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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Qui est l’éleveur de Black Corton ?

Élevage / 20.02.2018

Qui est l’éleveur de Black Corton ?

Par Alice Baudrelle

Le récent succès de Black Corton (Laverock) dans un Gr2 à Ascot met en lumière son éleveur, Dominique Guyon, qui n’en est pas à son premier bon cheval. En effet, il avait déjà fait naître Richebourg (Le Riverain), un très bon AQPS de la fin des années 80. Il nous a raconté son violon d’Ingres.

Jour de Galop. – Black Corton vient de remporter un nouveau succès de prestige outre-Manche. Comment vivez-vous cette aventure ? Êtes-vous déjà allé le voir courir en Angleterre ?

Dominique Guyon. - J’ai déjà eu de bons chevaux par le passé, donc ce n’est pas une nouveauté pour moi. Le premier cheval que j’ai élevé s’appelait Richebourg, c’était un champion. Il a gagné vingt courses dans sa carrière, plat, haies et steeple confondus, et il est mort d’une crise cardiaque en retournant aux balances à Auteuil. Pour en revenir à Black Corton, je ne suis pas encore allé le voir courir là-bas, car je n’en ai malheureusement pas le temps… Je suis viticulteur, et de ce fait assez occupé. J’ai vu que Black Corton était engagé le 14 mars prochain à Cheltenham, mais je serai en voyage à l’étranger ce jour-là.

L’élevage de chevaux n’est donc pas votre activité principale ?

En effet, je suis viticulteur, et c’est un métier très prenant ! Mon domaine se situe à Savigny-lès-Beaune. Je dois me déplacer fréquemment car je vends du vin dans cinquante pays différents. Nous produisons 200.000 bouteilles par an, dont la plupart sont exportées vers les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon… Je possède 48 hectares de vignes et je m’occupe tout spécialement des vinifications avec l'aide de Vincent Nicot, qui est le maître de chai et le chef de culture. Le suffixe "Corton" de mon élevage est directement lié à l’univers du vin !

Comment en êtes-vous venu à élever des chevaux de course ?

Je fais de l’élevage depuis plus de trente ans. Je suis un passionné de chasse et j’ai toujours eu des chevaux. C’est Yves de Soultrait, l’éleveur du champion Monoalco (Dom Alco), qui m’a appris comment élever des chevaux. J’ai fait de l’élevage pendant dix ans, j’ai arrêté pendant dix ans par manque de temps, puis la passion a repris le dessus ! J’élève mes chevaux à Clomot, dans le département de la Côte-d’Or.

Combien de poulinières avez-vous actuellement ?

J’ai actuellement deux poulinières. La première se nomme Pour le Meilleur (Vidéo Rock), c’est la mère de Black Corton. Je l’avais achetée à Nicolas de Lageneste car elle avait du cadre. Elle m’a donné Victoire de Corton (Robin des Champs), qui a fait l’arrivée de chacune de ses courses avant de se tuer lors d’une chute en steeple à Lignières. J’ai ensuite croisé Pour le Meilleur avec Laverock (Octagonal) car je le trouvais élégant et je pensais que son modèle était compatible avec celui de ma jument. C’est ainsi qu’est né Black Corton. Ma deuxième poulinière est une autre sœur de Black Corton, Comète de Corton (Network). Elle était très estimée à l’entraînement mais elle s’est fait une fracture de fatigue peu avant ses débuts, et de ce fait, elle n’a jamais couru. Cette année, Pour le Meilleur devrait être saillie par Coastal Path (Halling), tandis que Comète de Corton pourrait rencontrer Karaktar (High Chaparral). Je choisis les croisements au feeling !