Jean Pierre Vogel : « Il ne faut pas privilégier une discipline au détriment des autres car tout est lié »

Institution / Ventes / 27.03.2018

Jean Pierre Vogel : « Il ne faut pas privilégier une discipline au détriment des autres car tout est lié »

Élu dans la Sarthe, un territoire à forte densité équine, Jean Pierre Vogel est le nouveau président du groupe Cheval au Sénat.

Quelques jours avant d’en reprendre les rênes, il nous a aidés à décrypter les enjeux et les dossiers de ce mandat.

Jour de Galop. – Pourquoi avoir pris la présidence du groupe Cheval au Sénat ?

Jean Pierre Vogel. - Cavalier depuis l’âge de 5 ans, j’ai beaucoup pratiqué le CCE, le CSO et l’attelage. En parallèle, je suis administrateur d’une société de course et dans mon métier, l’expertise comptable, j’ai de nombreux clients issus des filières équestres et hippiques. Beaucoup de choses sont en train de se jouer en ce moment pour la filière cheval, comme la T.V.A. ou la question de la concurrence de la Française des Jeux. J’ai donc saisi l’opportunité de prendre la suite d’Anne-Catherine Loisier.

Pensez-vous qu’il est possible d’obtenir un même taux réduit pour l’ensemble des composantes de la filière cheval ?

Je l’espère et une charte a été signée en ce sens le 27 mars dans le bureau du président du Sénat. On sait qu’il va y avoir des modalités différentes d’exercice et de traitement fiscal. Mais j’espère que le taux réduit va s’appliquer à l’ensemble de la filière. Nous avons plusieurs soutiens de taille dans notre action. Stéphane Travert,  notre ministre de l’Agriculture, est un rural et il a été sensibilisé aux problématiques de la filière cheval. Le gouvernement compte aussi Jacqueline Gourault, issue d’une famille de cheval, et elle-même éleveur de trotteurs. Ils ont conscience que beaucoup de professionnels de notre filière, comme les clubs, les éleveurs ou les petits entraîneurs, sont en difficulté.

Vous annoncez vouloir adapter la réglementation du transport non professionnel des équidés en cohérence avec les règles applicables aux agriculteurs. Que voulez-vous dire ?

Les agriculteurs et leurs enfants peuvent transporter des animaux vivants en dehors de la réglementation, avec un tracteur ou un 3,5 tonnes et sans permis poids lourd. Nous voudrions que cet allégement de réglementation s’applique aux centres équestres et aux entraîneurs.

Vous expliquez également vouloir valoriser et soutenir les sports équestres à l’horizon des Jeux Olympiques de 2024.

Il faut faire attention à ce que toutes les attributions d’épreuves ne soient pas réservées à Paris. Il y a en région des sites qui peuvent accueillir des épreuves à condition de recevoir des investissements.

Qu’entendez-vous par engager des réflexions sur la mise en place d’une politique nationale du cheval avec un renforcement et une mise en cohérence des financements de l’État ?

L’État doit avoir une politique cohérente vis-à-vis du PMU, notamment en matière fiscale. Pour l’instant, nous avons une différence de rémunération entre le PMU et la FDJ. Et cela, dans un contexte où la FDJ pourrait être privatisée, de manière partielle ou totale. Sur ce dossier, comme sur beaucoup d’autres, les enjeux sont les mêmes pour l’ensemble de la filière cheval, dans toute sa diversité. Les élus ruraux en ont conscience. Tout est lié. Par exemple, j’ai été maire pendant de nombreuses années d’un village dans la Sarthe de 1.200 habitants. Nous avons réhabilité des sentiers de randonnée ouverts aux chevaux. Il y en avait huit kilomètres au départ et une trentaine aujourdhui. Cela a créé une émulation et renforcé l’attractivité des biens à vendre dans la campagne, avec une trentaine d’actes notariés. De la même manière, dans la filière cheval, il ne faut pas privilégier une discipline au détriment des autres car tout est lié.