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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Isabelle Gallorini, partie pour durer

Courses / 06.02.2018

Isabelle Gallorini, partie pour durer

Par Alice Baudrelle

Isabelle Gallorini réalise un bon meeting de Pau avec un nombre réduit de partants. Elle a notamment enlevé la semaine passée le Prix Camille Duboscq (L) avec El Gringo (Kamsin), la troisième victoire de rang du cheval. Une régularité que l’on retrouve aussi dans les résultats de son entraîneur, basée sur l’hippodrome de La Palmyre.

Jour de Galop. – Vous avez réalisé un bon meeting palois, avec notamment El Gringo, Chinco Star, Clos du Chenet, Hippomène… Était-ce un rendez-vous que vous aviez visé ? Comment vont les chevaux et quels seront leurs objectifs désormais ?

Isabelle Gallorini. – Je suis très satisfaite de mes résultats et j’espérais bien réaliser un bon meeting. J’ai gagné sept courses avec trois chevaux différents. El Gringo reste sur trois victoires consécutives dont une Listed : il a bien mérité un petit temps de repos chez son propriétaire, avant de revenir au printemps. Chinco Star (Malinas) sera revu dans les bonnes courses en steeple à Auteuil. Il n’est pas encore arrivé à maturité. Clos du Chenet (Martaline) sera orienté sur les gros obstacles également, et Ami Sol va courir le 13 février à Toulouse en steeple. En revanche, vous ne reverrez pas Hippomène (Dream Well) tout de suite… Il s’est blessé lors d’un simple canter d’entretien huit jours avant la Grande Courses de Haies de Pau et l’échographie a révélé une lésion tendineuse. Il sera donc au repos pendant une année complète.

En 2017, vous avez réalisé une très bonne année avec un effectif réduit. C’est en phase avec vos résultats de 2016 et 2015, année où vous avez vraiment "décollé". Comment expliquez-vous cette réussite ?

Le travail paye, tout simplement. J’essaye de faire le minimum d’erreurs, et de les rectifier si cela m’arrive. Je me remets en question quand cela ne marche pas. Il faut rester humble dans ce métier. Ce qui est important, c’est d’attendre les chevaux, de les laisser venir à maturité… Pour moi, il est primordial que les chevaux fassent une bonne carrière sur la durée. Je travaille dans le respect du cheval. Il faut aussi faire de la sélection : je n’ai pas envie d’avoir 150 chevaux sous mon entraînement si la moitié d’entre eux sont mauvais ! Je privilégie la qualité à la quantité. J’aime prendre soin de mes pensionnaires. Ce sont des athlètes, ils méritent ce qu’il y a de mieux. Mon frère, Hervé, masse tous mes chevaux quand ils viennent courir en région parisienne. Je fais venir Patrice de Bruyne, un ostéopathe, une fois par mois à Royan. Et trois fois par an, je fais appel à Sophie Pech, qui pratique le shiatsu équin. Ce sont des personnes qui gagnent à être connues, tout comme Mickaël Valverde de l’écurie du Moulin, chez qui j’envoie mes chevaux au repos, ou encore Jean-Noël De Sousa, qui s’occupe du débourrage et du préentraînement.

J’ai aussi eu la chance d’avoir de bons chevaux tels que Saint Call (Saint des Saints), battu de très peu dans le Prix Hypothèse (Gr3), ou encore Bénie des Dieux (Great Pretender), qui a conclu troisième du Prix André Michel (Gr3). J’ai également eu sous ma responsabilité Klassical Dream (Dream Well) qui s’est classé quatrième du Prix Cambacérès (Gr1) avant de quitter mes boxes pour ceux de Willie Mullins.

Vous avez pu prendre possession il y a quelques mois d’une cour flambant neuve à La Palmyre, une cour que vous attendiez depuis longtemps… Pourquoi avoir choisi Royan afin d’y exercer votre activité ?

Cela fait effectivement dix-huit ans que j’attendais cela ! D’ailleurs, je tiens à remercier Jean-Pierre Tallieu, président de la Cara (Communauté d’agglomération Royan-Atlantique), qui m’a permis d’avoir mon écurie. Je possède vingt boxes et je peux utiliser les boxes de course si besoin. C’est tellement agréable de pouvoir enfin travailler dans de bonnes conditions ! J’ai vraiment "galéré" pour en arriver là. Auparavant, j’avais une heure de route pour venir travailler mes chevaux sur l’hippodrome. J’ai longtemps dû payer pour pouvoir faire mon travail…

Je me suis installée à Royan car c’est là-bas que j’ai rencontré le père de ma fille, Marie, qui aura 12 ans à la fin du mois. J’ai réussi avec le temps à former une équipe compétente et investie, avec laquelle je travaille en confiance. Je dispose d’un bel outil de travail grâce l’équipe d’André Jirodineau, qui est le président de la Société des courses de l’hippodrome Royan-Atlantique.

Êtes-vous également investie dans l’élevage ?

Je possède une poulinière nommée Vitassana (Verglas) qui a gagné à Clairefontaine sous mon entraînement. Elle m’a donné deux produits : Tendre Voyou (Nom de D’La), un mâle âgé de 2ans, et Dragées aux Poivre (Nom de D’La), une femelle yearling.

Quels sont vos objectifs pour cette année 2018 ? Quels sont vos espoirs ?

Je souhaite que mes chevaux restent constants dans leurs résultats, ce qui est généralement le cas depuis le début de ma carrière. J’espère gagner de belles courses, évidemment, et aussi garder la confiance de mes propriétaires. Je remercie Bartabas, Louis Fagalde, Gold & Blue, l’écurie Sagara, et tous ceux qui me confient leurs représentants.

En ce qui concerne mes pensionnaires, je compte beaucoup sur Enée (No Risk at All), qui a gagné pour ses débuts en plat et qui ira sur les obstacles cette année. Il est très bien né puisque sa mère n’est autre que Kario de Sormain (Gunboat Diplomacy), gagnante de neuf courses en obstacle, dont le Prix Georges Courtois (Gr2) et le Prix Héros XII (Gr3) à Auteuil. J’aime bien aussi Sol Blade (Solon) qui s’est classé deuxième lors de ses débuts sur les haies. Elixelle (Coastal Path) est une AQPS inédite de 4ans que j’estime. Elle appartient à Isabelle de Saint-Anthost, qui est une propriétaire-éleveur passionnée. Quant à Étoile Lointaine (Turgeon), c’est une pouliche tardive mais à surveiller dans l’avenir.