Gaëtan Trotin : « Srelighonn, c’est un conte de fée »

Courses / 20.03.2018

Gaëtan Trotin : « Srelighonn, c’est un conte de fée »

Par Adrien Cugnasse

Le docteur Gaëtan Trotin, basé en région parisienne, est médecin spécialiste en oto-rhino-laryngologie. Originaire de l’Ouest, il est également éleveur sans sol sous l’appellation "écurie Pégase". Son élevage s’est distingué ce dimanche avec la victoire de Srelighonn dans le Prix Troytown (Gr3).

Vingt-quatre heures après le succès à Auteuil de son élève, Gaëtan Trotin nous a confié : « Le cheval n’a que 5ans et je n’ai pas l’impression que François Nicolle soit pressé de courir le Grand Steeple-Chase de Paris avec lui. À première vue, cela ne semble pas l’objectif premier. Néanmoins, Srelighonn (Martaline) nous apporte de grandes satisfactions. C’est un conte de fée. J’ai seulement trois poulinières. Il faut saluer le travail de ceux qui sont dans l’ombre, au quotidien, à l’élevage. »

Une histoire de famille, à cheval entre trot et galop. Au sujet de la genèse du nom de ce lauréat du Prix Ferdinand Dufaure (Gr1), Gaëtan Trotin nous a expliqué : « Il a été nommé en fusionnant le "S" de son coéleveur Sabine Mottier (haras de Perroux), le "R" de Renée, le prénom de ma mère, le "Éli" d’Élisabeth, le prénom de mon épouse, le "G" de Gaëtan et "Honn", comme Honoré, le prénom de mon père. La mère de Sabine Mottier est ma cousine. Je suis issu d’une famille qui élève et fait courir au trot. À présent, beaucoup de gens du trot s’intéressent à l’obstacle. C’est par exemple le cas de Joël Hallais, Sébastien Guarato, Philippe Allaire… Il y a certainement une complémentarité entre ces deux univers. Le grand-père de Sabine Mottier, Gérard Mottier, lorsqu’il entraînait des chevaux au trot monté… faisait sauter des haies à ses pensionnaires ! Et c’est ainsi qu’il a formé autant de bons jockeys au trot monté, comme Laurent Abrivard. C’est un peu par hasard si j’élève des galopeurs. Car j’ai eu des chevaux d’obstacle sous mes couleurs, comme Enzo du Berlais (Mansonnien), gagnant du Prix Gérald de Rochefort (L), mais aussi des trotteurs. Il faut reconnaître que le marché est porteur en obstacle, mais je ne suis pas un vendeur invétéré. Si l’occasion se présente, je renouerai volontiers avec le trot. Je remercie vivement François Nicolle de nous avoir fait confiance en achetant Srelighonn, puis en trouvant un propriétaire qui accepte de le faire courir en France. S’il avait été exporté, la situation aurait été moins plaisante pour nous. »

La genèse d’un gagnant de Gr1.  Gaëtan Trotin précise, en ce qui concerne le croisement qui a donné Srelighonn : « Sa mère, Eliga, avait du gabarit et à ce titre, le croisement avec Martaline (Linamix) me paraissait intéressant. Je voulais également apporter de la classe de plat et ce croisement a d’ailleurs été reproduit trois fois. L’histoire a débuté avec l’achat de Kadalkote (Kadalko), la deuxième mère de Srelighonn. Elle fut ma première poulinière. Son modèle ne sortait pas du lot mais elle avait un certain bec et était issue de la proche famille de Madalka (Cadoudal), lauréate des Prix Maurice Gillois, Orcada et Sagan. Cette souche a aussi donné Tataniano (Sassanian), gagnant du John Smith’s Maghull Novices’ Chase (Gr1). Kadalkote n’a pas eu beaucoup de chance en début de carrière mais elle a tout de même gagné deux courses. J’ai bien connu madame Couturié et j’ai un lien d’amitié avec la famille Devin. Dès lors, je me suis toujours dit que Kadalkote serait un jour saillie par Turgeon (Caro). C’est ainsi qu’a été conçue Eliga (Turgeon), la future mère de Srelighonn. Cette dernière a remporté le Prix André Michel (Gr3). Elle s’est également classée troisième du Prix Bournosienne (Gr3). Malheureusement, Kadalkote est morte de coliques relativement tôt. Je n’ai donc pas fait courir Rheliga (Poliglote et Kadalkote), afin d’être certain de pouvoir conserver la souche. Elle m’a déjà donné deux pouliches, une No Risk at All (My Risk) et une Great Pretender (King’s Theatre). Rheliga est stationnée au haras du Dorat, en Mayenne, chez Audrey Santucci. Je ne conserve pas les mâles et c’est la raison pour laquelle j’ai vendu Srelighonn qui est passé deux fois sur le ring d’Arqana. Son frère Le Grand Gae (Great Pretender) a été vendu 120.000 € en novembre 2017 à messieurs Munir et Nicolle. Ce dernier a d’ailleurs la propre sœur de Srelighonn à l’entraînement. Au mois de décembre, toujours à Arqana, Guillaume Macaire a acheté un petit-fils de Kadalkote, Magic Dragoon (Puit d’Or). C’est vraiment une très bonne souche, avec des gagnants de Groupe à chaque génération. »