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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Carlos Laffon-Parias, l’élégance en bleu, coutures blanches

Courses / 19.02.2018

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Carlos Laffon-Parias, l’élégance en bleu, coutures blanches

 

En 2017, Carlos Laffon-Parias a sellé 54 partants, soit exactement la moitié de ce qu’il avait eu dix ans auparavant, en 2007. Il a remporté quatre Groupes et cinq Stakes avec quatre chevaux différents, alors qu’en 2007, son score fut de dix victoires black types mais un seul Groupe avec six chevaux.

En 2017, Carlos Laffon-Parias a fait gagner vingt-neuf des cinquante-quatre chevaux qu’il a présentés, avec une réussite de 17,5 % (41 victoires sur 234 courses). En 2007, il avait enregistré cinquante et un gagnants sur cent huit partants et une réussite de 14,8 % (72 sur 486). Il a prouvé que plus de chevaux n’apporte pas forcément plus de gains. L’écurie Laffon-Parias a enregistré 2,3 millions de gains (prime comprise) en 2017 et 2,23 en 2007 avec le double de partants !

La grande saison 2012 de Solemia. En 2012, l’année de l’Arc de Solemia (Poliglote), Carlos Laffon-Parias avait terminé troisième, à 3.000 € de Jean-Claude Rouget qui avait eu presque le double de partants (169 à 89). Ce n’est pas sur une année exceptionnelle que l’on peut juger les statistiques d’un entraîneur, mais sur la durée. Le plus Espagnol des Cantiliens a rarement raté une saison. Depuis 2008, il a gagné cinquante-six courses black types, dont vingt-neuf Groupes, et avec trente-neuf chevaux différents. Deux mille douze a été son année record avec douze succès black types, mais l’écurie Laffon-Parias n’est pas descendue en dessous de quatre.

En 2017, Recoletos, mais aussi Soustraction. Les résultats de 2017 sont bons, même si l’entraîneur n’est pas dans le top-dix du classement. Pour être juste, il faut noter que parmi les onze qui le devancent, un seul, Pascal Bary, a eu moins de chevaux en course (54).

Carlos Laffon-Parias a gagné quatre Groupes avec trois chevaux. Recoletos (Whipper), qui était maiden en début de saison, en a remporté deux et il est troisième du Qipco Prix du Jockey Club. Attendu (Acclamation) a étoffé son C.V. d’étalon avec un troisième Groupe dans le Prix Quincey (Gr3), et Soustraction (Lope de Vega) a ouvert son palmarès directement dans le Prix d’Aumale (Gr3).

Quatre 2ans en valeur 40 ou plus. La pouliche a décroché la meilleure valeur (47,5) parmi les dix-sept 2ans qui ont couru en 2017. Trois autres ont dépassé le cap des quarante de valeur : Arecibo (Invincible Spirit), Contortioniste (Pivotal) et Spaday (Exceed and Excel). Ces quatre-là sont des représentants de la casaque Wertheimer, tout comme Buster (Invincible Spirit), qui est le premier gagnant 2018 de Laffon-Parias et le cinquième de la génération née en 2015 qui compte encore huit inédits de la casaque bleue, coutures blanches, plus quelques autres de propriétaires différents. En fait, Carlos Laffon-Parias est presque devenu l'entraîneur particulier des Wertheimer. Quarante et un de ses chevaux appartiennent aux Wertheimer et onze à d’autres propriétaires.

Un jumelé dans le Boussac. D’après les statistiques, Carlos Laffon-Parias n’hésite pas à courir ses 2ans s’ils sont assez précoces et prêts à découvrir la compétition. L’année dernière, il en a couru dix-sept, un score en ligne avec ceux des saisons précédentes. Le record remonte encore à 2012 quand il avait couru vingt-sept poulains et pouliches, dont douze avaient remporté dix-neuf courses pour 1,17 million de gains (prime comprise). Cette année-là, celle du jumelé Silasol (Monsun) & Topaze Blanche (Zamindar) dans le Total Prix Marcel Boussac (Gr1), Carlos Laffon-Parias avait présenté dix juniors avec un rating de quarante ou plus. Une donnée frappante est le pourcentage des 2ans qui décrochent une allocation. Depuis 2012, à deux reprises, l’entraîneur a affiché 100 % des 2ans dans l’argent !

Maiden à 2ans, gagnant classique à 3ans… Neuf des cinquante-six Stakes de Carlos Laffon-Parias ont été remportés avec les 2ans et les cinq juniors ont gagné un Groupe. Silasol et Attendu ont ensuite répété. Douze chevaux de l’écurie ont atteint le niveau Groupe à 3ans ou plus tard, au cours des dix dernières saisons. Parmi eux, Frine (High Chaparral), qui avait commencé sa carrière en Espagne avec un autre entraîneur. Seuls deux chevaux n’avaient pas couru à 2ans. En revanche, cinq, dont Recoletos et le gagnant de la Poule d’Essai des Poulains Falco (Pivotal), avaient entamé la saison de 3ans encore maiden, avec un ou deux parcours d’apprentissage dans les jambes.

Vingt et un juniors en 2018. L’équipe junior Laffon-Parias 2018 compte sur vingt et un poulains et pouliches, dont dix-neuf Wertheimer. Pour voir la liste, cliquez ici (avec ce lien http://jourdegalop.com/wp-content/uploads/2018/02/Les-2ans-de-Carlos-Laffon-Parias.pdf). L’entraîneur est associé avec Juan Montojo et Darpat France sur un mâle par Dalakhani et Campanillas (Montjeu), placée de Gr2 sous la férule de Carlos Laffon-Parias, et M’Hammed Karimine lui a confié un poulain par Anodin (Anabaa) acheté 42.000 € au mois d’août à Arqana. Les deux portent quand même la signature Wertheimer. Campanillas est issue de la souche de Solemia et Prospect Park (Sadler’s Wells) alors qu’Anodin, si vous l’avez oublié, est le propre frère de Goldikova.

Les dix-neuf Wertheimer sont tous des produits maison, sauf une pouliche par Anodin et Minted (Mineshaft), achetée 75.000 € à la vente d’octobre, qui est élevée par Laurent Lengin et Samuel Thomas Imrie. Les femelles sont en majorité (11 à 8) et cinq 2ans sont issus d’étalons qui officient aux États-Unis. Carlos Laffon-Parias a entraîné les mères de huit des 2ans Wertheimer. Solemia, dont le deuxième produit, une pouliche par Dansili (Danehill), est déclaré à l’entraînement chez son ancien entraîneur, est bien évidemment celle qui tape dans l’œil mais quand on regarde les origines Wertheimer, il est presque impossible de faire un choix. On les retiendrait tous… Vamos Carlos !

Nos cinq coups de cœur

  • ARCMANIA (F2)

Dansili & Solemia, par Poliglote

Propriétaire et éleveur : Wertheimer & Frère

Dansili était le choix logique pour Solemia, qui est par Poliglote (Sadler’s Wells). Galileo et ses produits présentaient un risque et peut-être que la mode a fait oublier les statistiques de Danehill, qui a donné soixante-quinze gagnants de Groupe. Cette pouliche, qui porte en plus un nom évoquant la Course avec un grand C, est le fruit d’un croisement classique, toujours à la mode.

  • DOSILA (F2)

Galileo & Stormina, par Gulch

Propriétaire et éleveur : Wertheimer & Frère

Silasol (Monsun), gagnante du Prix Marcel Boussac, aurait remporté le Prix de Diane si elle n’avait pas trouvé sur son chemin Trêve (Motivator) et Chicquita (Montjeu). Cette année, elle n’a pas de 2ans mais sa sœur par Galileo est bien chez Carlos Laffon-Parias. La mère, Stormina (Gulch), a quelque peu déçu ensuite mais elle a une 3ans, encore inédite, chez André Fabre.

  • HAPPY BEAN (F2)

Medaglia d’Oro & Happy Week, par Distorted Humor

Propriétaire et éleveur : Wertheimer & Frère

La mère, Happy Week (Distorted Humor), avait coûté 800.000 $ à Keeneland. Elle a décroché son black type aux États-Unis, mais n’a pas encore répondu aux attentes avec ses trois premiers produits. Elle peut se réhabiliter avec cette pouliche par Medaglia d’Oro (El Prado), un étalon qui a produit, entre autres, Talismanic, le champion des 2ans australiens Vancouver et New Money Honey, qui a gagné deux Grs1 sur le gazon, dont le Breeders’ Cup Juvenile Fillies Turf, aux États-Unis. Cette dernière est d’ailleurs issue du même croisement, avec une poulinière par Distorted Humor.

  • STARMANIAC (M2)

Sea the Stars & Plumania, par Anabaa

Propriétaire et éleveur : Wertheimer & Frère

Plumania (Anabaa), gagnante du Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1), a sorti les black types Maniaco (Galileo) et Plumatic XX (Dubawi), tout en donnant l’impression qu’elle peut produire, tôt ou tard, un vrai tout bon. Ce poulain est le premier des cinq produits de Plumania confié à Carlos Laffon-Parias. Il est par Sea the Stars (Cape Cross). Il n’est pas destiné à être précoce mais il ne faut pas oublier qu’André Fabre avait jugé Plumania assez bonne à 2ans pour courir le Prix Marcel Boussac, à l'issue duquel  elle avait terminé quatrième, battue d’un nez pour la troisième place.

  • HIMOLA (M2)

Dalakhani & Campanillas, par Montjeu

Propriétaires : Juan Montojo, Darpat France & Carlos Laffon-Parias

Éleveur : Darpat France

C’est un Wertheimer qui parle espagnol ! Sa mère, Campanillas (Montjeu), a pris la deuxième place dans un Prix de Malleret (Gr2) où la cinquième était une certaine Danedream (Lomitas)… La deuxième mère, West Brooklyn (Gone West), est une demi-sœur de Solemia et de Prospect Park (Sadler’s Wells), c’est-à-dire les deux Wertheimer qui ont – dans la joie et dans la défaite -– le plus marqué Carlos Laffon-Parias.