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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

CES PAYS QUI MISENT SUR LA JEUNESSE - Des projets ultra ambitieux pour rajeunir la filière hippique

Courses - International / 28.02.2018

CES PAYS QUI MISENT SUR LA JEUNESSE - Des projets ultra ambitieux pour rajeunir la filière hippique

 

Au moment où l’on veut renouveler le public des courses, des jeunes du monde entier essayent, dans leur pays, de transmettre leur passion pour le sport hippique. Nous avons donné la parole à ces jeunes passionnés qui sont peut-être en train de fabriquer l’avenir de notre filière…

En France, Aux courses les jeunes (A.C.L.J.) est à présent bien connue. Cette association a pour but de faire découvrir les courses et leurs coulisses aux étudiants et aux jeunes actifs. Elle organise des événements tout au long de l'année, tels que des visites de centre d'entraînements mais aussi de haras, ainsi que des journées aux courses et aux ventes. A.C.L.J. tente d'accueillir les participants à des coûts avantageux, dans une ambiance jeune et conviviale. De son côté, France Galop a créé sa propre "marque de fabrique" sous le nom de We Are Horseracing, proposant des services de billetterie à prix réduit, de la mise à disposition de mobilier pour des événements comme ceux organisés par Aux courses les jeunes par exemple... L’action de We Are Horseracing ne se limite pas au jeune public.

AUSTRALIE Julieanne Horsman : « Chez Y.P.R., nous construisons un réseau de futurs leaders. »

Contrairement à ce que son nom indique, Young Professionals in Racing n’est pas réservé aux professionnels. Néanmoins, ce club à une réelle orientation professionnelle et beaucoup d’adhérents sont là pour se forger un réseau dans la filière hippique.

Particularité du projet australien : initiation aux paris hippiques, présence de personnalités, évaluation du niveau de connaissance des adhérents grâce à un quizz, forte présence de la notion de business dans les motivations des membres.

Jour de Galop. – Pourquoi avoir créé Young Professionals in Racing ?

Julieanne Horsman. – Y.P.R. a été fondé pour mettre en relation les jeunes passionnés des courses hippiques, encourager la prochaine génération dans la filière et offrir un tremplin pour les nouveaux venus.

Quels sont vos événements ?

Y.P.R. organise une grande diversité d'événements associés au sport hippique, y compris des cocktails lors des principaux jours de courses, des soirées sur les paris hippiques, des visites d'écuries, des défilés de mode et des sorties sur les hippodromes. Nous essayons toujours d'introduire un élément éducatif dans toutes nos activités et avons souvent des jockeys, des entraîneurs, des courtiers, etc., qui effectuent une présentation. Notre objectif est d'attirer de nouvelles personnes dans la filière hippique australienne et d'encourager les autres à s'impliquer davantage.  Lorsque les gens adhèrent à Y.P.R. ou renouvellent leur adhésion, nous leur faisons faire un court quiz en ligne. Lorsque nous constatons que le nombre de propriétaires de chevaux de course et de membres de clubs de courses augmente, nous savons que nous sommes sur la bonne voie. Nous avons également des pourcentages mineurs dans une poignée de chevaux de course : certains que nous payons, d'autres nous ont été offerts. Cela nous permet de donner à nos membres l'expérience de la propriété.

Qui sont vos membres ?

Chez Y.P.R., nous construisons un réseau de futurs leaders. La plupart de nos membres réussissent dans leur carrière et ont un bon revenu. Nous les encourageons à faire des affaires et à partager leurs contacts. Très souvent, des sportifs professionnels et des célébrités sont présents lors de nos événements. Les membres savent que c'est l’endroit idéal pour établir des contacts de qualité. Nos membres ont entre 18 et 40 ans. Mais nous n'excluons pas de personnes qui dépasseraient ce seuil. Si leur état d'esprit est jeune, nous les acceptons sans difficulté. Notre moyenne d'âge est de 30 ans et elle augmente à mesure que notre Conseil d'administration vieillit.

Recevez-vous un soutien financier ?

Y.P.R. facture 100 AU$ par an à ses membres. Nous recevons également un soutien important de la TAB (société de paris) et de Racing New South Wales (le France Galop local). L'Australian Turf Club offre des forfaits d'événements à prix réduits et nous avons beaucoup de petits sponsors qui nous offrent des prix. Par bonheur, deux directeurs d'Y.P.R. travaillent à temps plein chez Racing NSW – l'organisme directeur des courses de chevaux en Nouvelle-Galles du Sud.

Comment fidélisez-vous vos membres ?

Nous avons un taux de fidélisation très élevé car Y.P.R. apporte une réelle valeur ajoutée. Une fois que l’adhésion annuelle est réglée, tous les événements lors d'une journée de course à Sydney sont gratuits. L'idée est que les gens peuvent se joindre à Y.P.R., se faire leur propre opinion, voir de quoi il s'agit et si cela ne leur plaît pas, ils n'ont rien perdu. Nous réalisons toutes nos inscriptions et nos renouvellements par le biais de notre site web. Nous sommes également actifs sur les réseaux sociaux et envoyons régulièrement des newsletters.

Quels sont vos projets pour 2018 ?

L'automne est la saison de course principale à Sydney et nous nous y préparons. Nous tiendrons une soirée de lancement de la saison à Royal Randwick, le 3 mars prochain. Nous organisons une journée de courses commune avec les jeunes membres de l'Australian Turf Club et une fête de fin de saison à la fin du mois d'avril. Nous aurons également une soirée d'avant-première sur le thème du pari hippique. Elle sera animée par un expert, qui est en fait un analyste. Cet événement se déroulera quelques jours avant le Carnaval de Sydney. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux membres, d'un plus grand nombre de sponsors et nous cherchons constamment à améliorer les services d'Y.P.R.

 

Julienne Horsman, secrétaire générale d'Y.P.R. Cette jeune femme est responsable médias et communication chez Racing NSW. Cette entité lui dégage du temps de travail pour qu’elle puisse œuvrer au sein d’Y.P.R. Elle nous a d’ailleurs confié : « Beaucoup de personnes avec lesquelles je travaille au quotidien soutiennent Y.P.R. car elles savent qu'il est important d'encourager la prochaine génération de leaders et de passionnés des courses. »

 

ÉTATS-UNIS 

Samantha Bussanich : « Nexus s'associe à des propriétaires reconnus dans le cadre d'un contrat de location sans participation. »

Au départ, le Nexus Racing Club rassemble de nouveaux venus dans la filière qui veulent aider à faire découvrir le sport hippique. Proches de plusieurs grands propriétaires, ils ont à présent l’ambition de créer des vocations.

Particularité du projet américain : Des contrats de location temporaire et sans participation qui permettent de découvrir le propriétariat sans avoir à investir. FIN APLAT

Jour de Galop. - Pourquoi avoir créé le Nexus Racing Club ?

Samantha Bussanich. – Pour bien comprendre notre club, il faut savoir qu’aucun d’entre nous n’est issu d’une famille du monde des courses. En outre, les membres fondateurs sont toutes des femmes de moins de 22 ans. Nous avons créé Nexus car nous avions remarqué un manque de personnes de notre génération aux courses. En outre, le prix d'entrée est vraiment élevé par rapport à celui d'autres sports comme le basket-ball, le football...

Le premier objectif de Nexus était donc de créer une porte d'entrée vers le monde des courses hippiques. Nous voulions qu’il soit accessible pour le fan moyen et relativement abordable tout en offrant aux membres des opportunités rares et uniques.

Le deuxième objectif était d'offrir des occasions de réseautage avec les professionnels de la filière et les autres membres du club. Nexus s'associe à des propriétaires reconnus, comme Glen Hill Farm, LNJ Foxwoods et StarLadies Racing, dans le cadre d'un contrat de location sans participation. Dans les faits, cela signifie que nous n’apportons aucun capital et donc que nous ne recevons aucun retour financier si le cheval réalise une performance : le but de Nexus Racing Club est d’offrir une expérience positive, et en immersion, des courses hippiques. Le fait d'avoir un contrat de location temporaire et d'être associé aux chevaux procure une expérience de propriété sans frais.

Quels sont vos événements ?

L'équipe Nexus organise des événements, fournit des opportunités de réseautage, des avantages lors des réunions de courses, collabore avec les leaders du secteur, gère de multiples plateformes de médias sociaux et assure le fonctionnement du club. Craig Bernick, qui est le président de Glen Hill Farm, agit comme conseiller pour Nexus aux côtés de Megan Jones qui a fondé Valor Ladies, le premier syndicat de femmes aux États-Unis.

Qui sont vos membres ?

Nos membres ont entre 18 et 30 ans : 70 % sont étudiants. Ils viennent de dix-neuf États différents et notre structure accueille aussi une personne en provenance de Grande-Bretagne. L’adhésion dure un an. Au 1er juin, elle cesse et les membres doivent renouveler leur adhésion.

Recevez-vous un soutien financier ?

Nous sommes entièrement financés par les adhésions et ne recevons aucun soutien financier des autorités hippiques. Nos frais d'adhésion sont fixés à 100 $. L’argent est utilisé pour financer l'accès, les fournitures et les événements. Je dirai toutefois que le soutien que nous avons reçu des autorités et des acteurs de la filière nous a été extrêmement utile. Et nous leur en sommes tous très reconnaissants.

Quels sont vos projets pour 2018 ?

L’année 2018 sera déterminante pour Nexus. Nous travaillons à notre développement. Nous avons deux objectifs majeurs. Le premier sera de poursuivre le développement de notre effectif de chevaux en location et de créer de nouveaux partenariats avec les propriétaires. Le deuxième est de continuer à élargir l'expérience des membres tout en augmentant leur nombre. À long terme, nous voulons convertir nos membres en acteurs des courses, par exemple en tant que propriétaires.

 

Samantha Bussanich est cofondatrice de Nexus et présidente du club. Elle a expliqué : « J’ai fondé Nexus Racing Club avec Sophie Shore et Dare Sutton en octobre 2016. En dehors de Nexus, je suis actuellement à l'Université du Kentucky, où j'ai une double spécialisation en marketing, en sciences équines et en gestion. Je travaille pour Mark Casse Racing quand cela est possible et à l'hippodrome de Keeneland. Pendant la saison des ventes, je travaille pour James Keogh, un consignataire. Cela fait trois ans que j’exerce comme photographe pour Eclipse Sportswire – la société photographique officielle de la Breeders' Cup. En tant que présidente de Nexus, je suis chargée de superviser le fonctionnement du club, les relations avec les clients et les membres, le recrutement et l'organisation d'événements pour nos membres. » Nexus Racing Club est présent sur internet grâce à son site web, mais aussi sur les réseaux sociaux, Twitter, Facebook et Instagram.

 

Retrouvez dans notre prochaine édition la suite de ce dossier consacré aux clubs de jeunes passionnés des courses hippiques avec la Grande-Bretagne et l’Allemagne.