LONGINES GRAN PREMIO LATINOAMERICANO (GR1) - Roman Rosso, le Nacional et l’international

International / 13.03.2018

LONGINES GRAN PREMIO LATINOAMERICANO (GR1) - Roman Rosso, le Nacional et l’international

 

L’Argentine a remporté son sixième succès dans le Longines Gran Premio Latinoamericano (Gr1). Ce n’est pas une surprise, car selon les données de la Fiah, le grand pays devance à la photo (8.026 à 7.999) l’Irlande pour le nombre de naissances en 2014. À lui seul, il compte plus de foals que les quatre autres nations d’élevage (Brésil, Chili, Pérou et Uruguay) du sous-continent. Si la statistique était une science exacte, les chevaux argentins auraient dû gagner dix-sept ou vingt fois ce championnat itinérant… La victoire de Roman Rosso (Roman Ruler) dimanche à Maronas est la deuxième depuis l’arrivée de Longines comme sponsor en 2014, ce qui a amené une hausse de l’allocation de la course, désormais à 500.000 $.

Les meilleurs chevaux obligés d’émigrer. L’Argentine a toujours produit des chevaux de premier plan, mais les propriétaires les ont toujours vendus. Il y a une douzaine d’années, les jeunes chevaux quittaient le pays avant d’avoir gagné un Gr1. Six des dix derniers gagnants du Derby argentin avant Roman Rosso sont partis à l’étranger (aux États-Unis, à Dubaï et Hongkong) et quant à ceux qui sont restés au pays, il ne s’agissait souvent pas d’un choix. La chance d’empocher un premier prix de 300.000 $, comme celui du Longines Gran Premio Latinoamericano, et de vivre un jour de gloire peut convaincre un propriétaire de garder quelques mois de plus un gagnant classique.

L’ombre de Wow Cat. Ce dimanche à Maronas, il y avait l’ombre de Wow Cat (Looking at Lucky), la championne chilienne qui a remporté cinq Grs1. Pour beaucoup d’analystes, le meilleur cheval du sous-continent, c’était bien la pouliche qui, suite à des problèmes sanitaires qui ont empêché le déplacement des Chiliens, a dû changer de plan. Aurait-elle battu Roman Rosso ? Impossible à dire. Deux choses sont sûres : elle est attendue aux États-Unis par Chad Brown et elle est très bonne, même si, bien souvent, le passage de l’Amérique du Sud aux États-Unis n’est pas facile. Beaucoup de champions n’ont pas réussi à retrouver leur classe dans un environnement différent.

Un vrai cheval de dirt. Roman Rosso n’a pas pu battre Wow Cat mais il n’a pas fait de détails. Il a dominé une course très sélective et a devancé ses aînés. Il est ainsi devenu le premier lauréat du Gran Premio Nacional qui a réussi à remporter ensuite le Latinoamericano. Il ne s’agit pas d’une mince affaire. Le Derby argentin se dispute sur les 2.500m en dirt de Palermo alors que le Latinoamericano change d’hippodrome chaque année (onze hippodromes différents) et aussi de surface. Dix-neuf éditions ont eu lieu sur le dirt, quinze sur le gazon. La vraie différence, c’est la distance : pour gagner sur les 2.500m de Palermo, il faut un cheval de grande tenue et le Latinoamericano (sauf l’année dernière quand il s’est couru sur 2.400m en gazon à Valparaiso) est sur 2.000m.

Des offres déjà refusées. Comme c’est toujours le cas, les offres sont arrivées pour Roman Rosso, mais son propriétaire, Luis Pagella, les a refusées. Ainsi que l'avait dit l’entraîneur Jorge Mayansky Neer à nos confrères de Latin American Thoroughbred deux semaines avant la course : « Il a hâte d’aller à Maronas. Nous sommes conscients d’avoir un cheval incroyable. » Roman Rosso a été acheté lors de la vente de dispersion du haras Melincué suite à la mort de son propriétaire, Hector Villa. Il avait coûté 220.000 pesos (21.000 € à l’époque) quand il était foal et l’entraîneur se souvient bien de l’achat : « Je ne comprends rien aux foals. J’ai demandé de l’aide à Ignacio Pavlovski. C’est lui qui l’a choisi  et il l’a fait grandir dans son haras. » Ignacio Pavlovski, vétérinaire et éleveur, n’est autre que le fils d’un autre Ignacio Pavlovski, le grand vétérinaire et conseiller d’Angel Penna, même au temps de son époque française, dans les années soixante-dix. Pavlovski senior a été décisif dans la vente du champion Candy Ride (Ride the Rails) et de douzaines d’autres cracks aux États-Unis.

L’héritage du haras Melincué. Roman Rosso est issu de Roman Ruler (Fusaichi Pegasus), qui a donné des gagnants de Gr1 aux États-Unis et en Argentine avant de mourir. La mère de Roman Rosso, Rose City (City West), vient d’une bonne souche du haras Melincué. Elle a, comme titre d’honneur, une deuxième place de Gr1 et elle a produit plusieurs gagnants.