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Jour de Galop

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KARAKA NATIONAL YEARLING SALE - La Nouvelle-Zélande a fait le pari (gagnant) de la tenue

International / 04.02.2018

KARAKA NATIONAL YEARLING SALE - La Nouvelle-Zélande a fait le pari (gagnant) de la tenue

 

Les éleveurs de Nouvelle-Zélande peuvent se réjouir. Un tiers de la production du pays (plus de 3.500 naissances) était dans le catalogue des huit sessions de Karaka. Ce dimanche, à l’issue de la dernière session, le chiffre d’affaires a atteint 96,5 millions de dollars néozélandais (environ 56,47 millions d’euros). C’est une progression de 18,2 % par rapport à 2017. Pendant cette vente, 956 yearlings ont trouvé preneurs, soit neuf de plus que l’an dernier, alors que l’offre comptait cent sujets de moins. La décision de New Zealand Bloodstock, qui a mélangé dans le Book 1 les yearlings de la Premier Sale et les meilleurs de la Select Sale, a été payante.

60 % ont été vendus à l’étranger. Les étrangers ont acheté 436 des 787 (55,4 %) sujets vendus dans les sessions des Books 1 et 2. Ils ont généré 56,7 millions de dollars néozélandais (33,1 millions d’euros) de chiffre d’affaires, soit 59,7 % du total. Le marché de Nouvelle Zélande est orienté sur l’export depuis des années. On peut se demander pourquoi les propriétaires et les entraîneurs de Hongkong, en compagnie des Australiens et des autres pays asiatiques, achètent en Nouvelle-Zélande. La réponse est d’une grande simplicité : ils cherchent ce que leur élevage, axé sur précocité et vitesse, n’arrive plus à produire.

Savabeel  et Tavistock, le champion et son dauphin. Les deux étalons qui ont attiré l’attention des acheteurs étrangers sont Savabeel (Zabeel), tête de liste local, et Tavistock (Montjeu), le prétendant à la couronne. Pas moins de 38 yearlings par Savabeel sur 62, tous dans le Book 1, ont été achetés par des étrangers. Cela représente 9,84 millions de dollars néozélandais. L’exportation est encore plus importante pour Tavistock : 50 yearlings sur 62 vendus partiront à l’étranger. Les investisseurs étrangers ont dépensé 8,2 millions de dollars néozélandais pour ses produits.

La ligne de Sir Ivor. À l’ère de la navette, Savabeel et Tavistock sont deux étalons qui s’inscrivent à l’inverse de cette tendance. Savabeel, né en Australie, est un fils de l’étalon tête de liste en Nouvelle-Zélande Zabeel. Lui-même était issu de Sir Tristram (Sir Ivor), qui, après une carrière de petit niveau en France, est devenu un vrai chef de race de l’autre côté de la terre. Sir Tristam est le père de 45 gagnants de Gr1. Savabeel était bon mais pas assez rapide. Il a gagné le Cox Plate (Gr1) sur 2.040m à 3ans et a pris la deuxième place du Victoria Derby (Gr1) sur 2.500m. Vu ce palmarès, l’étalon ne pouvait prétendre donner des 2ans pour gagner le Golden Slipper. Il fut donc vendu en Nouvelle-Zélande… Bonne pioche. C’est grâce à lui que la ligne de Sir Ivor se pérennise. D’après Lester Piggott, Sir Ivor était le plus grand champion de sa carrière de jockey.

Tavistock… d’une souche Tavistock. Tavistock est un pur européen, issu de la grande souche… Tavistock. Sa mère, Upstage (Quest For Fame), a pris l’avion pour la Nouvelle-Zélande après une courte carriére (six courses et 357 £ de gains) et un passage sans résultat à la Tattersalls December Sale 2001 : rachetée pour 3.000 £. Elle a eu droit à Montjeu (Sadler’s Wells), qui faisait alors la navette en Nouvelle-Zélande, lors de sa troisième saison. Le poulain à naître, Tavistock, s’est révélé atypique dans la production de Montjeu. Il avait de la vitesse, mais 1.600m étaient le but du monde pour lui. Il a gagné deux Grs1 en Nouvelle-Zélande et un Gr2 en Australie. Sir Patrick Hogan l’a voulu comme étalon à Cambridge Stud où il officie à 12.500 dollars néozélandais.

Quatre gagnants de Derby en deux générations. Savabeel a donné quinze gagnants de Gr1 et quarante-six lauréats de Groupe en neuf générations. Son prix est monté à 100.000 dollars néozélandais. Tavistock a donné quatre lauréats de Derby avec ses deux premières générations : Werther a gagné le Hong Kong Derby, Infantry le Singapore Derby, Tarzino le Victoria Derby et Tavago l’Australian Derby. Ses produits réussissent bien en Asie et en Australie. Il est de plus en plus recherché par les éleveurs de Nouvelle-Zélande, qui ont besoin d’exporter. Son tarif est monté de 12.500 à 65.000 dollars néozélandais.

Ils sont comme nos sauteurs. Les deux top-étalons de Nouvelle-Zélande sont parfaitement placés dans ce pays. En Australie, ils auraient des problèmes à trouver une bonne jumenterie. Pas assez de speed et de précocité. Il aurait aussi été difficile de les vendre en Europe où les éleveurs pensent à l’Océanie comme au continent de la vitesse. C’est  partiellement vrai car en Nouvelle Zélande, ils continuent à produire des bons chevaux de 2.400m. Et ils les vendent. C’est un scenario qui nous rappelle beaucoup la réussite des chevaux français sur les obstacles anglo-irlandais…