Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Julien Phelippon :  « J’espère que les résultats inciteront une grande casaque à me confier des yearlings »

Courses / 09.02.2018

Julien Phelippon : « J’espère que les résultats inciteront une grande casaque à me confier des yearlings »

À LA UNE

Julien Phelippon :

« J’espère que les résultats inciteront une grande casaque à me confier des yearlings »

 

En 2016, Julien Phelippon a franchi le cap des 50 victoires et, en 2017, il a intégré le top 25 des entraîneurs français. Après avoir été turfiste, puis agent de jockey, il est aujourd’hui très présent dans les médias. Rencontre avec un homme atypique, à cheval entre sa passion et les exigences du professionnalisme.

Par Adrien Cugnasse

 

Jour de Galop. - Compte tenu de la réforme du programme, votre système, qui consistait à être copropriétaire d’une bonne partie de vos chevaux, est-il toujours viable ?

Julien Phelippon. - Je n’ai pas vraiment changé mon mode de fonctionnement. Mais il est certain que je dois m’améliorer d’année en année pour pérenniser mon activité. Depuis mon installation, les victoires et les gains de mes pensionnaires sont en progression régulière. J’ai amélioré mes connaissances, mais aussi la technique d’achat des chevaux. Je continue de penser que l’on peut dénicher de futurs bons chevaux, et pourquoi pas des black types en devenir, dans les épreuves à réclamer. C’est de cette manière que j’ai acquis Golden Sage (18.000 €), Weekfair (34.000 €), Mitchouka (33.000 €) et Storm River (32.200 €), et ils sont devenus des sujets de niveau Listed ou Gr3. Il est certain que, au-delà, il est peu probable de trouver des chevaux achetés à réclamer.

 

Pour viser plus haut, faut-il nécessairement travailler avec des yearlings ?

L’investissement dans les yearlings est une aventure exaltante, mais dans mon cas, cela reste encore économiquement difficile. Mes clients ont gardé des femelles pour l’élevage et ils m’ont confié trois sujets qui prennent 2ans en 2018. J’ai investi dans un yearling en octobre, à Arqana. Je vais y venir petit à petit, car on ne peut pas envisager ce métier sans un jour rêver de trouver des chevaux de haut niveau. Mais j’y vais prudemment. J’aime investir aux côtés d’associés. C’est une manière de leur donner confiance et de montrer que je crois en ce que je fais. J’essaye de faire mon travail de la meilleure des manières et j’espère que les résultats en piste inciteront une grande casaque à me confier des yearlings. C’est un cap qui est toujours difficile à franchir. J’ai conscience que mon franc-parler plaît à un certain nombre de personnes, en particulier aux journalistes. Mais il peut également me jouer des tours.

 

Vous avez conscience que décrocher trois mentions black type en dix mois avec des chevaux acquis à réclamer reste quelque chose de rare ?

Dans notre profession, il y a en fait deux métiers différents, qui ne sont pas comparables. Acheter un jeune cheval et le fabriquer, c’est une chose. Travailler avec des chevaux de deuxième main en est une autre. Le contexte économique me pousse à œuvrer dans la deuxième catégorie. Le jeu des "réclamer" va dans les deux sens. J’ai laissé partir Tree of Grace (Gold Away), dont Fabrice Vermeulen a su tirer la quintessence par la suite. On a beau me dire que ce n’est pas grave, ça me touche et j’essaye de comprendre pourquoi je me suis trompé. Ces deux dernières années ont été exceptionnelles pour l’écurie. Les bons résultats sont directement liés à la qualité de l’équipe. Mon personnel est très soudé, ce qui lui permet de produire un travail de qualité. Autour de chaque cheval qui intègre l’effectif, une réflexion collective se met en place pour l’amener à donner le meilleur de lui-même. Enfin, j’aime repérer des engagements potentiellement intéressants pour les chevaux. C’est en partie lié à mon expérience de turfiste.

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’entraînement ?

Mon grand plaisir, c’est de tirer la quintessence d’un maximum de chevaux, quelle que soit leur catégorie. Je ne veux pas que trois ou quatre sujets de tête travaillent pour les autres. Si j’ai dix partants, je préfère décrocher dix troisièmes places plutôt que gagner deux courses et terminer huit fois nulle part. Mon objectif est que chaque cheval de l’écurie soit dans le positif. En 2017, c’est grâce à 36 de mes pensionnaires que j’ai décroché 56 victoires. Comme tout le monde, je rêve de courir au niveau Groupe, mais le fait de sentir que je progresse est très motivant. À l’inverse, je vis très mal les périodes de méforme. Petit à petit, un cercle vertueux s’est créé autour de l’écurie. Le personnel et les propriétaires aiment venir, car il y a une bonne ambiance et du dialogue. Quand les chevaux courent mal, ce sont mes propriétaires qui m’appellent pour me consoler ! J’ai beaucoup de chance. Cette dynamique est mon moteur dans ce métier qui peut se révéler très dur psychologiquement et émotionnellement.

 

Récemment, on a vu apparaître dans votre effectif de nouvelles casaques, comme Nasser Al Mesned, Hamed Al Hababi ou Khalifa Al Attiyah.

Grâce à Sébastien Desmontils, j’ai reçu des chevaux de personnalités qui sont proches de l’équipe « Al Shaqab ». Ce sont des sujets de deuxième main qui sont là pour être valorisés, et éventuellement vendus, ou alors pour essayer de les rentabiliser grâce aux allocations françaises qui sont attractives. Malheureusement, dans le même temps, Jean-François Vignion, un de mes principaux propriétaires, nous a quittés. Il a donc fallu que je me réorganise. Je fonctionne de manière très simple : régulièrement, j’achète des chevaux avec la même attention que si je les achetais pour moi seul ; et dans un second temps, j’en partage la propriété avec mes clients. Vivre cette aventure à plusieurs, dans les bons comme dans les mauvais moments, c’est quelque chose que j’aime beaucoup. En outre, cela met les gens en confiance. Mais je ne fais jamais de démarchage : s’ils veulent travailler avec moi, il faut que cela soit de leur plein gré et qu’ils en aient vraiment envie. Aller aux ventes en quête de clients, ce n’est pas un exercice que je sais faire. Du coup, la croissance de mon effectif est très progressive, mais cela se passe dans une très bonne ambiance.

 

En 2011, lors de vos débuts, vous aviez gagné 5 courses. En 2017, vous en avez remporté 56. Est-ce la qualité des chevaux qui a progressé ? L’entraîneur qui s’est amélioré ? Ou les deux à la fois ?

Cette année, j’ai changé de cour. Je ne suis plus basé sur le pôle Lamorlaye - Coye-la-Forêt. À Gouvieux, la concentration en chevaux est moins élevée. Nous avons beaucoup de pistes, quatre paddocks et un marcheur de dix places à disposition. Pour redonner du moral à certains chevaux, c’est énorme. En parallèle, d’année en année, j’engrange de l’expérience et ma connaissance du programme progresse. Les résultats alimentent un cercle vertueux et la qualité des chevaux que l’on me propose a progressé.

 

En mars 2016, après votre première Listed, vous nous aviez confié tous les bénéfices que vous tiriez en tant qu’entraîneur de votre expertise de turfiste. Ces deux années ont-elles aussi été l’occasion de progresser en tant qu’homme de cheval ?

Avec les chevaux, on apprend tous les jours. J’aime savoir tout ce qui se passe dans mon écurie, mais je sais déléguer. Mon personnel est compétent, nous dialoguons beaucoup et un lien de confiance est à l’œuvre. Mes points faibles ne m’obsèdent pas. D’une part, car je progresse sur ce qui pouvait me faire défaut. D’autre part, car j’ai toujours eu l’optique d’installer une personne compétente dans chaque action. J’ai actuellement six salariés dont quatre sont de véritables piliers : Alexandre Dubreuil, mon responsable, Arnaud Devinck et Margot Kaspi, qui s’occupent tout particulièrement des voyages tout en étant polyvalents, Amandine Vernier et deux apprentis. Ervan Chazelle a intégré l’équipe à l’automne. Cela nous a beaucoup aidés pour Golden Sage.

 

Force est de constater que vous avez aussi des qualités de communicant un peu hors normes…

Les courses sont parfois associées à de la tricherie et j’essaye vraiment de casser cette image, en particulier auprès des turfistes. Parfois, ces derniers pensent que nous connaissons les arrivées à l’avance. C’est un fantasme. J’ai fait le choix de communiquer et dès lors j’essaye de ne pas servir de l’eau tiède. Mais dire ce que l’on pense peut vous attirer des inimitiés. Il faut que le débat vive. Les journalistes n’ont pas à s’excuser de venir interroger les professionnels. C’est aux professionnels de parler et de vendre leur sport.

 

À présent, vous intervenez également sur Equidia en tant que consultant. Pourquoi avoir tenté cette nouvelle aventure ?

J’aime communiquer et c’est un exercice où je me sens à l’aise. Je n’étais pas très assidu à l’école, mais dans ma jeunesse j’aurais rêvé être consultant pour une chaîne de télévision. Aujourd’hui, on me propose cela, en sachant que je m’intéresse à tous les types de compétition hippique. C’est un nouveau challenge. Ce n’est pas simple d’être face à la caméra. On fera un point dans quelques mois.

 

Weekfair, achetée à réclamer lors de ses débuts, s’est classée deuxième du Prix de Saint-Cyr (L) avant de prendre l’avion pour les États-Unis. Comment l’avez-vous dénichée ?

Le jour où je l’ai achetée, elle avait très bien accéléré face à des chevaux expérimentés, ce qui est toujours difficile. Elle n’était pas très belle, mais dans cette catégorie, je ne m’attarde pas trop sur le physique et j’essaye de me concentrer sur les performances en piste. Parmi les sujets à réclamer qui ont réussi dans mon effectif, certains avaient quelques soucis. Weekfair, elle, a bien entamé sa carrière chez moi en montrant une valeur un peu supérieure à 40, avant de se faire une entorse en fin d’année de 2ans. La pouliche est ensuite allée à Cagnes-sur-Mer, où tous mes chevaux sont tombés malades. Il était donc difficile d’évaluer son potentiel. C’est lorsqu’elle a ensuite quitté la piste fibrée pour le gazon qu’elle s’est révélée. J’ai pris le risque de courir des réclamers, mais ces épreuves lui ont permis de regagner du moral. Elle a trouvé des courses faciles au moment où elle n’était pas capable de supporter plus. Progressivement, elle est montée en puissance. Dans le même temps, elle a changé physiquement et nous avons trouvé la manière dont il fallait la monter. Un des problèmes des écuries classiques réside dans le fait qu’il faut s’adapter à la progression du programme, alors que les chevaux n’en sont pas forcément capables à ce moment-là. L’exemple de Weekfair est aussi intéressant sur un autre plan. Elle a couru 15 fois à 3ans. Cela prouve que les chevaux qui ne sont pas sur-utilisés le matin peuvent courir régulièrement sans problème. Les propriétaires sont contents de voir leur casaque plus souvent. Leurs chevaux décrochent des allocations. Et les parieurs ont des champs de partants plus fournis. Chaque entraîneur à sa méthode. Jean-Claude Rouget excelle en courant toutes les six semaines et quand il court, il a déjà deux options en tête pour la sortie suivante. Je suis admiratif, mais je ne peux pas appliquer sa méthode. J’ai certainement plus été inspiré par Robert Collet ou Cédric Boutin. So You Think (High Chaparral) avait préparé la Melbourne Cup en courant trois jours avant sur 2.000m. Si les Australiens en sont capables, pourquoi ne le serions-nous pas ? En Angleterre, on voit régulièrement des sauteurs courir en portant beaucoup de poids. Quand un cheval est en forme, il faut savoir l’utiliser sans attendre.

 

Vous avez acheté Mitchouka le 8 mars 2017 dans un "réclamer". Le 19 mars, il se classait troisième du Prix Omnium II (L) et le 9 avril il quittait la France. Il s’est depuis classé troisième du Knight Frank Juvenile Hurdle (Gr2). Qu’est-ce que qui vous avait poussé à remplir le bulletin à 33.000 € ?

J’aurais du mal à vous parler longuement de Mitchouka (Creachadoir), car il n’est resté que trois semaines à l’écurie. Je l’ai acheté après une victoire à Compiègne, en terrain très lourd, où il avait battu de cinq longueurs un de mes pensionnaires qui était un cheval très valable. Un peu au culot, j’ai visé une Listed qui me paraissait un peu creuse dix jours plus tard. Il s’y est très bien comporté. Mitchouka est un cheval sain et facile. Je pense qu’il aurait pu faire une bonne carrière en France. Mais je n’ai pas eu le temps de m’y attacher, car nous avons reçu une belle offre pour l’exportation en Irlande, très supérieure à ses espoirs de gains dans l’Hexagone. Le fait d’avoir des black types m’a permis de réaliser des ventes à l’exportation. Et le commerce, c’est nouveau pour moi. J’ai la chance de travailler en confiance avec Sébastien Desmontils. Sermando (Fuissé), acheté 23.500 € à réclamer par l’écurie Brillantissime et Rupert Pritchard-Gordon, a gagné une Classe 2 sous mon entraînement. Il a été vendu 97.000 € à Arqana. Le matin, c’était le plus mauvais cheval de ma carrière. Mais l’après-midi, il se livrait vraiment. Dans le jeu des réclamers, il ne faut pas avoir peur de passer après de très bons entraîneurs. Cavaprun (Siyouni) était entraîné par Didier Guillemin, un professionnel que j’admire vraiment. Le cheval avait réalisé un chrono exceptionnel le jour de sa réclamation. Mais c’est un sujet difficile qui s’est révélé en changeant d’environnement et de tactique en course. Il a ensuite remporté une Classe 1.

 

Pensez-vous avoir un jour la possibilité de garder ces chevaux qui se sont révélés chez vous ?

Ce n’est jamais facile de laisser partir un cheval qui montre de la qualité. Mais je dois garder à l’esprit l’aspect économique. En outre, les chevaux situés entre 40 et 45 de valeur sont difficiles à exploiter en France. L’effet pyramidal est parfait de 20 à 40. Mais les sujets qui sont dans la borne basse du niveau Listed, ou juste en dessous, ne sont pas simples à rentabiliser.

 

Golden Sage a elle aussi une histoire qui sort des sentiers battus…

Nous l’avons achetée à réclamer le 9 janvier 2017. Elle a ensuite connu des hauts et des bas, en gagnant notamment trois courses en plat. Mais au bout d’un certain temps, je commençais à perdre patience, car elle montrait vraiment ses limites. Le fait qu’elle soit issue de Sageburg (Johannesburg), un étalon qui a produit de bons sauteurs, m’a incité à l’essayer sur les obstacles. J’ai la chance de travailler avec Ervan Chazelle qui a rapidement vu qu’elle sortait de l’ordinaire dans ce nouvel exercice. Elle a ensuite gagné trois courses sur les obstacles, dont le Prix André Masséna (L). J’aurais pu la vendre pour presque rien en plat et, finalement, elle s’est imposée dans une Listed sur les obstacles… Il y a certainement beaucoup de chevaux chez lesquels on n’arrivera jamais à trouver le déclic pour qu’ils se révèlent. C’est en tout cas passionnant de le chercher. La pouliche n’aime pas trop travailler dur le matin. Elle se sent plus à l’aise dans de longs galops de chasse. Dès lors, elle manque de rythme lorsqu’elle recourt. Je préfère donc la courir rapprochée, quitte à alterner entre le plat et l’obstacle. Cyborg (Artic Tern) a failli gagner le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) alors qu’il s’était imposé dans un handicap en plat neuf jours avant.

 

Quel est votre sentiment sur l’évolution de l’entraînement à Chantilly ?

C’est un site exceptionnel. Je ne changerais pour rien au monde. Les équipes de France Galop font leur maximum. Les coûts sont un peu supérieurs, mais je pense que Chantilly est en train de se redresser, particulièrement en plat. L’obstacle redressera la barre si les jeunes entraîneurs, comme Mickaël Seror, redonnent l’envie à certains de venir s’y installer. J’ai confiance en l’avenir de Chantilly. Un peu moins en  celui de Maisons-Laffitte où il n’y pas de vision à long terme. Comment investir si l’on n’a pas une certaine visibilité ? D’une manière générale, Paris a par le passé fait l’erreur de se placer sur un piédestal, avec un certain snobisme. La jeune génération d’entraîneurs est prête à casser tous les codes pour reconquérir des parts de marché. Si le métier va mal, c’est en grande partie à cause des professionnels. Notre filière a encore une grande marge de progression.

 

Cet hiver, vous êtes allé aux courses à Hongkong. Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné ?

Tout ce qui est mis en place est pensé du point de vue des turfistes. Ils peuvent suivre en vidéo l’entraînement, le matin, ce qui est bien sûr facilité par le fait que tous les chevaux évoluent dans un même lieu. On ne cache rien et c’est important. Dans ce pays, les parieurs ont accès au « Jockey Challenge », un pari qui me paraît exceptionnel. C’est un jeu à cote fixe qui est proposé en mutuel. C’est l’avenir des courses. On vous propose un jockey à 5/1. Vous jouez… et le suivant l’aura par exemple à 4,5/1, car le fait que vous l’ayez joué aura fait baisser sa cote. Mais la vôtre, on vous la garantit. Pour le joueur, c’est passionnant. L’ambiance sur l’hippodrome est exceptionnelle. C’est grisant de voir une telle foule. J’ai moins aimé le fait que les chevaux vivent dans un environnement totalement urbain, même s’ils sont très suivis sur le plan vétérinaire.

 

Que pensez-vous de la réforme du programme qui vise à augmenter le nombre de partants ?

Je demande aux institutions d’essayer, de tenter. Historiquement, au galop, on essaye trop peu de nouveautés et, lorsqu’une tentative n’est pas fructueuse, on met trop de temps à faire machine arrière. Il ne faut pas hésiter à essayer. Dès lors, je suis favorable aux réformes et à ce qui été lancé pour le programme des 2 et 3ans. On ne peut pas courir des épreuves à quatre chevaux que l’on veut préserver. Les courses sont une compétition. Il faut se mesurer et ne pas avoir peur de finir troisième. On manque de partants et d’enjeux, et si certains entraîneurs étaient prêts à fournir de 3 à 5 % de partants en plus, ils pourraient à eux seuls sauver l’institution. Pour un professionnel qui génère 200 partants annuels, une augmentation de 5 % représente 10 engagements. C’est à la portée de tout le monde. Aux États-Unis et à Hongkong, on force les gens à courir…

 

Avec le recul, quelques mois plus tard, quel regard portez-vous sur l’épisode social qui a provoqué l’annulation des courses à Saint-Cloud ?

J’avais participé à la concertation du dimanche matin avec France Galop. Je suis certain que le plan qui a été adopté le lendemain était déjà acté au moment de la réunion dominicale. Si Édouard de Rothschild et Olivier Delloye avaient communiqué dans ce sens, les choses auraient pu mieux se passer. Le premier plan était inacceptable, en particulier sur l’histoire des conçus et des non-conçus. Le deuxième plan est beaucoup plus juste. Je suis heureux d’avoir milité contre le premier. Mais je suis triste de voir que les courses ont été annulées à cause d’une cacophonie et d’une mésentente. J’apprécie la nouvelle équipe de France Galop dans le sens où ils essayent de faire évoluer la situation. Les professionnels sont consultés, ce qui est très positif, mais ils ne sont pas assez entendus. Sur les sujets les plus importants, il faut sonder les professionnels, quitte à s’appuyer sur un vote.

 

Qu’attendez-vous du nouveau Longchamp ?

Beaucoup de choses. Je suis enthousiaste à l’idée de découvrir les soirées du jeudi, à destination des étudiants et des jeunes actifs, en espérant qu’elles puisent leur inspiration dans ce qui se fait de mieux à l’étranger. Mon grand espoir, c’est que ce nouvel outil ramène du monde aux courses. Je serais prêt à accepter une petite baisse des allocations si j’étais certain qu’il y aurait plus de monde sur l’hippodrome. Il faut créer des vocations et non plus simplement essayer d’empêcher le bateau de couler. Certains disent que le nouveau Longchamp a coûté trop cher. C’est certainement vrai. Mais à présent, il faut tout donner pour en faire une réussite. De toute façon, j’ai toujours un frisson quand je franchis le portail de Longchamp. Quel que soit le niveau de mes partants.