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Jean-Pierre Colombu : « Parfois, on est tenté d’essayer des choses auxquelles personne ne croit »

Courses - Élevage / 17.02.2018

Jean-Pierre Colombu : « Parfois, on est tenté d’essayer des choses auxquelles personne ne croit »

 

Jean-Pierre Colombu : « Parfois, on est tenté d’essayer des choses auxquelles personne ne croit »

Jean-Pierre Colombu est un hyperactif. Celui qui fut chirurgien cumule ses mandats à France Galop (vice-président et président du Conseil du Plat) et à la Fédération des éleveurs. Les espoirs classiques de ce passionné d’élevage, déjà lauréat de la Poule d’Essai des Poulains grâce à Lucayan, reposent désormais sur Barkaa, lauréate de l’édition 2018 du Prix de la Californie (L). Cet éleveur sans sol nous a livré les clés de sa réussite…

Par Adrien Cugnasse

 

 

Dans quel contexte avez-vous commencé à élever ?

Dans les courses, je crois que c’est l’élevage qui m’a toujours le plus intéressé. J’ai commencé en tant que propriétaire. Avec un certain succès d’ailleurs, au début des années 1970. Le deuxième cheval à avoir couru sous mes couleurs s’appelait Enitram (Hodell). Il avait remporté quatre courses à 2ans, dont les Prix d’Aremberg (Gr3) et de la Vallée d’Auge (L). Enitram s’était aussi classé quatrième du Prix de l’Abbaye de Longchamp (Gr1) et deuxième du Prix du Petit Couvert (Gr3). Quelques années plus tard, en association avec Madame de Moussac, j’ai eu Easy Regent (Prince Regent) qui s’est imposé dans le Critérium de Saint-Cloud et dans le Prix Daru (Grs2). Bien que mes débuts en tant que propriétaire aient été très heureux, mon but était véritablement de faire naître des chevaux. Aussi, au début de l’année 1975, j’ai acheté une jument anglaise bien née. Elle m’a donné une gagnante, mais la mère est rapidement morte. À la suite de cette disparition, j’ai acheté Grey Magic (Zeddaan).

 

Cette Grey Magic fut votre première bonne poulinière ?

Oui, c’est elle qui a lancé mon élevage. Elle a notamment produit Apeldoorn (R B Chesne), lauréat des Prix du Muguet et Quincey (Gr3), ainsi que Grande Chartreuse (R B Chesne), gagnante du Prix Alain et Gilles de Goulaine (L), Magic River (River River), deuxième du Prix Georges Pastré (L), Le Missile (Baly Rockette), deuxième du Premio Volvo (L)… Grey Magic a connu une belle réussite en Espagne. Avec Le Missile bien sûr, mais également grâce à son petit-fils Chayote (Stratege). Il fut le meilleur 3ans de sa génération dans ce pays où il a remporté le Derby, le St Leger et la Copa de Oro de San Sebastián.

 

Pour quelles raisons aviez-vous acquis Grey Magic ?

J’avais envoyé ma première jument à la saillie de Margouillat (Diatome) qui officiait au haras de Mortefontaine, près de Chantilly, chez le baron de Waldner. Le stud-groom m’avait indiqué que le meilleur élément de leur génération de 3ans était une fille de Zeddaan (Grey Sovereign). C’était Grey Magic… Je l’ai donc suivie lors de sa carrière sportive. Cette pouliche de caractère avait décroché plusieurs places, mais sans parvenir à s’imposer. J’ai ensuite appris qu’elle passait en vente et c’est sur le ring que j’ai pu l’acquérir pour 30.000 F de l’époque, ce qui n’était pas très cher. À ce moment-là, le baron de Waldner arrêtait l’élevage et j’ai toujours pensé que dans ce type de situation on pouvait dénicher des sujets intéressants. La chance joue aussi beaucoup.

 

Parmi vos achats inspirés, il y a eu aussi celui de Nabita.

J’étais allé seul à une vente organisée à Saint-Cloud. Le marché n’était pas très fort et Nabita (Akarad) était présentée sans avoir été saillie. Bien qu’elle fût particulièrement belle, j’avais ainsi pu l’acheter pour un prix très raisonnable. Après l’avoir acquise, son premier produit, né chez Son Altesse l’Aga Khan, a fait parler de lui. Nakir (Nikos) a été un champion sur les obstacles anglais, en remportant notamment l’Arkle Challenge Trophy (aujourd’hui Gr1). Nabita m’a ensuite donné Neiges Éternelles (Exit to Nowhere), deuxième du Derby de l’Ouest et du Prix Urban Sea (L), Nawar (Kahyasi), deuxième du Wetton Cleaning Summit Junior Hurdle (L), Nictory Vote (Victory Note), troisième du Prix Ketch (L)… tous ses produits étaient bons. C’était un rêve de jument. Elle avait également donné Nummenor (Vettori) et Nerector (Apeldoorn) qui ont tous deux remporté 16 courses ! Nabita est également la deuxième mère de Ninive (Sinndar) qui est montée plusieurs fois sur le podium au niveau Listed, à Auteuil. Lorsque vous avez des poulinières comme Grey Magic ou Nabita, cela vous incite à persévérer, même si, en parallèle, toutes vos autres juments ne produisent pas aussi bien.

 

Vous êtes éleveur sans sol. Où vos chevaux d’élevage sont-ils stationnés ?

Au départ, connaissant bien Madame de Moussac, je les avais envoyés au haras du Mezeray. Lors de mes premiers pas en tant qu’éleveur, j’étais associé avec un ami, Dominique Paul-Cavalier. Lorsqu’il a souhaité arrêter, l’effectif s’est retrouvé au haras du Buff, qui était alors dirigé par Pierre Charles Le Metayer. Dès le départ, cette collaboration fut fructueuse avec la naissance de Nerector, un cheval qui fut très performant dans l’Ouest, avec 16 victoires. Lorsque Pierre Charles Le Metayer nous a quittés, son épouse Edwige a pris le relais. J’ai été le premier éleveur français à utiliser Pivotal (Polar Falcon) et le yearling ainsi obtenu s’était bien vendu. Cela m’avait incité à acheter une nouvelle poulinière à Newmarket, en compagnie de Bertrand Le Metayer. Dans les achats, il faut avoir la chance de son côté. Ce jour-là, à Newmarket, je voulais acheter une autre jument. Mais après inspection, nous nous sommes rendu compte qu’elle était infirme. Avec Bertrand, nous avons regardé plusieurs dizaines de juments, pour finalement en présenter trois au vétérinaire. Les deux premières étaient chères, elles n’ont pas gagné en course et elles n’ont rien produit. La troisième, celle que j’ai achetée, c’était La Vltava (Grand Lodge). Lauréate de deux courses, elle est ensuite devenue la mère de Lucayan (Turtle Bowl), lauréat de la Poule d’Essai des Poulains (Gr1). En ce moment, j’ai des juments au haras du Buff et au haras d’Ellon. Je connaissais bien Hervé de la Héronnière, que j’avais rencontré lorsqu’il était commissaire. Un homme d’une grande honnêteté. Cela m’a incité à placer des chevaux dans le haras de sa famille et son fils, Thierry de la Héronnière, est de bon conseil. J’ai actuellement cinq poulinières : Dentelle (mère de quatre black type), deux de ses filles, La Vltava (mère de deux black type) et une de ses filles. J’élève avant tout des chevaux de course, même s’ils sont parfois un peu moins commerciaux. En fait, j’essaye d’avoir des ambitions très supérieures à mes moyens ! Enfin, il ne faut pas oublier que je ne fais que payer les factures. Le travail du quotidien est assuré par les gens qui vivent près des chevaux.

 

 

Pourquoi avoir croisé La Vltava avec Turtle Bowl ?

J’aimais bien Turtle Bowl (Dyhim Diamond). Il avait un physique très impressionnant. Je me souvenais également l’avoir vu à Ascot [proche troisième des Queen Anne Stakes, ndlr] où il avait montré des moyens. Finalement, avec l’expérience, je me rends compte que c’est quand même bien d’avoir du physique, même si j’ai élevé plusieurs bons chevaux qui en manquaient. C’est particulièrement vrai pour les juments : j’aime qu’elles aient du cadre, tout en ayant une taille raisonnable.

 

 

Parfois, pour réussir en élevage, il faut oser des choses qui semblent déraisonnables, comme avec Bedford Row…

J’avais le sentiment d’avoir été bien servi en achetant Nabita. Cela m’avait incité à retourner aux ventes pour acheter une poulinière. C’est dans ce contexte que j’ai acquis Bedford Row (R B Chesne). Elle était issue de l’élevage de Moussac et j’aimais beaucoup son père R B Chesne (Brigadier Gérard). Cet étalon m’a notamment donné Apeldoorn qui, vendu yearling, a remporté deux Groupes en France, avant de partir aux États-Unis. Bedford Row a gagné à Longchamp avant de connaître une carrière sportive moins heureuse. Lors de son achat, elle était pleine de Shernazar (Busted), le frère de Shergar (Great Nephew). Six produits de Bedford Row ont été vus en course, mais aucun n’avait réussi à gagner. Sa fille, Dryden (Shernazar), avait été accidentée après avoir été poursuivie par des chiens. Elle n’a jamais couru. Mais Dryden a donné naissance à cinq produits, tous issus de mon élève Apeldoorn, d’où un inbreeding 2×3 sur R B Chesne. Quatre de ses cinq produits n’ont pas été très performants. Un seul a gagné et c’était une femelle, Dentelle (Apeldoorn). Avant de rentrer au haras, elle avait remporté trois courses dans l’Ouest, sous la férule d’Henri-Alex Pantall.

 

Qu’est-ce que vous attirait autant chez R B Chesne ?

Il avait un modèle parfait. Ce ravissant cheval avait des aplombs et une conformation irréprochable. On ne pouvait que vouloir des yearlings avec un tel modèle. Il portait par ailleurs le sang de Brigadier Gérard, son père. Pour cet ensemble de raisons, j’ai plus tard tenté des inbreedings sur R B Chesne. Parfois, on est tenté d’essayer des choses auxquelles personne ne croit. Tout le monde me déconseillait de conserver Dryden. Mais quand j’ai vu Dentelle, alors qu’elle était foal, je me suis dit : « C’est celle-là qu’il faut que je garde ! » Il n’empêche que tout le monde connaît des hauts et des bas à l’élevage. Dyctynna (Stormy River et Dentelle) m’a donné en 2016 un mâle par Siyouni (Pivotal) qui présente donc un croisement très proche de celui de Barkaa (Siyouni). C’était un yearling sublime. Il était programmé pour les ventes d’août, mais il a failli mourir. À présent, quand je le vois galoper à l’entraînement, je me dis qu’il sort de l’ordinaire.

 

Au moment où vous avez mis Dentelle à la reproduction. Son profil était peu attractif, car elle était issue d’un étalon méconnu, Apeldoorn, et sans aucun black type sur trois ou quatre générations du côté maternel.

C’est vrai. Et pourtant, elle s’est révélée être une remarquable poulinière. Tous les ans, Dentelle produit un bon cheval. Elle m’a déjà donné quatre black type, avec My Old Husband (Gentlewave), lauréat du Grand Prix de Lyon (L), du Grand Prix d’Avenches (L) et du Prix Bédel (L), Dumnonia (Silver Frost), deuxième du Premio Bereguardo (L), Danse du Soir (Nombre Premier), troisième du Prix Cérès, du Prix des Sablonnets (L) et du Critérium de l’Ouest (L)… et Barkaa qui vient de s’imposer dans le Prix de la Californie (L) [son entourage a déclaré qu’elle allait être engagée dans les Classiques, ndlr]. Effectivement, lorsque Dentelle a commencé sa carrière de poulinière, il fallait remonter loin dans son origine pour retrouver des gagnants significatifs. Mais je crois assez à l’étude des pedigrees et, pour mes juments, je remonte relativement loin. Il y a des courants de sang que j’aime voir apparaître. Et une famille de premier plan peut connaître un creux avant de se relancer. On voit cela dans les plus grands élevages. Apeldoorn, le père de Dentelle, est très certainement un cheval étalon sous-estimé. Il a peu sailli, et souvent des mères de faible qualité. Mais je pense qu’il était améliorateur. En suivant sa production sur les hippodromes, je voyais souvent des chevaux qui étaient meilleurs que leurs mères. C’est aussi cet inbreeding sur R B Chesne qui m’a poussé à faire saillir Dentelle. Parfois, j’ai envie de tenter quelque chose. Surtout que j’ai le sentiment d’avoir véritablement façonné cette poulinière : je l’ai élevée, mais j’ai aussi élevé son père et sa mère. En fait, elle représente un peu la souche "Colombu". Pour un petit éleveur comme moi, cela n’arrive pas souvent.

 

L’histoire de son fils, My Old Husband, sort des sentiers battus…

C’est un cheval que j’ai vendu lorsqu’il était yearling, en décembre, à Arqana. Il a alors été acquis par Chris Richner pour le compte de M. Charvat, le président du Jockey Club tchèque. Peu après, j’ai vu que My Old Husband avait pris la direction des pays de l’Est où j’ai suivi ses performances à distance. Lors de ses débuts à Bratislava, il s’est imposé de 10 longueurs. J’étais enthousiaste. Surtout qu’il a confirmé en remportant le Grand Critérium local de 11 longueurs, avant de se classer deuxième d’une Listed en Italie, derrière un futur cheval de Groupe, Crackerjack King (Shamardal). Pour sa rentrée à 3ans, il s’est de nouveau imposé à Bratislava, avant de décevoir à Milan. Le cheval a disparu pendant une longue période, avant de revenir gagner en Italie, puis de disparaître de nouveau. Et puis, un beau jour, My Old Husband est arrivé en France. Son propriétaire l’avait en effet placé à l’entraînement chez Jean-Michel Lefebvre. Sous la férule de ce dernier, en 2014, il a remporté cinq courses en cinq sorties, dont trois Listed. Grâce à My Old Husband, j’ai eu le plaisir de sympathiser avec M. Charvat. Je suis donc allé aux courses en République Tchèque à plusieurs reprises. Il m’a acheté plusieurs chevaux descendant de Dentelle, dont Dumnonia, placée de Listed en Italie. Elle est stationnée en France et a été saillie par Olympic Glory (Choisir) l’an dernier. En novembre 2017, Larissa Kneip a fait une bonne affaire en achetant pour une somme modique le fils d’Anodin et de Dentelle. Il est tardif, mais c’est certainement un bon sujet. J’ai vendu plusieurs chevaux en 2017. Mes représentants gagnaient moins que d’habitude et ce fut une année très dure, avec, en particulier, la mort de Pythagore (Kahyasi) qui m’a profondément affecté. C’est ça l’élevage. Il y a des moments où tout va bien. Et d’autres où c’est moins évident.

 

 

Le secret, pour produire de bons chevaux, c’est aussi de savoir durer ?

Quand mes chevaux ne gagnent pas trop, je fais des statistiques pour essayer de me redonner du moral. J’ai fait naître 92 foals en âge de courir, dont 85 étaient exploitables. Plus d’un sur deux a gagné, pour un total de 310 victoires environ. Au total, 12 ont décroché du caractère gras. Je n’ai pas les moyens de ne pas avoir de chance ou de me tromper trop souvent !

 

Comment avez-vous contracté le virus des courses et de l’élevage ?

Je n’ai aucun mérite, car je suis né à deux pas de l’hippodrome d’Auteuil. De temps en temps, j’y allais avec ma famille. Et puis, en 1960, les parents d’un ami avaient acheté des chevaux de course. Dès lors, tous les dimanches, j’allais aux courses. En six décennies, j’ai vu défiler beaucoup de chevaux. J’ai consacré beaucoup de temps aux courses pendant mes années d’étude. Le voisin de ma grand-mère, en Mayenne, avait des chevaux. Et c’est par son intermédiaire que j’ai récupéré Enitram. Mon premier entraîneur n’est autre de Gilles Delloye, le père d’Olivier Delloye. Le monde est petit. J’ai donc porté dans mes bras le futur directeur général de France Galop lorsqu’il était enfant ! Au contact des professionnels, en discutant, j’ai beaucoup appris. Je connais André Fabre depuis mon adolescence. Il a même gagné en selle sur un de mes représentants à Auteuil. Je suis très ami avec Jacques de Chevigny. Pierre-Charles Le Métayer m’a aussi beaucoup appris. Face à la maladie, il m’a impressionné. Il avait un mental très fort. Petit à petit, on se forge une culture hippique. Parfois, les succès vont font croire que vous avez tout compris. Mais les échecs vous remettent rapidement les idées en place. La victoire est belle, car elle est précédée de périodes difficiles…

 

La satisfaction de l’éleveur est-elle comparable à celle du propriétaire ?

Ce qui m’intéresse, c’est vraiment l’élevage. Lucayan a gagné la Poule d’Essai des Poulains sous d’autres couleurs que les miennes. Pourtant, j’étais fou de joie. Et ce d’autant plus que j’avais une grande confiance en lui. Avant la course, j’avais donné rendez-vous sur le podium à Bertrand Bélinguier, qui était alors le président de France Galop. C’était un peu sur le ton de l’humour, mais la dernière sortie de Lucayan avant sa victoire classique était impressionnante. Sa pointe de vitesse était extraordinaire.

 

Quelle est l’histoire de la mère de Pythagore ?

J’ai acheté Peony Girl (Phanton Breeze) aux ventes alors qu’elle était foal. Son père n’était pas très coté. Mais elle était belle et c’était la célèbre famille de Pétroleuse (Habitat). Je l’avais acquise sans même savoir qu’elle venait du haras du Buff où elle est ensuite retournée ! Elle a gagné quatre courses avant d’entrer au haras. Grâce à elle, j’ai fait le tour des hippodromes de l’Ouest. Au départ, elle fut saillie par des étalons de plat, car Peintre Célèbre (Nureyev) venait de sortir. J’aimerais avoir plus de temps pour aller vers plus d’étalons, car cela évite certaines erreurs. Néanmoins, j’essaye de varier les types de pères qui saillissent une même jument, afin de tenter de ne pas passer à côté du bon croisement. De même, je préfère confier les jeunes mères à des étalons confirmés. Avec Peony Girl, comme je le fais assez souvent, j’alterne un cheval "vite", c’était le cas de Pivotal, avec un étalon ayant plus de tenue, comme Kahyasi. Ce dernier était tout petit… tout comme la mère. Pourtant Pythagore (Kahyasi) est finalement devenu un cheval assez grand. Il a gagné le Prix Georges Courtois (Gr2), le Prix Romati (L), à deux reprises, la Grande Haie de Pau (L), le Prix La Gascogne Chase (L), deux fois… et il aussi décroché 26 places. Imaginer les croisements, c’est exaltant. Pendant cette période, l’éleveur, c’est un peu Dieu ! Si ça marche, vous êtes sur le toit du monde. Le produit qui va naître, c’est votre idée, votre conception.

 

 

Continuez-vous à exercer en tant que chirurgien ? Comment avez-vous réussi à cumuler

 vie professionnelle, vie familiale et bénévolat dans les institutions hippiques ?

Non, ce n’est plus d’actualité. Mais je vais aider mon épouse tous les vendredis. Elle est chirurgienne vasculaire. Grâce aux courses, il se passe toujours quelque chose. Ce lundi, je vais suivre avec attention une petite fille de Dentelle. Je pense qu’elle doit pouvoir faire l’arrivée [Dysnomie, ndlr]. J’ai eu la chance de pouvoir aménager mon emploi du temps professionnel pour pouvoir œuvrer au sein des institutions. Quand quelque chose vous donne beaucoup, il faut être capable de rendre, par exemple en donnant de son temps. On ne peut pas faire que prendre. C’est pour cela que j’ai accepté d’être commissaire. J’ai envie de travailler pour l’avenir des institutions. Je veux que mes petits enfants puissent aller aux courses en trouvant une filière hippique bien structurée. La critique ne me suffit pas, je souhaite m’impliquer pour essayer de faire évoluer les choses positivement.