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French Purebred Arabian

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LA GRANDE INTERVIEW - THÉO BACHELOT : « J'AI LA CHANCE DE MONTER POUR L'UNE DES MEILLEURES CASAQUES »

07.02.2018

LA GRANDE INTERVIEW - THÉO BACHELOT : « J'AI LA CHANCE DE MONTER POUR L'UNE DES MEILLEURES CASAQUES »

Deuxième au classement des jockeys au Qatar en nombre de victoires avec un excellent pourcentage de réussite, le Français Théo Bachelot fait parler de lui cet hiver dans la péninsule arabique pour l’écurie Al Shahania.

The French Purebred Arabian. – Comment êtes-vous arrivé à Doha ?

Théo Bachelot. – Au départ, c’est Bruno Barbereau, l’agent de Cristian Demuro, qui avait des contacts avec Al Shahania. Cristian étant au Japon tout le mois de décembre, il m’a introduit auprès de la direction d’Al Shahania. Mon agent a ensuite pris le relais afin de proposer un contrat de trois mois.

Était-ce la première fois que veniez au Qatar ?

Oui, c’est même la première fois que je quittais tout simplement la France.

Quelle est votre impression sur les courses qataries ?

Elles sont de très bonne qualité et j’ai la chance de monter pour l’une des meilleures casaques du pays, qui fait aussi beaucoup parler d’elle en France. Je monte donc des chevaux avec un énorme potentiel. Les parcours sont plutôt agréables et la piste assez rapide. Il faut s’adapter à un champ de course moins grand qu’à Paris mais je m’y fais bien et j’ai la chance de monter les meilleurs arabes au monde. C’est une qualité de chevaux qui me fait participer à de belles épreuves, ce qui est vraiment très enrichissant pour moi.

Comme j’ai été formé en province sur des petits champs de course, je n’ai pas eu de mal à m'adapter à la taille des hippodromes. La piste fait facilement 1 800 mètres, la ligne droite fait 350 ou 400 mètres maximum lorsqu’elle est décordée. Ces parcours amènent beaucoup de rythme et il ne faut jamais être très loin de la tête.

Avez-vous monté sur les deux pistes : en sable et en gazon ?

Oui, mais on est plus habitué à monter sur le gazon et c’est plus agréable. Sur la piste en sable, la sélection se fait assez rapidement. Les chevaux moyens subissent le train de la course et les arrivées sont écrites à mi-tournant final. En plus, elle est un peu plus rapide que la piste en gazon car plus courte. Il faut donc prendre une bonne place en partant sans mettre le cheval dans le rouge. C’est assez tactique.

Comment se passe la collaboration avec Julian Smart, l’entraîneur d’Al Shahania ?

Je ne le connaissais pas du tout et j’ai été agréablement surpris de la manière dont il entraîne les chevaux, gère son personnel et dont il m’a accueilli, car il m’a tout de suite mis en confiance. J’ai également la chance de travailler avec un Français qui l’assiste, Rudy Nerbonne, ce qui a facilité mon adaptation. Nous nous entendons assez bien avec Julian. Il faut dire que ma réussite aide un peu. Il a une bonne équipe, de bons chevaux, et me laisse beaucoup de liberté tout en étant très simple dans son travail. J’ai appris à le connaître et je l’apprécie. C’est une très belle rencontre. Ses méthodes d'entraînement sont, sur le fond, similaires à celles de mon patron, Stéphane Watel. Les chevaux sont bien réglés car ils évoluent dans un environnement où ils sont très bien encadrés. C’est agréable de monter ici car les chevaux sont dans un calme complet, ce qui leur est très bénéfique.

Avant de débuter l'expérience à Doha, aviez-vous déjà monté un pur-sang arabe ?

Non, pas réellement. J’avais simplement une maigre expérience en Tunisie, où cela s’était par ailleurs plutôt bien passé, mais la qualité des chevaux au Qatar est supérieure.

Je pensais que le travail allait vraiment être très différent entre le pur-sang arabe et le pur-sang anglais. Mais finalement, les arabes sont entraînés de la même Ils fonctionnent beaucoup au moral. En course, j’ai un peu changé ma monte, c'est vrai. Toutefois, les meilleurs arabes sont très proches des pur-sang anglais.

Selon vous, est-ce un atout dans la carrière d'un jockey de savoir monter ces chevaux ?

Oui, je le pense vraiment. Je n’avais pas de références avec les arabes. Je connais leurs réactions désormais et je pourrais en faire bon usage dans le futur. Il y a une part de feeling et il faut vraiment développer une grande capacité d'adaptation. Mais avoir des chevaux comme Ebraz, Yazeed ou Gazwan à l’écurie vous tire vers le haut et Julian les connaît par cœur. On a vraiment de bonnes sensations avec eux et un peu de pression aussi !

Et vous avez également gagné les Oaks ?

Oui, nous avons battu de bonnes pouliches avec Majnona (Amer). Elle a ensuite très bien couru dans un handicap sous une lourde charge. C’est une des meilleures juments d’âge à Doha. Elle devrait encore courir ici. J'ai également gagné avec Shabah, le frère de Gazwan. Il avait débuté en étant victorieux sur le sable avec Alberto Sanna. Il a ensuite gagné deux fois avec moi, toujours sur cette surface, tout en étant rallongé progressivement. A priori, c’est un cheval en devenir, même s’il faut encore qu’il monte les échelons.

Continuez-vous de monter les pur-sang anglais ?

Oui et certains ont d'ailleurs très bien couru. J'ai notamment gagné avec Oryx qui vient de chez Philippe Sogorb et a remporté deux handicaps dans un bon style. Al Shaman vient de l'écurie de Mikel Delzangles et il est invaincu en deux sorties. Nous avons beaucoup d’espoir avec lui. J’ai gagné récemment avec Off he Goes, un poulain d’origine australienne, et Kynoch, un 3 ans qui est arrivé ici l’année dernière.

Je suis arrivé au Qatar avec cette belle casaque, qui a beaucoup de chevaux de classe. Cela ouvre des portes sur les plus belles épreuves. Je serais très heureux d’en gagner une belle en fin de saison.

Savez-vous que l'on parle beaucoup de vous en France ?

J’ai eu beaucoup de chance. Je suis arrivé sur des chevaux qui étaient prêts et j'ai donc gagné pas mal de courses. Vous savez, cela fait un peu moins d’une dizaine d’années que je monte. J’ai fait ma meilleure saison en France l’an passé. Je suis arrivé ici avec du bon vouloir et un bon mental. Cela a fonctionné car je n’avais pas de pression et j’ai pu monter à mon aise, ce qui est toujours agréable. Il est prévu que je revienne en France après les belles courses de fin février. Je serai probablement dans l'avion le 25 février.

Avez-vous également de belles perspectives en France cette année ?

J’ai réalisé une très belle saison en 2017 pour mon patron, avec notamment de bons 2 ans. J’espère qu’ils vont passer le cap cette année, mais il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas. Je pense surtout à quelques chevaux de Jean-Louis Bouchard comme Sacred Life, qui devait courir le Groupe I [Critérium International, ndlr] le jour de la grève à Saint-Cloud. Cela nous a laissé un goût amer, mais j’espère qu’il n’a rien perdu de ses moyens. Je suis content car mon patron est assez fier que je réussisse ainsi à l’étranger. Ce n’était pas facile pour lui, comme pour moi, que je parte en décembre car on a toujours une belle réussite à cette période. Ce sont des choix qu'il faut savoir faire et je ne regrette pas. Je me suis parfois demandé  si je devais partir ou non. Je me suis dit que cela ne pouvait être qu’une bonne expérience de voir autre chose, un autre fonctionnement. Et puis cela m’a aussi fait moralement beaucoup de bien de briser la routine hivernale.

SES MEILLEURES PERFORMANCES EN FRANCE
SaisonCourseChevalEntraîneur
2017Prix Denisy (L)Against RulesS. Wattel
Prix Thomas Bryon (Gr. III)Sacred LifeS. Wattel
Grand Prix Anjou-Bretagne (L)Royal JuliusJ. Reynier
Prix de Montretout (L)WirelessV. Luka
2016Prix La Rochette (Gr. III)The Golden AgeS. Wattel
Grand Prix Anjou Bretagne (L)WaikikaY. Barberot
2015Prix Miss Satamixa (L)CaointiornS. Wattel
Prix Petite Étoile (L)Spring LeafS. Wattel
Prix Lyphard (L)VodkatoS. Wattel
2014Prix Lyphard (L)VodkatoS. Wattel
Prix Isola Bella (L)Coco SunW. Mongil
Grand Prix du Lion-d'Angers (L)Summer SurpriceF.-H. Graffard
Prix de la Porte Maillot (Gr. III)SommerabendM. Rulec
2013Prix Luthier (L)SommerabendM. Rulec
Grand Prix de Nantes (L)TunkwaD. Sepulchre
2011Prix Panacée (L)GradaraS. Wattel