Déjà 20ans - Happy Birthday Galileo !

Courses - Élevage / 29.03.2018

Déjà 20ans - Happy Birthday Galileo !

Le temps passe vite quand on s’amuse ! Galileo (Sadler’s Wells) fête ce vendredi son vingtième anniversaire. Et ce week-end, le seul de ses rejetons qui peut lui offrir un cadeau d’anniversaire, c’est Idaho dans la Shema Classic (Gr1). Samedi à Meydan, le propre frère d’Highland Reel (Galileo) va en effet tenter de remporter son premier Gr1. En cas de succès, il deviendra le 71e lauréat au top-niveau de l’étalon qui a changé la face de l’élevage sur le vieux continent. Pas besoin d’être Leonardo da Vinci – un génie produit en Toscane … – pour deviner qu’à la mi-saison, à peu près à la date où se déroule Royal Ascot, Galileo devancera son père Sadler’s Wells (Northern Dancer) qui en a donné 73. Le record mondial de Danehill (Danzig) – 89 Grs1 – doit tomber en 2020, avec les poulains et les pouliches nés en 2017. Depuis 2008, chaque génération de Galileo donne une moyenne de 6,5 lauréats de Gr1. Selon les chiffres, Galileo va devoir patienter jusqu’en 2023 pour battre un autre record de son père, c’est-à-dire décrocher un 15e titre de champion sire. Il en a déjà neuf. Sadler’s Wells avait terminé tête de liste pour la 14e fois en 2004, à l’âge de 23ans, alors qu’il pouvait compter sur 17 générations en piste (2ans compris).

 

Un impact encore plus fort que les statistiques. Les chiffres sont très utiles pour celui qui veut bien comprendre l’élevage. Mais ils ne suffisent pas à expliquer l’impact d’un étalon. Et on peut dire que Galileo a déjà devancé son père, même s’il lui reste encore du boulot sur certains plans. Dans le grand jeu de l’élevage, il faut considérer d’autres facteurs que les chiffres seuls ne peuvent traduire. Danehill a pu beaucoup compter sur sa double production, en Europe et en Australie. Alors la production de Galileo conçue sur l’île où règne la vitesse et la précocité n’a pas été à la hauteur de son équivalent en Europe. Sadler’s Wells a surfé sur une période très ouverte, alors que Galileo est tombé en pleine guerre froide Coolmore vs Godolphin. Une grande partie des meilleures poulinières lui était donc interdite.

Aidan et son Galileo. Les statistiques laissent entrevoir un détail important. Aidan O’Brien a entraîné 37 gagnants de Gr1 par Galileo. Et à ce chiffre, il faut ajouter Seville, Foundry et The United States qui ont décroché leur succès en Australie après avoir appris le métier à Ballydoyle. L’entraîneur irlandais peut compter cette saison sur 118 produits de Galileo, dont 7 ont déjà remporté leur Gr1. Il entraîne 11 chevaux d’âge issus de Galileo, ainsi que 47 sujets de 3ans. Parmi les 2ans qui sont déjà à Ballydoyle, nous avons déniché – avec l’aide précieuse de www.aidanobrienfansite.com –  25 pouliches et 35 poulains. C’est donc un total de 60 sujets de 2ans qui sont dans les mains d’Aidan O’Brien, sur une génération qui compte 125 produits de Galileo.

Une première production en 2003. Les premiers produits de Galileo ont commence à tournicoter dans les paddocks avec leurs mères en 2003. C’était il y a déjà quinze ans ! Saison après saison, nous avons noté un changement. Au départ, il n’a pas été beaucoup soutenu et son arrivée au haras a été accompagnée d’un certain scepticisme. Mais Galileo a ensuite prouvé qu’il était capable de produire dans tous les créneaux, et pas seulement dans celui des chevaux qui progressent avec le temps pour viser les courses sur 2.400m. Il est assez rapidement devenu un père de père avec New Approach et Teofilo. En lui apportant des juments plus "vite",  Coolmore a élargi la plage des distances où sa production s’est distinguée.

Le turbo de Coolmore. En parfait joueur d’équipe, Galileo a accompli tous les devoirs que Coolmore lui a proposés. Il a donné des milers comme The Gurkha et Churchill, il a croisé avec des juments très âgées et avec des jeunes, avec les filles de Danehill ou de Danehill Dancer, mais aussi avec les filles de Storm Cat (Storm Bird), un étalon qui n’avait pas connu la même réussite en Europe qu’aux États-Unis. Coolmore a renforcé son cheptel de poulinières après l’explosion de Galileo et l’étalon a toujours répondu aux attentes.

Et d’ici vingt ans... Rien n’arrive par hasard à Coolmore. En début de semaine, il a été annoncé que Churchill allait faire la navette avec l’Australie. La publicité éditée pour le marché australien est très claire : un fils de Galileo, avec de la vitesse et sans Danehill dans le pedigree. On sait que là-bas, il est impossible de trouver des reproducteurs exempts du sang de Danehill. Alors, d’ici vingt ans, on pourrait bien avoir du mal à trouver un cheval exempt de celui de Galileo. Bon anniversaire Papa !