À la rencontre de Maëlle Daubry-Barbier - Par Alice Baudrelle

Courses / 10.03.2018

À la rencontre de Maëlle Daubry-Barbier - Par Alice Baudrelle

À la rencontre de Maëlle Daubry-Barbier

Par Alice Baudrelle

Maëlle Daubry-Barbier monte en obstacle depuis quelques années déjà, mais c’est une apprentie encore méconnue du grand public. La donne devrait changer, car la discrète jeune femme vient de remporter quatre courses en cinq participations (dont une chute). Elle a bien voulu sortir de sa réserve pour répondre à nos questions.

Jour de Galop. - Vous avez remporté quatre de vos cinq dernières courses. Pourtant, nous vous connaissons très peu…

Maëlle Daubry-Barbier. - C’est parce que je suis une personne très discrète qui ne fait pas de bruit. Je n’aime pas me mettre en avant… J’ai 26 ans et je travaille chez François-Marie Cottin à Chantilly depuis mars 2016. J’ai monté 157 fois en obstacle et j’ai 14 gagnants, mais je monte régulièrement en course depuis l’année dernière seulement. Je suis entrée à l’Afasec à l’âge de 17 ans. J’ai fait deux ans d’apprentissage chez Laurent Métais, puis trois ans chez Laurent Postic dont deux en tant que salariée. C’est d’ailleurs Laurent Postic qui m’a fait débuter en course. C’était le 14 juin 2012, avec Lutin des Taillons (Robin des Champs) à Vire. Et nous avons gagné ! C’était aussi la première victoire du cheval, donc ce fut un moment vraiment sympa. Pour l’anecdote, Lutin des Taillons a été monté par plusieurs jockeys différents, mais je suis la seule à avoir gagné avec lui, même après qu’il a changé d’entraînement. Nous avons remporté quatre courses ensemble. C’était mon cheval de cœur, tout comme Nina Nana (Vespone) avec laquelle j’ai remporté deux victoires pour le compte de Jean-Yves Artu.

Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir jockey d’obstacle ? Quelles sont vos méthodes pour progresser ?

J’ai commencé à monter à poney quand j’étais petite. Un jour, je suis allée chez Marie-Laëtitia Mortier à Maisons-Laffitte pendant mes vacances, et je n’ai plus pensé à autre chose qu’aux chevaux ! Il a fallu que j’apprenne mon métier avant que les entraîneurs ne me fassent monter en course. Il m’est arrivé de monter des AQPS en plat, mais je pèse 59 kilos, donc je suis clairement trop lourde pour me distinguer dans cette discipline. De toute façon, je préfère l’obstacle, et de loin. Le métier de jockey est sportif. Du coup, je consacre une partie de mon temps libre à faire du squash, de la boxe, du jogging, ou du badminton… Cela dépend de mes envies. Le sport m’aide à me maintenir en forme. Je parle souvent de mes courses avec les professionnels qui veulent bien me donner des conseils. Et je suis une bosseuse. À la base, je n’ai pas beaucoup confiance en moi, mais j’essaye de m’améliorer. Je me suis accrochée pour y arriver, car tout le monde n’était pas d’accord pour que je fasse ce métier. Je remercie d’ailleurs François-Marie Cottin et les autres entraîneurs qui font appel à moi, pour leur confiance.

Avez-vous en mémoire un souvenir marquant ?

J’ai eu la chance de monter pour la première fois pour mon patron actuel dans le Prix Roger Duchêne. Pourtant, il n’avait pas prévu de me mettre en selle. Il se trouve que Julien Tabary aurait dû être associé à Briarée (Rock of Gibraltar), mais il était trop vieux pour participer à la course, puisque la limite d’âge est de 25 ans. Par conséquent, François-Marie Cottin a fait appel à moi pour le remplacer sur le cheval. Nous n’avons pas été placés, mais le fait d’avoir participé à cette course reste un beau souvenir, d’autant plus que c’était ma dernière chance, car j’aurais été trop âgée pour y prendre part l’année suivante. Pour ce qui est des victoires, il n’y en a pas une qui m’a marquée davantage qu’une autre. J’ai réalisé mon premier doublé le 2 février dernier, avec Calune (Balko) et Deexos d’Arrée (Axxos). Mais toutes les victoires sont belles pour moi ! Tout ce que je souhaite, c’est continuer à progresser et monter de plus en plus.