai pas à me plaindre ! C’est un excellent formateur, peut-être même le meilleur que j’aie connu. Sans lui, je pense que je ne serais pas arrivé là où j’en suis aujourd’hui. Un souvenir m’a marqué quand j’étais gosse. Le premier jour où j’ai commencé à travailler chez lui, c’est André Pommier qui m’a déposé à l’écurie, et j’ai vu Cédric Boutin qui hurlait dans la cour. J’avoue que cela m’a mis mal à l’aise !

Vous n’avez pas été épargné par les accidents. Quels ont été les plus graves ? Avez-vous déjà songé à arrêter ?

Il est vrai que j’ai eu mon lot d’accidents, comme la plupart des jockeys. Une fracture déplacée du radius, une triple fracture du péroné, une fracture du métacarpien… Le plus dur, ce fut une fracture déplacée du fémur. Là, le moral en a pris un coup. On voit les mois défiler, les autres monter, et on se dit : « Aurais-je toujours ma place lorsque je vais revenir ? » Mais mon patron ne m’a pas laissé tomber. Et je n’ai jamais pensé à arrêter. Lorsque j’étais accidenté, j’étais motivé à fond pour revenir encore meilleur ! J’ai toujours eu la "niaque". Mon père, qui était jockey en Belgique, et ma mère, qui a fait la Fegentri en tant que cavalière, ne voulaient pas que je sois jockey quand j’étais petit. Mais ils ont bien dû s’y faire. J’avais cela dans le sang !