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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Pascal Dubois, de l’élite des sports équestres aux courses d’obstacles

Courses / 17.02.2018

Pascal Dubois, de l’élite des sports équestres aux courses d’obstacles

Pascal Dubois, de l’élite des sports équestres aux courses d’obstacles

De 2007 à 2013, Pascal Dubois était le directeur technique national (*) de la Fédération française d’équitation, un poste clé au cœur de l’élite des sports équestres. Après avoir longtemps enseigné l’équitation, cet ancien cavalier professionnel s’est découvert une nouvelle passion à l’approche de la soixantaine : l’entraînement des chevaux d’obstacle.

Par Adrien Cugnasse

Jour de Galop. – En tant que directeur technique national, vous avez supervisé l’ensemble des disciplines équestres en France. Après avoir fréquenté toute cette diversité de pratiques autour du cheval, qu’est-ce qui vous attire dans l’entraînement des galopeurs ?

Pascal Dubois. - Dans tous les sports équestres, à l’exception de l’endurance, on essaye de faire progresser le cheval sur ses défauts, c’est-à-dire souvent sur ce qu’il n’aime pas. Celui qui saute mal les oxers, on le travaille pour améliorer son geste sur les oxers… Avec les galopeurs, même si j’ai conscience des limites de mes connaissances sur ce sujet, je pense qu’on cherche avant tout à trouver la discipline dans laquelle le cheval est le plus à l’aise. De manière un peu caricaturale, on peut dire qu’on le travaille sur ses points forts. Pour tout vous avouer, je suis en train de réaliser que si j’avais eu le temps de tester la préparation des galopeurs plus tôt dans ma carrière, je pense que j’aurais certainement passé une licence d’entraîneur public. En fait, les courses au galop ont un côté très agréable pour les chevaux, car ils ne sont pas dans la contrainte. La compétition peut être dure, elle peut être violente, mais elle ne se concentre que sur les qualités intrinsèques du cheval. C’est encore plus vrai en plat d’ailleurs : Usain Bolt ne sera jamais un coureur de 5.000m, il est fait pour le 100m. Cela me plaît beaucoup. Et ce d’autant plus que cela correspond à ce que l’éthologie m’a appris, en termes de bien-être et de comportement. Dès lors, il n’est pas surprenant de constater que les chevaux de course sont des sujets très agréables.

 

Le 15 février votre pensionnaire Diva de Mai s’est imposée de 15 longueurs dans un Steeple-chase pour AQPS à Angers. Dans quel contexte avez-vous commencé à entraîner ?

J’ai passé mon permis d’entraîner en octobre 2013 et je me suis lancé en 2014. Les courses m’ont toujours attiré. J’avais des amis qui montaient ou qui entraînaient en amateur. Si bien que j’ai toujours suivi les courses de plus ou moins loin. Je connais depuis longtemps les éleveurs et propriétaires de Diva de Mai (Roli Abi), Jean-Yves Touzaint et Nicolas Touzaint, qui sont très connus dans l’univers du concours complet. Nous vivons dans la même région. Diva de Mai est pour l’instant le meilleur cheval de course que j’aie entraîné. Elle m’offre une huitième victoire. J’entraîne en solitaire, sans pouvoir constituer un lot. Dès lors, je me sers des premières courses pour faire progresser mes pensionnaires, en essayant de ne pas perturber le travail des professionnels qui ont engagé des chevaux dans ces mêmes épreuves. Diva de Mai est venue progressivement. Elle a enchaîné trois deuxièmes places avant de gagner. Faire prendre de l’expérience aux chevaux, en leur montrant différents environnements, c’est une habitude que j’ai gardée de mon parcours dans les sports équestres.

 

Pourtant, dresser un cheval de concours hippique, ce n’est pas la même chose que former un cheval de course d’obstacles ?

Je ne suis pas tout à fait de votre avis. J’ai dressé Diva de Mai sur les obstacles en me servant de mes bases de cavalier de concours. En étant directeur technique national, je suivais de près la préparation des chevaux de l’équipe de France de concours complet. Cela me donne une certaine idée de la préparation des chevaux. J’ai par ailleurs passé huit jours chez Guillaume Macaire. Je pense qu’il faut avant tout que les chevaux sautent bien. La question de la vitesse vient plus tard dans le travail. Je commence donc par les mécaniser sur de petits obstacles et, petit à petit, la vitesse augmente. Je m’entends très bien avec Richard Le Stang, qui montait Diva de Mai lors de ses trois dernières sorties. Il vient faire sauter mes pensionnaires une fois qu’ils sont bien mis

 

Quelles ambitions pourriez-vous avoir avec Diva de Mai ?

Elle est repartie chez les Touzaint pour un petit break. Je vais chercher une course vers la fin du mois de mars ou en avril. Peut-être à Compiègne, Auteuil ou Fontainebleau. Elle n’aura pas trop le choix, vu ses gains.

 

Avez-vous d’autres pensionnaires qui vous semblent prometteurs ?

Electric Cite (Dragon Dancer) a couru une fois à 3ans pour découvrir la compétition. Dimanche dernier, toujours en plat, il fait sa rentrée à Machecoul. C’est un cheval agréable, je l’aime bien, mais c’est un grand modèle et nous y allons progressivement. Richard Le Stang commence à le sauter à l’entraînement. Il galope en étant relâché, il saute bien, mais la difficulté, dans mon contexte d’entraînement, c’est qu’il est difficile de juger la vitesse, car mes chevaux n’évoluent pas dans un lot. Electric Cite a été élevé par Roger-Yves Simon. L’entraînement me plaît beaucoup, je n’ai aucun problème à me lever tôt pour aller m’occuper des chevaux !

 

Jean-Yves Touzaint, l’éleveur de Diva de Mai, est aussi celui de Bristol de Mai, qui a gagné un Gr1 de 57 longueurs en novembre 2017.

Je m’en souviens très bien. Lors de mon stage chez Guillaume Macaire, Bristol de Mai (Saddler Maker) venait de gagner à Auteuil et il était en partance pour l’Angleterre. Je fréquente la famille Touzaint depuis très longtemps. Je montais en concours complet en même temps qu’eux. Et lors de l’édition où mon fils a couru le CCI4* de Badminton, c’est Nicolas Touzaint qui s’était imposé !

 

* Le directeur technique national est le responsable d’un sport et de sa mise en place au niveau national. Il organise la politique fédérale au niveau de la formation des cadres et de la promotion du sport. Il est notamment responsable de l’ensemble des équipes de France et de la politique sportive de haut niveau.